Tumultes N° 52, mai 2019 : Afrocentricites. Histoire, philosophie et pratiques sociales
Guedj Pauline ; Kisukidi Nadia Yala
KIME
20,00 €
Sur commande en 4-6 jours
EAN :9782841749300
L'histoire du concept d?« afrocentricité » est au c'ur d'un ensemble de circulations et de traductions qui replacent l'Atlantique Noir à l'intérieur de problématiques esthétiques, sociales, épistémiques, institutionnelles et politiques plus globales. Forgé dans le monde universitaire nord-américain, le concept afrocentricity (et non afrocentrism) est développé par Molefi Kete Asante dans le livre The Afrocentric Idea (1998). Il prolonge une histoire intellectuelle ouverte par les travaux sur l'Egypte pharaonique de Cheikh Anta Diop et de George G. M. James, et marquée par le rejet de ces productions à l'intérieur du monde universitaire institutionnel européen/occidental. Ce concept se déploie à l'intérieur d'une double démarche, critique et positive. Il s'agit, dans un premier temps, de questionner le statut des discours construits par un monde universitaire considéré comme eurocentré sur l'Afrique et plus spécifiquement sur une Afrique « dite noire ». Et de manière positive, de reconquérir et de déployer une agency africaine, au c'ur de la production des savoirs. La critique radicale de l'eurocentrisme africaniste ouvre un espace pour étudier le passé classique africain et développer le champ des humanités africaines. L'enjeu de ce numéro de Tumultes n'est pas de s'inscrire dans le paradigme afrocentrique ni de le prolonger. Il sera d'analyser le déploiement et les retraductions d'un tel concept non seulement dans le champ scientifique (philosophie, historiographie) mais aussi dans celui des pratiques sociales (dans les Amériques, l'Europe et l'Afrique). Plusieurs orientations problématiques seront privilégiées : - interroger, en elles-mêmes, les circulations entre les théories universitaires afrocentriques et les pratiques sociales qui les investissent dans des contextes géographiques différents. - analyser la manière dont l'idée de contre-savoirs est théorisée au sein du paradigme afrocentrique - penser le lien entre savoir et soin dans le cadre de situations traumatiques liées aux contextes de l'esclavage, des colonisations et des violences produites par le discours de la « race ».
Nombre de pages
169
Date de parution
14/06/2019
Poids
245g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782841749300
Titre
Tumultes N° 52, mai 2019 : Afrocentricites. Histoire, philosophie et pratiques sociales
Auteur
Guedj Pauline ; Kisukidi Nadia Yala
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
245
Date de parution
20190614
Nombre de pages
169,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Ghana, 1965. Gus Dinizulu, un musicien afro-américain des Etats-Unis, en tournée en Afrique de l'Ouest, découvre un lieu de culte populaire dans la région, l'Akonedi Shrine. Accueilli par la prêtresse en chez, introduit aux cultes des divinités vénérées sur place et anobli par les autorités politiques locales, celui-ci décide d'exporter les pratiques et rituels du lieu aux Etats-Unis et de fonder à New-york une première maison de culte akan destinée exclusivement aux Afro-Américains. En Amérique du Nord, le projet de Dinizulu répond à un désir chez certains militants noirs d'emprunter le chemin de Sankofa, c'est-à-dire de partir à la recherche de leurs racines et de construire sur le territoire national des espaces d'africanité où ce qu'ils reconnaissent comme leur culture originelle serait accessible et reproductible. Des montagnes de l'arrière-pays d'Accra aux rues animées des quartiers afro-américains de New-York, des bibliothèques universitaires ghanéennes aux caves de Philadelphie, Pauline Guedj nous invite à suivre le processus de diffusion et d'implantation de la religion akan aux Etats-Unis, son intégration dans le champ religieux afro-américain et son rôle dans l'élaboration de revendications identitaires complexes et sans cesse redéfinies.
Cannes, 1989. Steven Soderbergh reçoit la Palme d'or à Cannes pour son premier long-métrage, Sexe, mensonges et vidéo. A 26 ans, il fait une entrée fracassante dans le monde du cinéma. Trente-cinq films et trois saisons de séries plus tard, il est devenu une figure incontournable de l'audiovisuel américain, à Hollywood comme dans les sphères indépendantes. Prolifique, audacieux, Soderbergh brouille les pistes, enchaînant blockbusters (la trilogie des Ocean's, Erin Brockovich, Contagion...) et films intimes (Bubble, Girlfriend Experience...). Collaborant aussi bien avec des stars qu'avec des amateurs, il est à l'avant-garde des essais techniques en matière de captation numérique et des innovations économiques pour la production et la diffusion des films. Steven Soderbergh, anatomie des fluides brosse un portrait de l'artiste et capture les thématiques qui traversent sa carrière.
Los Angeles, 1993. Le label indépendant Bong Load publie « Loser », un morceau hybride, aux paroles absurdes, combinant rap, blues et country. Le titre deviendra un succès planétaire, qui placera au centre de la scène rock indépendante son créateur, alors âgé de 24 ans : Beck. D'apparence nonchalante, adepte des mélanges les plus fous, Beck s'affirme comme un musicien versatile puisant son inspiration autant dans le folk et les classiques du blues, que dans l'art contemporain et ses performances. En quatorze albums, Beck a développé un style à part dans l'industrie musicale, alliant technologies de pointe et artisanat, chanson et hip hop, le tout parsemé de collaborations variées : les Dust Brothers, Nigel Godrich, Charlotte Gainsbourg, Pharrell Williams ou encore Thurston Moore. Beck, des palmiers dans l'espace est une exploration des multiples facettes de l'artiste à l'aune d'une réflexion sur sa ville natale : Los Angeles. Enfant des quartiers déshérités de la ville, Beck n'a cessé d'insuffler à ses morceaux une analyse fine des réalités sociologiques de la cité.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.