Qu'est-ce que l'écosophie, réunit les textes rares ou inédits que Félix Guattari rédige entre 1985 et 1992, à l'issue de ce qu'il a nommé "les années d'hiver". Proche des partis écologistes, qui lui paraissent alors pouvoir exprimer un "nouveau type de militantisme" (il déchantera rapidement), il entreprend de formaliser une théorie écologiste dont l'ambition ne se limiterait nullement à la sauvegarde de l'environnement. Toujours soucieux d'inscrire sa production théorique dans "l'ordre de l'efficience", celui de "micropolitiques" fondées sur les expérimentations collectives les plus avancées, Félix Guattari fait preuve d'une lucidité critique particulièrement aiguë vis-à-vis des changements politiques et sociaux dont il est à la fois l'acteur et le témoin. Aussi est-il l'un des premiers à formuler une mise en garde contre la tentation droitière d'une écologie visant à la restauration d'un ordre ancien imaginaire, et à lui opposer sa propre vision émancipatrice de l'écosophie. Il pointe également l'émergence d'un "éco-business", fondé sur le "revirement spectaculaire des mass-médias ayant contribué à l'extension de l'audience des mouvements d'écologie politique" dans les années 1980 (et dont "l'économie sociale et solidaire" pourrait aujourd'hui incarner l'avatar). Si les textes qui composent Qu'est-ce que l'écosophie, constituent un témoignage essentiel sur une période dont l'histoire politique reste en grande partie à écrire, ils offrent également un éclairage précieux sur les temps catastrophiques présents et à venir : "on ne peut espérer remédier aux atteintes à l'environnement sans modifier l'économie, les structures sociales, l'espace urbain, les habitudes de consommation, les mentalités. C'est ce qui me conduit à parler d'une écosophie qui aurait pour perspective de ne jamais tenir séparées les dimensions matérielles et axiologiques des problèmes considérés."
Nombre de pages
591
Date de parution
15/01/2014
Poids
650g
Largeur
131mm
Plus d'informations
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EAN
9782355261084
Titre
Qu'est-ce que l'écosophie ?
Auteur
Guattari Félix ; Nadaud Stéphane
Editeur
NOUVELLES LIGNE
Largeur
131
Poids
650
Date de parution
20140115
Nombre de pages
591,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre réunit les matériaux d'une recherche en cours et quelques monographies schizoanalytiques. L'élaboration théorique se veut ici essentiellement spéculative, sans prétendre pour autant surcoder pied à pied les pratiques de la subjectivité : elle voudrait seulement contribuer à leur donner de l'air. Afin qu'on ne puisse la laisser de côté, elle tend à fonder la problématique de l'énonciation à partir de quatre paramètres : les Flux sensibles et signalétiques, les Phylum de propositions machiniques, les Territoires existentiels et les Univers de référence incorporels. Aucun discours "psy" ne peut se soutenir s'il ne s'engage pas dans la mise en place conjointe, sous un nom ou sous un autre, de ces quatre dimensions. A cet égard, le roman familial d'un névrosé se situe sur le même plan que le roman épique de la théorie psychanalytique : l'un et l'autre ne trouvent leur efficace que dans la mesure où ils parviennent à donner consistance à un Agencement d'énonciation. Au-delà de la signification et de la dénotation, c'est la fonction de récit a-signifiant qui joue là, comme dans les sociétés archaïques, le rôle de support essentiel d'une subjectivité en acte - individuelle ou collective. Le caractère fragmentaire des développements présentés ici correspond au fait qu'aucun récit ne peut prétendre se soutenir comme récit de tous les récits, sauf à sombrer dans un réductionnisme dogmatique. Il faut, dans ce domaine, savoir s'arrêter à temps, pour que puissent s'ouvrir d'autres champs de possible En fait, c'est beaucoup plus sous un paradigme esthétique qu'un paradigme scientifique-scientiste que se situent les présentes recherches.
Quand une nouvelle forme de lutte ou d'organisation s'invente, ça se propage à la vitesse de l'audiovisuel", prédisait Félix Guattari en 1979. Dans ce texte retrouvé par ses enfants après son décès, Félix Guattari analyse comment la production, la codification et la communication de signes dans le système capitalistique assujettissent les acteurs sociaux sur le plan économique et social ainsi que sur celui de la subjectivité. Cette "dictature" des significations et des comportements dominants conduit Félix Guattari à proposer, à la suite de ses travaux avec Gilles Deleuze, une micropolitique émancipatrice. Sa position novatrice est plus que jamais d'actualité au coeur de la crise écologique, politique, économique et sociale, que le monde traverse aujourd'hui.
La singularité du crime nazi dans l'Histoire est aujourd'hui connue sous le nom d' " Auschwitz ". Mais qu'en est-il exactement de cette singularité, qu'en est-il de la pensée de cette singularité ? Le propos de cet ouvrage est d'interroger des textes théoriques contemporains - philosophiques (Philippe Lacoue-Labarthe et Alain Badiou, mais aussi Martin Heidegger et Hannah Arendt), mathématiques (Jean-Yves Girard), psychanalytiques (Daniel Sibony), idéologiques ou antiphilosophiques (Eric Marty, Alain Finkielkraut, Jean-Claude Milner) - dans lesquels est abordée la question de la singularité d' " Auschwitz ".
La deuxième conférence internationale sur le sens et l'usage du mot " communisme ", organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, s'est tenue à la Volksbühne de Berlin au mois de mars 2010.Après le succès de la conférence inaugurale de Londres, l'année précédente, il s'agissait cette fois d'ouvrir les débats à l'expérience et à la réflexion de philosophes venus d'autres régions du monde, et en particulier des pays de l'ancien bloc soviétique. Leur apport à la définition d'une idée renouvelée du communisme contribue ici de façon déterminante à ce que ce mot retrouve sa place et son aura dans les débats philosophiques qui touchent au problème de l'émancipation. " On le verra, toutes les interventions sont tendues entre deux périls. Le premier est qu'au nom de ce qu'a comporté de Terreur la figure des Etats qui s'en sont réclamé au XXe siècle, on finisse par ne réhabiliter le mot "communisme" qu'au prix d'une idéalisation totale de sa signification, éloignée de tout principe de réalité [ ... ]. Le second est qu'au nom des réalités politiques et économiques contemporaines [...], on finisse par faire du mot "communisme" l'index noble d'un opportunisme activiste ".
Si "barbare" est le nom d'une force envahissante, catastrophique, capable de faire razzia sur tout ce qui se présente sur son passage, alors le déploiement des capacités de production que le capitalisme opère en faisant du profit la règle de ses agissements est barbare. Il l'est parce que, s'étendant, il atteint et occupe le tout du monde, non seulement les espaces et les paysages, mais encore les pensées, le langage, les significations, bref la psychè, qu'elle soit individuelle ou collective. Félix Guattari proposa en son temps de lui opposer non pas exactement une écologie, mais une écosophie. Cette écosophie d'une part élargit la notion d'environnement, d'autre part fait valoir celle de mutation. Tel est encore l'enjeu : non pas se replier sur des formes de vie plus ou moins datées, non pas soutenir l'imaginaire d'une proximité avec une nature plus ou moins mythifiée, mais essayer des agencements. Ces mutations ne sont pas imposantes. Elles sont d'abord des essais mineurs. Pour les repérer et les penser, il faut changer l'échelle du regard et le registre des paroles. Dans les années trente du XXe siècle, un autre penseur, Walter Benjamin, considérant que la catastrophe n'était pas à venir mais déjà là, posait que "la tâche" , comme il disait, n'était pas de sauver un monde paradoxal puisqu'à la fois surabondamment muni, empli de productions de toutes sortes et pour cette raison même consommé et dévasté, oublié même comme monde. Elle impliquait qu'on accepte de faire le vide dans une époque où l'information avait remplacé l'expérience. Ce n'était ni pour aller dans le sens de cet "effroyable déploiement de la technique" qui avait "plongé les hommes dans une pauvreté tout à fait nouvelle" , ni, à l'inverse, pour restaurer ou rétablir un monde dont les conditions n'étaient plus réunies, mais pour faire valoir la décence du peu, "voir partout des chemins" , "déblayer" pour rendre ces chemins accessibles et "se mettre à leur croisée" . Ainsi ne s'agissait-il pas de dresser des murs ni des défenses supplémentaires. De même aujourd'hui, la question n'est pas que nous trouvions des munitions mais des ressources, c'est-à-dire à nouveau des sources, dont, quel que soit leur lieu, nous pourrions nous nourrir à moindres frais et dégâts et comparaître ainsi dans un espace peu à peu libéré de la domination.
André Gorz a traversé la seconde moitié du 20e siècle en témoin lucide de ses mutations économiques et sociales. Disparu l'automne 2007, il a laissé une oeuvre critique exigeante qui n'est réductible à aucun des courants poli-tiques constitués. Ses prises de position en faveur de la sortie progressive du capitalisme se fondent sur une proposition autogestionnaire très argumentée et s'articulent avec son souci précoce pour les enjeux écologiques. Car, affirmait-il, "c'est par la critique du modèle de consommation opulent que je suis devenu écologiste avant la lettre". Le socialisme qu'André Gorz appelle de ses v?ux est celui qui saura faire face à l'urgence des enjeux sociaux, économiques et écologiques inédits auxquels le monde est aujourd'hui confronté. Le présent ouvrage, conçu comme un hommage, est également le premier à proposer un regard sur l'existence et l'?uvre entières d'André Gorz.