Le désir de nouveautés. L'obsolescence au coeur du capitalisme (XVe-XXIe siècle)
Guien Jeanne
LA DECOUVERTE
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EAN :9782348083426
C'est nouveau, ça vient de sortir, c'est la mode... " Pourquoi ces discours font-ils vendre ? Comment expliquer qu'un produit mis récemment sur le marché paraisse plus désirable et plus fiable que les autres, aussitôt déclassés et considérés comme vieux, dépassés, obsolètes ...Au gré de la diffusion du capitalisme depuis le XVIe siècle, la nouveauté est devenue un étalon de valeur. Dans la publicité et la communication des entreprises, elle est appliquée à tout et n'importe quoi, n'importe comment : des voitures restent nouvelles un an, des styles vestimentaires le redeviennent tous les vingt ans, des objets jetables le sont pendant quelques minutes, voire quelques secondes... Pourtant, en dépit de leur obsession pour le sujet, économistes et marketeurs peinent à définir la nouveauté et à justifier l'aura qu'ils lui prêtent. Ils sont incapables de mesurer le nombre de " nouveaux produits " commercialisés chaque année et constatent que la grande majorité de ces " lancements " échouent, cette offre ne répondant à aucune demande. Les acteurs du marché n'en continuent pas moins à encourager et à encenser l'" innovation ".Cet ouvrage raconte comment, par leurs discours et leurs pratiques, marketeurs, publicitaires, économistes, mais aussi négociants, managers, politiques, designers ou scientifiques ont construit la nouveauté et sa valeur, sous des formes variées, absurdes, agressives. Du commerce colonial vantant les produits " exotiques " aux promesses de " progrès " et de " modernité " mécanique, électrique ou numérique, en passant par la " mode ", le " style " ou les produits jetables, il s'agit toujours de prêter aux consommateurs, et surtout aux consommatrices, un désir incontrôlable de nouveautés, afin de légitimer un modèle économique dévastateur : acheter, jeter, racheter.Prix de l'essai EcoloObs 2025Table des matières : IntroductionPropriétés et qualitésDiscours stratégiques, discours performatifs ? pour une approche matérialiste du discoursFigures et momentsJustifications et accusationsHistoire et actualitéChapitre 1 : Commerce au loin, luxe et exotismeColumbusing politique ? la " découverte " d'une " terre " remplie de " biens temporels " " au-delà de toute prévision "Columbusing scientifique ? des " curiosités " et " marchandises exotiques "Columbusing commercial ? des " marchands-aventuriers " à la recherche de " commodités marchandisables "Construction des marchés exotiques en Europe : manque, médecine, mondanitésConstruction des marchés du luxe en Europe : modes, manières, centralitésMonopoliser le goût des nouveautés" Objets éphémères ", " extravagances " et inégalités" Nouveaux biens ", " luxe " et ruissellementÉconomie politique, " consommation improductive " et " civilisation "Chapitre 2 : Machinisme, innovation et progrèsMachinisme et conflits sociaux" Améliorations " et " usure morale " des moyens de productionCycles, révolutions, transitions... Comment euphémiser la violence de l'obsolescence" Révolutions vertes "" Gérer " l'obsolescence humaineLa " destruction créatrice ", un mantra démarxisé" Loi de Moore " et accélération exponentielle : du choix économique au destin technologiqueC'est l'histoire de la vieChapitre 3 : Mode, tendances et saisonnalitéLes cycles préindustriels de la consommation de vêtementsLes cycles préindustriels de la production de vêtementsProduire en permanence : la confectionL'invention d'un nouveau calendrier commercial par les " grands magasins de nouveautés "Le rôle de la " haute couture "La nouveauté permanente : " mode instantanée ", fast fashion, ultra fast fashionL'opérateur du réenchantement : les médiasChapitre 4 : Consumérisme, style et renouvellementLe consumérisme, promesse fondatrice du marketingLes designers ou l'avant-garde du " style "Les publicitaires, " les plus modernes des hommes "Chapitre 5 : Produits jetables, packaging et objets " neufs "Qu'est-ce qu'un produit jetable ...Quelques produits pionniers (au sens propre et au sens figuré)Des produits " pratiques " ? Domestication de l'efficacité et invisibilisation du travailDes produits " pas chers " ? De l'usage ostentatoire du consumérismeDes produits " hygiéniques " ? Peur des autres et honte de soiL'emballage, hyper-produit jetable et objet-seuilDésirer déchirerConclusionLa nouveauté, entre philosophie et histoireLa nouveauté, entre logique et politiqueLa nouveauté, entre fond et formeLa nouveauté, entre résistance et récupérationRemerciements .Prix de l'essai EcoloObs 2025
Loin d'être un phénomène purement biologique, les règles et plus généralement le cycle menstruel forment une expérience socialisée. Chaque société développe une culture menstruelle dominante, faite de pratiques, techniques et représentations plus ou moins acceptables. Ce livre étudie la culture menstruelle propre aux sociétés consuméristes, dans lesquelles toute expérience (notamment, toute expérience du corps) tend à être associée à des produits marchands. A travers l'histoire de trois produits menstruels - les serviettes jetables, les tampons jetables et les applications de monitoring des règles - l'auteure poursuit son enquête sur le consumérisme, les objets du quotidien et le dressage des corps "féminins".
Qu'est ce que le consumérisme ? Comment s'habitue-t-on à surconsommer - au point d'en oublier comment faire sans, comment on faisait avant, comment on fera après ? Pour répondre à ces questions, Jeanne Guien se tourne vers des objets du quotidien : gobelets, vitrines, mouchoirs, déodorants, smartphones. Cinq objets auxquels nos gestes et nos sens ont été éduqués, cinq objets banals mais opaques, utilitaires mais surchargés de valeurs, sublimés mais bientôt jetés. En retraçant leur histoire, ce livre entend montrer comment naît le goût pour tout ce qui est neuf, rapide, personnalisé et payant. Car les industries qui fabriquent notre monde ne se contentent pas de créer des objets, elles créent aussi des comportements. Ainsi le consumérisme n'est-il pas tant le vice moral de sociétés gâtées qu'une affaire de production et de conception. Comprendre comment nos gestes sont déterminés par des produits apparemment anodins, c'est questionner la possibilité de les libérer.
Ce livre que vous lisez, les vêtements que vous portez, votre téléphone aux multiples fonctions : les objets techniques dont nous usons quotidiennement façonnent en grande partie notre monde. Cependant, la puissance qu'ils nous confèrent est ambivalente parce que nous ne maîtrisons pas entièrement leurs effets et que nous en venons à dépendre d'eux. Équipée, outillée, la vie humaine est-elle pour autant améliorée ? Les objets, les gestes et les savoir-faire techniques sont des moyens d'agir sur notre environnement, qui transforment aussi ceux qui les exercent. La multiplicité des manifestations de notre capacité à inventer, à fabriquer et à utiliser nous place face à des choix éthiques et politiques : que devons-nous faire de nos capacités techniques ? Faut-il accomplir tout ce qui est en notre pouvoir ? Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur la technique, de Platon à David Edgerton, en passant par Aristote, Descartes, Pascal, Rousseau, Kant, Marx, Mauss, Heidegger, Anders, Jonas, Arendt, Lévi-Strauss, Leroi-Gourhan, Simondon, Dagognet, Serres, Donna Haraway ou encore Arjun Appadurai.
La vie est un chemin recouvert de galets doux et de pierres acérées, mais ces dernières finissent par se polir au fil du temps. Trois solitudes se rencontrent. Sur un palier, deux jeunes femmes emménagent le même jour. Elles vont découvrir que leur rencontre est due à une cause commune : l'absence de l'enfant tant désiré. Elles auront pour voisin un "vieil ours solitaire". Il dira un jour : "Vivre seul, c'est partager la vie avec soi-même. Être solitaire, c'est ne la partager avec personne." Cependant, derrière tout drame se cache l'espérance. Derrière toute espérance se tapit l'avènement salvateur. À leur manière, tous les trois se rejoindront et formeront une famille. " Les liens du c'ur valent bien ceux du sang !"
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.
Le capitalisme engendrant des besoins artificiels toujours nouveaux, mettre un terme à la voracité consumériste implique de définir et de s'appuyer sur des besoins " authentiques " et reconnus de tous. Le nouveau livre de Razmig Keucheyan suit cette ligne critique en recherche d'une véritable politique de l'émancipation.Le capitalisme engendre des besoins artificiels toujours nouveaux. Celui de s'acheter le dernier iPhone, par exemple, ou de se rendre en avion dans la ville d'à côté. Ces besoins sont non seulement aliénants pour la personne, mais ils sont écologiquement néfastes. Leur prolifération sous-tend le consumérisme, qui lui-même aggrave l'épuisement des ressources naturelles et les pollutions.À l'âge d'Amazon, le consumérisme atteint son " stade suprême ". Ce livre soulève une question simple : comment couper court à cette prolifération de besoins artificiels ? Comment sortir par là même du consumérisme capitaliste ? La réflexion s'appuie sur des chapitres thématiques, consacrés à la pollution lumineuse, à la psychiatrie de la consommation compulsive ou à la garantie des marchandises, pour élaborer une théorie critique du consumérisme. Elle fait des besoins " authentiques " collectivement définis, en rupture avec les besoins artificiels, le c?ur d'une politique de l'émancipation au XXIe siècle.Chemin faisant, le livre évoque la théorie des besoins de Karl Marx, André Gorz et Agnes Heller. Pour ces auteurs, les besoins " authentiques " ont un potentiel révolutionnaire. Comme disait Marx, " une révolution radicale ne peut être que la révolution des besoins radicaux ".Table des matières : Prologue. L'écologie de la nuitLe droit à l'obscuritéL'hégémonie de la lumièreSurveiller et éclairerUn mouvement contre la " perte de la nuit "Les besoins, question du siècle1. Une théorie critique des besoinsDe l'aliénation à l'écologie politiqueÀ la recherche des besoins authentiquesLes besoins ont une histoireLes deux paradoxes des besoins radicauxLe sceau de l'espèce2. DéprivationBiocapitalismeCosmocapitalismeMouvements de désaliénationL'aliénation comme déprivationFreins d'urgence3. Addicts à la marchandiseLes troubles de la consommation compulsiveDébiteurs anonymesOuvriers antialcooliquesPhilosophie de la simplicitéDes collectifs à taille humaine4. Changer les chosesLe système des objets" Make it new ! "La garantie et la lutte des classesBrève histoire de la garantieQue choisir ?Protéger l'investissementLe marché des extensions de garantieOuvrir la boîte noire de la marchandise5. Un communisme du luxeDes biens émancipésUn luxe pour tousL'infrastructure de l'égalité6. Politique des besoinsDe nouvelles alliancesLe consommateur comme producteurDe Au Bonheur des Dames à AmazonPlus-value logistique et vulnérabilité du capital7. À la recherche de la démocratie écologiqueScénarios de transition écologiqueLe spectre d'une " dictature sur les besoins "Théâtre des négociationsUne Assemblée du futur ?Municipalisme libertaire et pouvoir des conseils8. Retour vers le futur : Gramsci avec Gorz.
La fête est politique". Ce slogan peine à convaincre aujourd'hui. Le dancefloor, investi par le capitalisme. s'édulcore dans son devenir ambiance. Le pouvoir mobilise la puissance de la fête pour célébrer une identité nationale fantasmée, et réprime en même temps ceux et celles qui lui échappent. Pourtant il survit dans la fête contemporaine une politique en mode mineur : espaces de réinvention de soi, géométries sociales alternatives, formes éphémères de communs et terreau de joie pour les luttes. De l'intime au collectif. ce livre est autant la cartographie de ces paradoxes festifs qu'une ode de la fête comme une zone a détendre contre la colonisation par le jour de nos sociabilites
Une enquête édifiante sur les conditions de travail au sein d’Amazon Jean-Baptiste Malet, journaliste connu pour ses grandes enquêtes et ses contributions au Monde diplomatique, y raconte son expérience en temps qu’employé d’Amazon. Désireux de percer le secret sévèrement préservé sur ce qu’il se passe à l’intérieur des entrepôts de la multinationale américaine, il prit un jour la décision de s’enrôler dans l’immense armée d’intérimaires recrutés en prévision des fêtes de fin d’année. Le monde qu’il y découvre est celui d’une exploitation intenable qui épuise physiquement et moralement des travailleurs n’ayant d’autre choix que d’accepter ces emplois, puisque, comme le lui répéteront fréquemment ses collègues, « Amazon, il n’y a que ça ».
La consommation est devenue la morale de notre monde. Elle est en train de détruire les bases de l'être humain, c'est-à-dire l'équilibre que la pensée européenne, depuis les Grecs, a maintenu entre les racines mythologiques et le monde du logos. L'auteur précise : "Comme la société du Moyen Age s'équilibre sur la consommation et sur le diable, ainsi la nôtre s'équilibre sur la consommation et sur sa dénonciation."