Célébrer l'ami par l'ami, tel est le postulat de cet ouvrage consacré à ce que l'art de Gros possède en partage avec celui de Girodet. Il présente les enjeux de ces deux carrières mêlées au tout début du XIXe siècle. Antoine-Jean Gros (1771-1835) fut le plus fidèle condisciple et un des meilleurs amis d'Anne-Louis Girodet dit Girodet-Trioson (1767-1824). Le célèbre discours qu'il improvisa au milieu de larmes sur la tombe de Girodet est resté comme le symbole d'une sensibilité romantique et d'une affection aussi sincère qu'unique. Les Inventaires après décès des oeuvres de Gros et de Girodet, publiés conjointement en 2002, avait montré la fraternité de leurs réseaux au sein de la phalange des "quatre G" (Guérin, Girodet, Gérard, Gros), comme l'appelait la critique contemporaine. Leurs parcours en Italie et leur commune aspiration à renouveler la représentation des batailles avaient déjà été mis en lumière à l'occasion d'expositions au musée Girodet. Ici, de manière plus ambitieuse et plus approfondie, l'ouvrage illustre ces influences croisées, ces travaux et ces goûts communs si importants pour l'art du XIXe siècle, avec pour fil conducteur cette exclamation de Girodet : "Gros est heureux, il a le poignet de son talent" et comme emblèmes les autoportraits que les deux artistes s'échangèrent avant de se quitter en Italie en 1794.
Résumé : Si Johannes Vermeer, surnommé le "Sphinx de Delft" par le Français Théophile Thoré-Bürger, est aujourd'hui la figure de proue du Siècle d'or hollandais, il ne fut pas le seul à avoir donné ses lettres de noblesse à la peinture de genre. "Représenter ce qui est" fut le leitmotiv de tout un groupe de peintres des Provinces-Unies au XVIIe siècle : Rembrandt, Gerard Dou, Jan Steen, Gerard Ter Borch, Pieter De Hooch et Gabriel Metsu -, pour ne citer que les plus grands de ce courant artistique à part entière. Avec des portraits, scènes de genre, paysages et natures mortes, c'est la simple réalité du quotidien qui s'invita sur les toiles de ces nouveaux maîtres. Grâce à des rapprochements entre les chefs-d'oeuvre des différents artistes du Siècle d'or hollandais, cet album vous invite à découvrir à travers plusieurs thématiques (le portrait, le clair-obscur, la lettre, la musique...) à quel point ces peintres s'inspiraient mutuellement. Le style, le sujet, la technique et la composition se répondent d'un maître à l'autre, mais la virtuosité et la profondeur poétique des tableaux de Vermeer dépassent le talent de ses confrères.
Selon l'un de ses premiers biographes, le peintre Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) "s'adonna au genre érotiques dans lequel il réussit parfaitement". Artiste éminent de la scène parisienne de la seconde moitié du XVIIIe siècle, Fragonard aborda tous les genres avec bonheur, mais on a très vite considéré que la thématique amoureuse tenait une importance particulière dans son oeuvre. Sa production dans cette veine a souvent été réduite à la formidable énergie sensuelle de ses ouvres licencieuses des années 1765-1775. Dès le XIXe siècle, Jules Renouvier rapportait en effet cette formule caractéristique du peintre qui "disait dans un langage qu'on doit lui laisser sans périphrase parce qu'il est de lui "je peindrais avec mon cul"". Mais l'inspiration amoureuse qui parcourt Pieuvre protéiforme et généreuse du "divin Frago" apparaît infiniment plus riche et subtile. Alors que les Lumières accordent une place nouvelle aux sens et a la subjectivité et que le jeune genre romanesque en plein essor (entre Crébillon, Rousseau et Choderlos de Laclos) place l'amour au cour des fictions, Fragonard va décliner sur sa toile ou sous ses crayons les mille variations du sentiment à l'unisson de son époque. C'est son parcours que l'on va suivre entre les derniers feux de l'amour galant et le triomphe du libertinage jusqu'à l'essor d'un amour sincère et sensible, déjà "romantique".