Wladimir Granoff est l'un des rares, l'un des premiers, à poser la question du féminin autrement. Il ne se laisse pas subjuguer par la grande énigme: "Que veut une femme?" mais choisit d'interroger en amont: "Que produit le féminin?", et accomplit une véritable avancée théorique. Si le féminin tend, comme le pense Granoff, à abolir les contradictions, il n'est pas le lieu de l'harmonie ni, du reste, de son contraire. Le féminin, ça fait penser. Davantage, il est la condition même de la pensée. Dans ce séminaire tenu en 1974-1975 - à la suite de Filiations, consacré à la question du complexe paternel -, Granoff aborde un continent dont la psychanalyse, en dépit de ses découvertes sur la bisexualité et le roc du féminin, entretient la méconnaissance. Il approche par des détours imprévus cette inquiétante étrangeté dont le féminin serait porteur: menace pour la représentation, pour la certitude narcissique et phallique. Il cherche à éclairer les origines refoulées de la révolution freudienne, notamment autour du mot-clé Spalt (ung), fente du sexe de la femme mais aussi fente dans la pensée. La Pensée et le Féminin, ça ne se lit pas seulement, ça s'écoute. Voyage des mots, signifiants polyglottes prélevés ici et là dans le lexique freudien: Granoff a l'écriture buissonnière, le souffle inépuisable, à la manière d'un conteur.
Nombre de pages
467
Date de parution
01/09/2004
Poids
340g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782080801074
Titre
La pensée et le féminin
Auteur
Granoff Wladimir
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Poids
340
Date de parution
20040901
Nombre de pages
467,00 €
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Conteur infatigable, Wladimir Granoff ne dissimulait pas sa vocation : "J'aimerais être celui dont on dise "c'est celui qui raconte des histoires"." Ici, l'histoire de la psychanalyse, celle des événements, des idées, leurs chocs et leurs trajets, mais aussi l'histoire inépuisable des hommes, des psychanalystes du passé et de l'actualité, d'appareil ou de cabinet, des fervents de l'oeuvre freudienne. Ou la sienne. Et sa personne est si présente dans le récit qu'il réussit à faire entendre la vibration très particulière de son énonciation, tout en invitant à relire Freud dans la langue où "pour chacun, on associe le mieux : la langue de son inconscient". Wladimir Granoff a été une des figures majeures du mouvement psychanalytique français. Membre de la Société française de psychanalyse, il contribua activement, sous l'égide de Jacques Lacan, à l'extraordinaire effervescence de cette société durant les dix années brillantes de son existence, que beaucoup considèrent comme l'âge d'or de la psychanalyse en France. Il est aussi l'auteur de Lacan, Ferenczi et Freud, publié dans la collection "Connaissance de l'inconscient".
Parmi les nombreux textes de Wladimir Granoff (1924-2000), nous n'en avons retenu que quelques-uns pour constituer ce recueil qui ne prétend donc pas donner une vue d'ensemble des travaux et des intérêts de l'auteur.Le titre donné à cet ouvrage indique ce qui a motivé le parti que nous avons pris: celui de regrouper les textes choisis autour de trois figures, de trois noms qui ont tout particulièrement marqué le trajet de l'auteur de Filiations.Trois noms. Celui de Lacan d'abord. L'entretien "Propos sur Jacques Lacan" donnera au lecteur une idée de ce que lut la relation, intense, difficile, comme l'est tout amour qui connaît la déception, entre Granoff et Lacan.Ferenczi: Granoff fut le premier à faire connaître en France cet analyste d'exception.Freud enfin, dont Granoff resta tout au long de sa vie un lecteur fervent. Sa lecture n'était pas celle d'un universitaire ou d'un "freudologue". Ce polyglotte à la croisée des langues, également exercé à la pratique du russe, de l'allemand, de l'anglais, du français, se montra singulièrement attentif à la langue de Freud et en conséquence aux problèmes que pose sa traduction, comme si, pour lui, il n'y avait d'autre voie d'accès à la pensée que ce qui s'inscrit dans les langues et voyage à travers elles. Le méconnaître, ce serait déjà s'apprêter à "quitter Freud", ce à quoi Granoff ne se résolut jamais.On trouvera en fin de volume les hommages rendus à ses deux vieux compagnons de ce qui, à un moment particulièrement chaud de l'histoire de la psychanalyse, s'appela la "troïka": François Perrier et Serge Leclaire.