Mécanismes mentaux, mécanismes sociaux. De la psychose à la panique
Grivois Henri ; Dupuy Jean-Pierre
LA DECOUVERTE
17,53 €
Epuisé
EAN :9782707124142
Que se passe-t-il au moment où un individu se détache du groupe social pour basculer dans la folie ? Que se passe-t-il au moment ou un groupe social se désagrège et cède à la panique ? Pour tenter de répondre à ces questions, cet ouvrage collectif prend pour point de départ les recherches pionnières du docteur Grivois, chef de service de l'Hôtel-Dieu, qui essaie de saisir la psychose à sa naissance, avant la prolifération des interprétations délirantes. Le malade se pose au centre du monde, dans une singularité radicale face à la foule indifférenciée de ses semblables, et sent se déclencher en lui un tourbillon vertigineux d'automatismes mimétiques. Du fou à la foule, du mimétisme panique des phénomènes collectifs - émeutes, turbulences boursières, etc. -, il y a peut-être plus que de séduisantes analogies. C'est la pertinence de cette hypothèse que s'attachent à élucider les spécialistes réunis par Jean-Pierre Dupuy et le CREA (centre de recherche en épistémologie appliquée), puisant dans les ressources de la théorie cognitive, comme Joëlle Proust, ou dans l'anthropologie religieuse, comme Mark Anspach et René Girard. Les thèses désormais célèbres de ce dernier sur la mimésis et le mécanisme victimaire sont confrontées à la théorie de l'esprit développée par la philosophe américain Daniel Dennett ou testées à la lumière de la philosophie morale de Charles Larmore. En faisant dialoguer la philosophie et la psychiatrie, les sciences sociales et les sciences cognitives, cet ouvrage entend explorer les mécanismes sous-jacents d'une logique commune de l'esprit et du corps social. Se demander à quoi " tient " la folie ou la santé mentale, c'est aussi tenter de savoir comment le lien social fait " tenir " ensemble ce qui est censé lier.
Nombre de pages
176
Date de parution
12/01/1995
Poids
250g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782707124142
Titre
Mécanismes mentaux, mécanismes sociaux. De la psychose à la panique
Auteur
Grivois Henri ; Dupuy Jean-Pierre
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
136
Poids
250
Date de parution
19950112
Nombre de pages
176,00 €
Disponibilité
Epuisé
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On ne connaît pas de culture dont la folie soit absente. Quel est son lien avec la religion et la philosophie ? Pourquoi est-elle si peu influencée par les phénomènes de modernité et pourquoi survient-elle à l'adolescence ... Aux premières heures de la psychose, un homme a le sentiment que sa présence physique concerne tous ceux qu'il côtoie. Il est conduit alors à la croyance irrécusable d'être au centre de l'espèce humaine, d'y être seul et de n'y être pour rien. A l'arbitraire mouvement du monde autour de lui, il répond par le mutisme, l'errance ou l'immobilité. L'évolution de cet état n'est pas une fatalité. Urgence absolue: il faut éviter avant tout que ne se construise un délire. Dans ce livre, Henri Grivois nous initie à la relation qu'il engage sans délai avec ses patients. Ce volontarisme thérapeutique tente d'infléchir le défaitisme des hommes face à la folie.
La schizophrénie est, à juste titre, redoutée comme une catastrophe. Le premier épisode psychotique est discret ou explosif mais il déconcerte tout le monde. Face à ce comportement étrange, le pire est de parler de schizophrénie car rien n'est encore inéluctable. Cet événement, qui ne dure que peu de temps, ne doit pour autant pas être négligé. De la précocité et de l'intensité des soins dépend une évolution qui peut être favorable.
Le docteur, il aimerait bien être comme nous. " C'est ainsi qu'un patient interpellait l'auteur au cours d'une émission de radio. Henri Grivois tente en effet d'être au plus proche de l'événement que constitue le premier épisode psychotique dans la vie d'un adolescent. Il veut comprendre ce qu'impliquent le silence, l'errance, la perplexité, le sentiment d'être volé de sa pensée et de se trouver au centre du monde. L'avenir de ces patients dépend de la manière dont on les accueille dans ces tout premiers instants et dont on engage la conversation avec eux. Plus généralement, la psychose peut aussi nous permettre de mieux comprendre ce qui nous caractérise comme êtres humains.
Après deux siècles de psychiatrie, un siècle de psychanalyse et cinquante ans de neurobiologie, la folie - la psychose, en termes médicaux - reste un mystère planté au c'ur de l'être humain. Nous n'avons guère avancé depuis les Grecs. La psychose est universelle. Quels que soient la société, la culture ou le sexe, le premier épisode psychotique se déclare entre 15 ans et 25 ans et touche autour de 1% de la population aux quatre coins de la planète. C'est là un point fondamental. L'île, le pays lointain, le régime politique ou alimentaire qui ne connaît pas de psychotique n'a pas été découvert à ce jour et ne le sera jamais. "Je suis tout le monde, je suis vous, je suis Dieu", dit le psychotique. À ces mots, la médecine a répondu par la saignée au XIXe siècle, et par les médicaments au XXe. Chaque fois, le psychotique a été laissé à son délire, dans une profonde solitude. On ne parle pas aux fous. L'intuition géniale du docteur Grivois a été de faire parler les patients aux toutes premières heures de la psychose pour les faire accoucher du savoir qu'ils ont de leur folie. En créant les premières urgences psychiatriques à l'Hôtel-Dieu à Paris, il a pu parler aux psychotiques avant que leur délire interprétatif, commence, avant qu'ils n'essaient de trouver une explication forcément délirante à ce qui leur arrive. Par la parole, il est parvenu à enrayer la machine, à faire reculer le délire, à garder le fou dans notre monde. Le patient va pouvoir - non pas guérir, car la psychose n'est pas une maladie mais un accident anthropologique - vivre avec sa psychose, ne pas devenir un schizophrène dangereux pour lui-même et la société.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.