Titres. Une histoire de l'art et de la littérature modernes
Grau Donatien ; Moulène Jean-Luc
KLINCKSIECK
29,50 €
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EAN :9782252043349
Cette étude entreprend d'analyser, pour la première fois, la façon dont des protagonistes de l'art et de la littérature modernes intitulèrent leurs ?uvres. Si c'est au milieu du XIXe siècle que les peintres commencent à donner à leurs ?uvres des noms qui sont davantage que des titres de convention, l'histoire a commencé bien plus tôt pour les écrivains et les poètes. Des années 1890 aux années 1920, c'est le récit d'une émulation entre le mot et l'image qui est ici raconté.Mettant en parallèle et en relation les pratiques développées par Paul Gauguin et Alfred Jarry, Paul Cézanne et Émile Zola, André Gide et Henri Matisse, Guillaume Apollinaire et Pablo Picasso, Francis Picabia et Tristan Tzara, André Breton et Max Ernst, Donatien Grau met au jour une polarité entre deux lignées, l'une accordant à la forme employée, poème ou tableau, toute son attention, avec un refus du contexte, l'autre voyant dans l??uvre d'art picturale ou littéraire une matrice politique, n'existant que dans la relation à l'espace public. Examinant aussi bien des chefs-d??uvre que des documents méconnus et inédits, tout en prenant en compte les cheminements individuels de chaque figure évoquée, cet ouvrage propose une nouvelle généalogie des pratiques littéraires et picturales, écrite à la lumière des titres. En effet, la nomination par les peintres et écrivains de leurs ?uvres, source de bien des inventions, se révèle être l'outil majeur qu'ils partagent : image et texte portent également des titres, et c'est un signe de la liberté de l'artiste moderne que de pouvoir les concevoir. La prise au sérieux des titres modernes pourrait bien offrir la clef de compréhension des rapports intimes entre les arts dans une époque canonique, où beaucoup reste encore à découvrir.
Nombre de pages
253
Date de parution
22/11/2019
Poids
405g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782252043349
Titre
Titres. Une histoire de l'art et de la littérature modernes
Auteur
Grau Donatien ; Moulène Jean-Luc
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
151
Poids
405
Date de parution
20191122
Nombre de pages
253,00 €
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Tiberius Claudius Nero naît en 37 de notre ère, arrive au pouvoir en 54 et meurt en 68, à trente et un ans. Dernier descendant d'Auguste, fils d'Agrippine, il est adopté par Claude, a Sénèque et Burrus pour conseillers, instaure un pacte social et politique ; sous son règne brûle Rome, sont persécutés pour la première fois les chrétiens, se trouve sans cesse révélée l'instabilité de l'Empire. Renversé par les militaires, il est contraint de se suicider. Ce ne sont pas ces seuls traits qui provoquent la passion. C'est la débauche, l'inceste avec la mère, le meurtre des deux épouses, les suicides imposés en série, la mise en scène d'un empereur en chanteur d'opéra, l'union avec les hommes. La figure de Néron a traversé l'histoire entière de l'Occident et inspiré au travers des siècles l'épigraphie, la numismatique, la littérature, l'art, et jusqu'au cinéma. , Ce sont les péripéties de cette figure que retrace ici Donatien Grau. A l'interrogation " Qui est Néron ? ", trop ambitieuse et finalement stérile du fait de l'absence de sources intimes, l'auteur préfère " Qu'est-ce que Néron ? ", cherchant à démêler, plutôt que les bribes d'un savoir impossible, les fils d'une construction foisonnante et unique dans la tradition occidentale. Ce faisant, il ouvre un accès paradoxal aux arcanes de l'Occident, ses songeries les plus noires, comme ses rêves de lumière.
Il est d'usage de se plaindre de l'égocentrisme des écrivains. Et, souvent, on assigne à ce narcissisme littéraire, inavoué ou revendiqué, un modèle : Marcel Proust. En cette année 2013, centenaire de la parution de Du côté de chez Swann, il est devenu nécessaire de dresser le bilan de l'influence exercée sur la littérature par l'auteur d'A la recherche du temps perdu. Or le grand lieu commun, sur le sujet, tient à la question de la dualité inhérente à l'identité de l'écrivain : le "Moi social", d'un côté superficiel ; le "Moi profond ", de l'autre, créateur. Cette opposition a structuré cinquante années de réflexion critique, et d'écriture. Avec son corrélat : l'opposition de Proust à Sainte-Beuve, supposé se contenter de critiques "biographiques" des écrivains dont il rend compte.Cent ans après la parution de Du côté de chez Swann, mais aussi près de soixante ans après celle de Contre Sainte-Beuve, Donatien Grau revient sur ce dialogue finalement méconnu, entre deux esprits qui ne sont jamais rencontrés que dans les livres. Et il démontre que s'est joué là un grand moment, non de refus, mais de conversation.Au passage, il expose une des erreurs qui lui semblent affaiblir la littérature contemporaine, et les chemins que les auteurs futurs pourraient peut-être emprunter.
Nous n'avons jamais autant lu et écrit ? sur Internet, nos téléphones, nos ordinateurs... ? mais paradoxalement, les livres ne forment plus qu'une part minoritaire de notre monde devenu bibliothèque à ciel ouvert. Enfermés dans notre univers numérique, nous avons cru à la nouveauté radicale de notre temps, où la lecture et l'écriture seraient limitées à une pratique livresque, en voie de disparition. Puisant ses sources aux origines de la pensée occidentale ? d'Homère et Platon à la Renaissance ? comme dans l'art, la littérature, la philosophie et les séries télévisées d'aujourd'hui, cet essai offre des perspectives pour vivre de nouveau notre existence au coeur d'un texte qui inclut les corps, les vies, les expériences. On comprend comment notre sentiment de perte, d'abandon, de désarroi face à un monde illisible peut être transformé en une belle intensité, où la séparation entre haute culture et culture populaire n'a en soi plus de sens, où les grandes oeuvres demeurent, et où la vie elle-même est le plus grand texte...
L'automne 2014, à Paris, fut marqué d'un événement artistique qui créa des débats à travers le monde : la Chocolate Factory, exposition de l'artiste californien Paul McCarthy, à la Monnaie de Paris, accompagnée, pendant quelques jours, de l'érection d'une sculpture gonflable sur la place Vendôme, Tree. On prit alors position, pour et contre cette oeuvre puissante, qui remettait en cause notre conception de l'espace public ; l'artiste fut attaqué physiquement ; et ce fut la question de la liberté de l'art, et de la liberté en elle-même, qui se trouva en jeu. Une oeuvre d'art avait ébranlé notre existence. En contrepoint des réactions qu'elle avait provoquée, l'exposition s'était aussi accompagnée d'une invitation faite au philologue Donatien Grau à concevoir, en dialogue avec l'artiste, un programme de conversations où certaines des figures les plus éminentes et les plus créatives de la vie de l'esprit français vinrent évoquer, à la Monnaie de Paris, leurs travaux, et inscrire cette oeuvre dans leur horizon. Ce livre rassemble ces paroles, à la fois réponses de pensées libres à une oeuvre exemplaire, et manifestations accessibles des recherches menées, de la numismatique à la sociologie, de l'histoire de l'art à la poésie, de la chocolaterie à la philosophie, par toutes ces figures qui vinrent ainsi s'exprimer. On y entend leurs voix, et on découvre, avec Paul McCarthy, l'extraordinaire ouverture actuelle des horizons de la pensée, en France.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.