Penser/Rêver N° 22, Automne 2012 : Portraits d'un psychanalyste ordinaire
Gribinski Michel
OLIVIER
20,50 €
Epuisé
EAN :9782823600803
Portraits d'un psychanalyste ordinaire. De même qu'il n'existe un modèle unique de l'analyse, on ne peut trouver de portrait au singulier de l'analyste ordinaire. L'analyste « extraordinaire » est, quant à lui, toujours unique dans le tableau qu'en font ses adorateurs. Mais est-il encore analyste? Anna Freud rapporte une conversation avec son père sur ce sujet, dans une lettre à une amie en août 1926: « Récemment, papa et moi sommes tombés d'accord, dans une conversation, pour estimer que l'analyse n'est pas une affaire d'êtres humains, mais qu'on devrait être quelque chose de bien mieux ? je ne sais toutefois pas quoi ». Les collaborateurs du numéro 22 de la revue penser/rêver se proposent ainsi de répondre aux problématiques suivantes: Un psy ordinaire est-il un psy « sans qualités »? De quels lieux peut-on percevoir l'ordinaire? L'ordinaire psychanalytique est-il comparable à d'autres? Et la démarchefreudienne est-elle compatible avec autre chose ? une politique, une éthique, un savoir, une croyance,etc.? ? qui serait à la fois sa limite et un champ nouveau, à annexer? Comment expliciter les recommencements nécessaires, quels noms leur donner? Peut-on reconstruire une généalogie de ladémarche freudienne? Et si le « sans fin » de l'étude de Freud avait été pris pour un « sans limites »...
Nombre de pages
288
Date de parution
11/10/2012
Poids
330g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782823600803
Titre
Penser/Rêver N° 22, Automne 2012 : Portraits d'un psychanalyste ordinaire
ISBN
2823600809
Auteur
Gribinski Michel
Editeur
OLIVIER
Largeur
150
Poids
330
Date de parution
20121011
Nombre de pages
288,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'ersatz et la construction sont des mots et des expériences ordinaires. L'ersatz a eu son heure de gloire sinistre pendant la dernière guerre, et depuis, il a repris sa place au c'ur de l'événement habituel de la vie. Est-ce vraiment cela ? Est-ce bien elle ? Y suis-je enfin ?, sont des expressions d'une quête de la réalité, que soulignent les adverbes. Elles disent que la vie et la pensée de tous les jours connaissent des leurres, qu'on invente l'être cher, que nous pouvons nous contenter d'une illusion et que même la joie de l'illusion, ou les armes, l'émotion vive, les "affects " sont trompeurs. Et le fait même de penser est, dit Freud, un ersatz. Que remplace "le penser " ? Va-t-on entrevoir l'Objet même ? Hélas, le porteur de lumière est absent. En prenant sa place sur un théâtre d'ombres, l'appareil à penser fabrique l'objet véritable. Mais penser remplace une hallucination, une activité hallucinatoire des rêves et de l'infans. Or, là-dessus aussi, l'infans se tait, tandis que son complice le rêve soliloque, un peu trop prolixe en indiscutables secrets : on ne saura pas par eux si on a gagné ou perdu au change. A moins qu'une construction... La construction aussi est une expérience de chacun. Les récits de nous-mêmes, notre histoire et son passé, l'usage que nous faisons du monde et l'image que nous voulons donner, ce que nous racontons et ce que nous croyons en silence sont des constructions. La simple écoute de qui nous parle construit ce que nous pensons entendre. La construction établit des connexions entre nos objets de substitutions, elle bâtit leur histoire avec nos dissonances. Elle accueille le grand trouble indicible de la vie, le trouble de la réalité.
La personne aimée qui s'en va ou que l'on quitte, un ami qui s'éloigne, le roman que l'on termine à regret : en écho aux séparations ordinaires de la vie, on envisage ici les séparations intérieures que la cure analytique exige du patient et du psychanalyste. Us doivent se séparer de ce à quoi ils tiennent et qui les tient : le patient - qui est plus attaché à ses liens qu'à lui-même - pour ne pas couler, comme le capitaine Achab, avec ce qui le détruit ; le psychanalyste, qui dépend de ses systèmes familiers de pensée et doit rompre avec eux pour inventer du nouveau, des mots vivants, de la vie. C'est ainsi, en se séparant d'eux-mêmes, que tous deux se rencontreront et que plus tard ils pourront se séparer l'un de l'autre, cette fois. Dans ces pages, l'auteur, psychanalyste, essaie de voir ce qui se passe en lui dans le temps des séances, et par là même d'en rendre sensible l'étrangeté jamais apprivoisée. Les situations cliniques sont toujours présentes, et elles mettent en évidence une clinique de l'analyste que l'on n'a guère l'habitude d'évoquer et qui est infiniment plus complexe et riche que le classique " contre-transfert ", si souvent réducteur. Pas plus que celles du monde extérieur, les séparations intérieures ne sont parfaites. Heureusement, pense l'auteur qui les déteste.
Il y a peu, on a découvert avec un malaise certain que la " beauté " pouvait être le fait trivial d'un corps étranger : d'une prothèse de sein siliconée, en l'occurrence. L'introduction d'un " corps étranger " dans l'organe familier a introduit du même coup une série de questions et de doutes dans nos représentations : Quels sont les gestes psychiques ? perceptions, évaluations ? par lesquels on décrète qu'il y a un corps étranger et que c'est un intrus? Et si nos corps étaient eux-mêmes des étrangers ? Dans le cas de la mère enceinte d'un enfant, qui, des deux, est alors l'étranger de l'autre ? Cela suppose une (re)définition préalable d'un moi-corps, individuel et social, ainsi qu'un éclairage sur nos modèles de pensée.
L'intime est à la une ! Les "affaires" le montrent : l'intime est un dérangement spectaculaire - et du spectacle entre dans sa structure. N'aurait-il pas de consistance propre ? Et si l'on peut en faire un objet de communication, l'intime existe-t-il ? Pourtant le cabinet de l'analyste, l'atelier du peintre, le récit de l'écrivain accueillent une pure intimité, une scène secrète de la pensée et du coeur. Le transfert, le rêve sont chose privée. Le texte bien connu de Winnicott sur la capacité d'être seul - ce pourrait être le tableau d'une scène d'intérieur, puisqu'il s'agit d'être seul en présence de la mère - n'a-t-il pas pour enjeu la frontière de l'intimité ? Et si nos tableaux familiers, si paisibles, étaient aussi des scènes de genre intranquilles ? Et si l'intime était le spectacle qui en cache un autre, inquiétant ...
Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.Retour en arrière: Hansen est superintendant a L'Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et ? plus encore ? de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu'il n'est pas occupé à venir en aide aux habitants de L'Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l'emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L'Excelsior, des conflits éclatent. Et l'inévitable se produit.Une église ensablée dans les dunes d'une plage, une mine d'amiante à ciel ouvert, les méandres d'un fleuve couleur argent, les ondes sonores d'un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman.Histoire d'une vie, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon est l'un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu'animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l'égard de toutes les formes d'injustice.
Ils vivent en Suisse, au Japon, à New York, Los Angeles ou Tel-Aviv. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges qu'a priori rien ne rapproche. Et pourtant? Saisis à un moment décisif de leur parcours, les personnages d'Être un homme sont poussés à questionner le sens profond de leur existence. Pour certains, il s'agit de leur judéité. Pour d'autres, des liens familiaux, amoureux ou amicaux qui les unissent. Une aura de mystère les entoure, comme si une présence invisible les accompagnait. Dans ce recueil de nouvelles conçu avec l'ampleur d'un roman, Nicole Krauss fait mouche par la justesse et la poésie de son écriture. Elle tient une place à part dans le paysage littéraire américain et le prouve une fois de plus. Magistralement.Traduit de l'anglais (États-Unis) par Paule Guivarch.Née en 1974, Nicole Krauss a publié en 2006 L'Histoire de l'amour (Gallimard, prix du Meilleur livre étranger). En 2011, elle a rejoint les Éditions de l'Olivier avec La Grande Maison. Son dernier roman, Forêt obscure, a connu un très beau succès critique et public en 2018.