Philosophes, historiens, littéraires, scientifiques examinent dans cet ouvrage les enjeux, passés et actuels, de la "querelle de l'âme des bêtes", vive controverse qui passionna les philosophes de la seconde moitié du XVIIe siècle à la première moitié du XVIIIe siècle. Au coeur de la querelle, l'animal-machine cartésien. Descartes porte à son paroxysme la différence entre l'homme et les bêtes et soumet deux propositions radicalement opposées: il faut soit prêter aux bêtes une âme et donc des capacités qui, en droit, égalent celle de l'homme, soit leur refuser toute âme. Il brise ainsi la continuité hiérarchique établie depuis l'Antiquité entre l'homme et l'animal qui, tout en installant le premier dans une supériorité de droit sur le second, le retenait en même temps dans un lien d'appartenance commune à un univers ordonné et finalisé. L'ouvrage explore les multiples développements de la querelle après la mort de Descartes, jusqu'aux Lumières et au XIXe siècle, et en dégage les motifs profonds. Loin d'être inconsistante, cette querelle possède un noyau philosophique véritable qui, au-delà des bêtes, la montre comme une querelle des hommes entre eux, opposant une nouvelle conception à une ancienne: une définition et une mise en question de l'homme, de la raison, des rapports de l'âme et du corps... Certes, cette querelle de l'âme des bêtes apparaît aujourd'hui largement caduque, entraînée dans le déclin de la notion d'âme dont elle était foncièrement solidaire et dont elle a sans doute représenté une forme historique de résistance. Cependant, elle trouve peut-être son véritable prolongement actuel - plutôt que dans le champ de la question de l'animal où l'aspect éthologique des performances et celui éthique des droits l'ont globalement supplantée - dans les débats autour des machines de nouvelle génération, porteuses d'ambiguïtés tout aussi troublantes et chargées de décisives interrogations pour l'homme qui les crée et s'y réfléchit.
Date de parution
02/09/2010
Poids
344g
Largeur
160mm
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EAN
9782859446383
Titre
DE L ANIMAL MACHINE A L AME DES MACHINES
ISBN
2859446389
Auteur
GUICHET
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
160
Poids
344
Date de parution
20100902
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L'animal (les animaux, l'animalité) impose hors de nous et en nous une présence antérieure au rapport réflexif par lequel nous nous saisissons et approprions. Loin d'être un à-côté accidentel et avant toute figuration philosophique, il incarne cette énergie du donné dans un monde si humainement construit. Il n'est pas vrai que le sujet s'édifie et se vit dans un monde binaire d'objets ou de semblables. Toujours déjà peuplé, diffracté par autant de possibilités réalisées de perception, le monde fut et demeure d'abord animal. Signifiant l'immédiateté à soi et au réel, impliquant et notre identité intime et notre altérité irréductible, troublant départages, oppositions et, de proche en proche, netteté de tous nos concepts, l'animal est cette question inclassable dont l'ubiquité engage à nouveaux frais la philosophie et l'interroge tout entière, tel ce négligé de son histoire l'habitant sourdement mais constamment. Penser l'animal nous contraint à penser autrement et à reconsidérer nos catégories, problèmes et valeurs: la connaissance, l'existence, l'éthique.
Le Traité des animaux (1755) consacre la montée en puissance de l'animal dans le champ de la pensée européenne au XVIIIe siècle. Le lire, c'est entrer dans une aventure philosophique certes liée à des circonstances polémiques, mais ouvrant la porte aux bêtes en les rapprochant de façon étonnante de l'homme. Loin d'un simple doute ou provocation visant la vanité humaine dans la tradition sceptique, la nouveauté du geste est d'interroger par ce biais la manière dont l'homme moderne se pense lui-même, dans son origine, sa destination et son sens. L'animal acquiert ainsi un rôle dans l'anthropologie que confirmeront les développements les plus récents en philosophie, éthologie, sciences cognitives, renouant, après les réticences des XIXe et XXe siècles, avec les audaces des Lumières. Condillac apporte ici une contribution majeure au devenir de l'animal dans la pensée comme forme contemporaine de la question que l'homme représente pour lui-même. Et c'est à ce prix seulement de risquer de se perdre que ce dernier peut espérer véritablement se trouver.
Guichet Jean-Luc ; Bouchet Thomas ; Hardouin-Fugie
Jean-Luc Guichet est directeur de programme au Collège international de philosophie (Paris), membre de l'UMR-CNRS 5605 Georges Chevrier (Université de Bourgogne, Dijon), du groupe d'études du matérialisme rationnel (Paris) et du Comité régional d'éthique expérimentation animale (Paris 1- Ile-de-France). Ses recherches portent essentiellement sur le XVIIIe siècle et le lien homme-animal de l'âge classique à nos jours. Il a publié La liberté, Paris, Quintette, 1988; Le pouvoir, Paris, Quintette, 1995; un commentaire du traité des animaux de Condillac, Paris, Ellipses, 2004; Rousseau, l'animal et l'homme, Paris, éditions du cerf, 2006.
Le Conseil économique et social européen (CESE), composé de représentants des forces économiques et sociales des États membres, est une institution méconnue de l'Union européenne. Sa capacité à influer sur le processus européen de décision est questionnée, à tel point qu'il est parfois considéré comme inutile. Mais pourquoi le CESE rencontre-t-il de si grandes difficultés à se faire entendre sur la scène européenne ...
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.