Archives de sciences sociales des religions N° 165, Janvier-mars 2014 : Les capitales catholiques
Gugelot Frédéric ; Vanderpelen-Diagre Cécile ; War
EHESS
22,00 €
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EAN :9782713224317
Dans les pays les plus catholiques, les capitales comme Bruxelles, Paris, Port-au-Prince, Québec ou Rome ont cristallisé l'opposition traditionnelle entre les métropoles, lieux de perdition morale, et les villages, lieux de préservation de la foi ancestrale. Quelles stratégies de reconquête urbaine les catholiques ont-ils déployées depuis au moins deux siècles, conscients que l'avenir se joue aussi au centre ? Quelles lectures du monde urbain et quels imaginaires des villes ont-ils proposés ? Dans ce dossier thématique, des spécialistes de différentes disciplines montrent que les mouvements catholiques ont engendré des dynamiques propres où la capitale s'est imposée comme "terre de mission" et objet de "croisades" pastorales à travers la popularisation de lieux de culte et l'inscription de signes visibles dans l'espace et le temps des villes. Il s'agissait surtout de sauvegarder une communauté catholique bouleversée par les transformations rapides des sociétés occidentales aux XIXe et XXe siècles. Les étapes de la vie (naissance, initiation religieuse, mariage, mort) et les sphères de la société (mouvement de jeunesse, relations amicales et conjugales, loisirs, transmission des valeurs) ont été balisées à un moment où le maillage géographique et social s'est éloigné de la paroisse. Mais la reconquête de l'espace public par des tentatives de représentation politique s'est heurtée à la privatisation croissante de la croyance.
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Nombre de pages
265
Date de parution
25/04/2014
Poids
432g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713224317
Titre
Archives de sciences sociales des religions N° 165, Janvier-mars 2014 : Les capitales catholiques
Auteur
Gugelot Frédéric ; Vanderpelen-Diagre Cécile ; War
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
432
Date de parution
20140425
Nombre de pages
265,00 €
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Au XXe siècle, alors que la sécularisation de la société s?amplifie, que les vocations ecclésiastiques s?effondrent, des écrivains catholiques aspirent à obtenir une vraie reconnaissance littéraire tout en revendiquant leur étiquette de croyant. De Barbey d?Aurevilly à Bernanos, de Bloy à Cesbron, de Bourget à Michel de Saint-Pierre, ils offrent aux lecteurs deux veines d?une littérature d?inspiration catholique profondément différentes. Ils développent une nouvelle forme de fiction, le roman sacerdotal, où un prêtre de papier est au coeur du drame, mêlant inextricablement écriture d?engagement et recherche littéraire. Enjeux spirituels, politiques, sociaux et littéraires ne se séparent pas. Même les choix esthétiques répondent à un projet tant littéraire que spirituel.
Il vendait autant de disques que Brassens, remplissait les plus grandes salles de spectacles, le jésuite Aimé Duval a triomphé dans la variété dans les années 1950-1960. Mais peut-on être prêtre et vedette de variété ? Y a-t-il une place pour un apostolat chanté ? De 1957 à 1964, un chanteur surprenant monte sur scène et triomphe dans les plus grandes salles parisiennes, du Gaumont-Palace au Vel d'Hiv, du Palais de Chaillot à l'Olympia, en Europe puis dans le monde entier, avec sa soutane et sa guitare. Le jésuite Aimé Duval, surnommé le " guitariste du Bon Dieu ", vend des millions de disques, engrange des royalties, suscite des fans et fait l'objet d'images pieuses. Son but est de répandre la parole de Dieu, d'évangéliser les foules éloignées de l'Eglise, de nourrir la foi des fidèles. Son apostolat chanté est justifié par des théologiens de renom dont l'allemand Karl Rahner, un des futurs acteurs du concile Vatican II. D'autres prêtres et religieuses, d'ailleurs, comme Didier Mouque, Maurice Cocagnac et Soeur Sourire l'accompagnent dans cette nouvelle forme de mission. Mais le succès et les addictions, les réserves et les critiques conduiront au naufrage de cet apostolat. Au-delà de ces prêtres chanteurs, c'est tout un choix missionnaire qui défaille, une Eglise catholique qui ne parvient pas à proposer une alternative chrétienne au déferlement des cultures populaires.
Gugelot Frédéric ; Zawadzki Paul ; Abécassis Arman
Résumé : Au moment où l'Association française de sciences sociales des religions avait décidé de susciter une réflexion collective sur le rire et le religieux en février 2015, personne ne se doutait que ses travaux porteraient l'ombre tragique des attentats du 7-9 janvier. C'est qu'une part non négligeable du questionnement sur le rire hantait déjà les conflits charriés par l'actualité, qu'il s'agisse des "caricatures de Mahomet" ou des spectacles dits humoristiques mais vecteurs de haine. Plus profondément, le rire convoque la pensée de longue date et la plupart des classiques ont tenté d'en élucider les ressorts. Fruit d'un travail collectif, cet ouvrage ne pouvait qu'être interdisciplinaire. Ne serait-ce qu'en raison de la surcharge sémantique suggérant qu'il n'y a pas un rire, mais des rires. Pour des raisons bien compréhensibles, l'intuition portée par les réactions aux attentats associe le rire à l'esprit critique. Ce rire-là met en doute les certitudes et les évidences métaphysiques. Il procède d'une distance réflexive entre le sujet et ses croyances absolutisées. Pour autant, le problème politique et moral du rire n'est guère réductible à l'opposition entre la liberté des démocrates et la censure de leurs ennemis. Certains types de rires appartiennent aussi à l'horizon croyant, et surgissent de l'intérieur de certaines cultures religieuses vivantes.
De la fin du XIXe siècle aux années trente, un phénomène collectif sans précédent vient bouleverser le monde de l'art et de la pensée: la conversion des intellectuels au catholicisme, alors même que l'Eglise se constitue en citadelle assiégée face aux coups de boutoir de la déchristianisation. Au-delà des noms bien connus de Claudel, Foucauld, Péguy ou Maritain, ce retour à la religion concerne plus de cent cinquante personnalités dont le romancier à succès Paul Bourget, de nombreux membres de la NRF naissante comme Henri Ghéon, Jacques Copeau, Jacques et Isabelle Rivière, et des poètes, Max Jacob, Jean Cocteau ou Pierre Reverdy. Témoins désenchantés de la faillite du lien social, ces intellectuels travaillent ardemment à sa refonte, dans des lieux aussi divers que les coopératives de prières ou les écoles d'art chrétien. Dans cette étude devenue un classique, Frédéric Gugelot montre l'étendue de ces conversions, l'originalité des parcours spirituels et l'ampleur de leur influence au moment où l'Eglise est confrontée aux interrogations de la modernité. Une contribution déterminante à la connaissance d'un phénomène qui annonce les mouvements catholiques de masse de la fin du XXe siècle.
Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, des personnes de tous horizons se sont rassemblées dans les rues de Paris, aux abords des lieux attaqués, pour rendre hommage aux victimes. Des mémoriaux se sont formés, faits de milliers de messages, de bougies, de fleurs et d'objets les plus divers. Durant des semaines, les Archives de Paris en ont collecté le contenu qui appartient aujourd'hui au patrimoine national. Fruit d'une collaboration inédite entre chercheurs et archivistes, cet ouvrage enrichi de près de 400 photographies revient sur cette transformation et constitue ainsi un véritable livre-mémorial. Les textes de ce livre retracent le parcours de ces mémoriaux et sont autant de reportages illustrés sur leurs aspects, leur collecte ou leurs usages sociaux. Des courtes notices les accompagnent sur des sujets aussi divers que les citoyens s'étant érigés en gardiens des mémoriaux éphémères, le rôle des agents de nettoyage de la Ville de Paris dans le travail de collecte, la mémoire des attentats de 2015 à Saint-Denis, ou encore la relation particulière des supporteurs du PSG à la mémoire des attentats du 13 novembre. Eclairant sous un angle nouveau un événement majeur et récent de l'histoire de France, cet ouvrage est à son tour un mémorial unique et précieux, une réflexion originale et illustrée sur la manière dont une société est appelée à ne pas oublier.
Molho Tony ; Fleming Katherine E. ; Ginzburg Carlo
Sans m'attribuer le mérite de ma survie, le fait est que j'ai miraculeusement survécu. C'est à l'altruisme et à la bonté de certaines personnes, ainsi qu'à la chance que je le dois". Tony Molho retrace, dans un récit à la fois sensible et historique, son enfance en Grèce durant les années 1940, alors que la menace de la déportation par les nazis pèse sur sa famille. Caché chez un couple sans enfant, dans un train, au coeur d'un couvent, il échappe à la mort grâce à la détermination de ses parents et à la gentillesse des autres, des gens ordinaires - voisins, amis, inconnus - souvent modestes qui lui portent secours. Des années plus tard, Tony Molho, passé d'un pays à un autre, d'une langue à une autre, revient sur cette période fondatrice. Il y déploie une réflexion sur l'histoire, la mémoire, l'effacement de la communauté juive de Salonique et interroge la manière dont la conscience du traumatisme de la Shoah l'a aidé à comprendre le cours de sa propre vie.