Conteur infatigable, Wladimir Granoff ne dissimulait pas sa vocation : "J'aimerais être celui dont on dise "c'est celui qui raconte des histoires"." Ici, l'histoire de la psychanalyse, celle des événements, des idées, leurs chocs et leurs trajets, mais aussi l'histoire inépuisable des hommes, des psychanalystes du passé et de l'actualité, d'appareil ou de cabinet, des fervents de l'oeuvre freudienne. Ou la sienne. Et sa personne est si présente dans le récit qu'il réussit à faire entendre la vibration très particulière de son énonciation, tout en invitant à relire Freud dans la langue où "pour chacun, on associe le mieux : la langue de son inconscient". Wladimir Granoff a été une des figures majeures du mouvement psychanalytique français. Membre de la Société française de psychanalyse, il contribua activement, sous l'égide de Jacques Lacan, à l'extraordinaire effervescence de cette société durant les dix années brillantes de son existence, que beaucoup considèrent comme l'âge d'or de la psychanalyse en France. Il est aussi l'auteur de Lacan, Ferenczi et Freud, publié dans la collection "Connaissance de l'inconscient".
Nombre de pages
551
Date de parution
28/03/2001
Poids
520g
Largeur
125mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782070761111
Titre
Filiations. L'avenir du complexe d'Oedipe
Auteur
Granoff Wladimir
Editeur
GALLIMARD
Largeur
125
Poids
520
Date de parution
20010328
Nombre de pages
551,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Parmi les nombreux textes de Wladimir Granoff (1924-2000), nous n'en avons retenu que quelques-uns pour constituer ce recueil qui ne prétend donc pas donner une vue d'ensemble des travaux et des intérêts de l'auteur.Le titre donné à cet ouvrage indique ce qui a motivé le parti que nous avons pris: celui de regrouper les textes choisis autour de trois figures, de trois noms qui ont tout particulièrement marqué le trajet de l'auteur de Filiations.Trois noms. Celui de Lacan d'abord. L'entretien "Propos sur Jacques Lacan" donnera au lecteur une idée de ce que lut la relation, intense, difficile, comme l'est tout amour qui connaît la déception, entre Granoff et Lacan.Ferenczi: Granoff fut le premier à faire connaître en France cet analyste d'exception.Freud enfin, dont Granoff resta tout au long de sa vie un lecteur fervent. Sa lecture n'était pas celle d'un universitaire ou d'un "freudologue". Ce polyglotte à la croisée des langues, également exercé à la pratique du russe, de l'allemand, de l'anglais, du français, se montra singulièrement attentif à la langue de Freud et en conséquence aux problèmes que pose sa traduction, comme si, pour lui, il n'y avait d'autre voie d'accès à la pensée que ce qui s'inscrit dans les langues et voyage à travers elles. Le méconnaître, ce serait déjà s'apprêter à "quitter Freud", ce à quoi Granoff ne se résolut jamais.On trouvera en fin de volume les hommages rendus à ses deux vieux compagnons de ce qui, à un moment particulièrement chaud de l'histoire de la psychanalyse, s'appela la "troïka": François Perrier et Serge Leclaire.
Wladimir Granoff est l'un des rares, l'un des premiers, à poser la question du féminin autrement. Il ne se laisse pas subjuguer par la grande énigme: "Que veut une femme?" mais choisit d'interroger en amont: "Que produit le féminin?", et accomplit une véritable avancée théorique. Si le féminin tend, comme le pense Granoff, à abolir les contradictions, il n'est pas le lieu de l'harmonie ni, du reste, de son contraire. Le féminin, ça fait penser. Davantage, il est la condition même de la pensée. Dans ce séminaire tenu en 1974-1975 - à la suite de Filiations, consacré à la question du complexe paternel -, Granoff aborde un continent dont la psychanalyse, en dépit de ses découvertes sur la bisexualité et le roc du féminin, entretient la méconnaissance. Il approche par des détours imprévus cette inquiétante étrangeté dont le féminin serait porteur: menace pour la représentation, pour la certitude narcissique et phallique. Il cherche à éclairer les origines refoulées de la révolution freudienne, notamment autour du mot-clé Spalt (ung), fente du sexe de la femme mais aussi fente dans la pensée. La Pensée et le Féminin, ça ne se lit pas seulement, ça s'écoute. Voyage des mots, signifiants polyglottes prélevés ici et là dans le lexique freudien: Granoff a l'écriture buissonnière, le souffle inépuisable, à la manière d'un conteur.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.