le ressentiment n'a pas bonne presse: "passion irrationnelle", "expression de l'impuissance", "envie déguisée" - les termes ne manquent pas dans l'histoire de la pensée pour disqualifier ce qui est apparu, au mieux. comme le sentiment d'un malaise. au pire comme un désir de vengeance rentrée des classes populaires à rencontre des élites. Trois caractéristiques du ressentiment sont alors généralement mises en évidence. D'abord. on souligne que c'est une passion spécifiquement moderne. qui n'est théorisée qu'au XIXe siècle parce qu'elle ne prospère pleinement que dans les sociétés de masse. Ensuite, on montre que c'est une tradition de pensée spécifique (Nietzsche puis Scheler) qui en a définitivement fixé le sens, la comprenant comme l'émotion des faibles incapables d'affirmer leur hostilité à l'encontre de ceux qui les dominent. On précise enfin que le ressentiment conduit à une subversion des valeurs morales, et qu'il gît au creux des passions politiques d'apparence émancipatrice: la vérité de la volonté d'égalité ou de justice serait une rancune honteuse. C'est à montrer les limites de cette interprétation que cet ouvrage est consacré. Il veut montrer que le ressentiment a une histoire. et que si l'on veut identifier la spécificité de ses manifestations contemporaines, il faut les mesurer à la manière dont la philosophie ancienne et la pensée classique ont thématisé les affects approchants. Il entend également construire une critique des interprétations traditionnelles, en montrant comment celles-ci ont tendu à simplifier la pensée nietzschéenne, et ce pour restituer à cette passion son éminente complexité. Il souhaite enfin organiser une analyse du dynamisme dont le ressentiment est l'expression. en mettant à profit la richesse que signifie en la matière une approche pluridisciplinaire. Car cette passion loin d'être seulement cette manifestation de l'impuissance à laquelle on a voulu la réduire. est réaction émotionnelle face à l'inachèvement de l'égalité dont nos sociétés démocratiques sont pourtant la promesse. Le ressentiment est création de valeurs, attention à la réciprocité, attachement à la justice. C'est une passion sociale qui exprime la puissance de l'affect dans la vie politique; c'est plus encore rune des formes. certes potentiellement pathologique, de l'élément affectif dont nos idéaux de liberté et d'égalité ont un irréductible besoin.
Nombre de pages
234
Date de parution
14/06/2012
Poids
394g
Largeur
170mm
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EAN
9782753519879
Titre
Le ressentiment, passion sociale
Auteur
Grandjean Antoine ; Guénard Florent
Editeur
PU RENNES
Largeur
170
Poids
394
Date de parution
20120614
Nombre de pages
234,00 €
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Kant aujourd'huiTrois cents ans après sa naissance, Kant reste l'un des rares philosophes auxquels toute pensée au présent doit, à un moment ou un autre, se confronter. Il y a du Kant, approprié ou récusé, dans les problèmes, thèses et débats d'aujourd'hui. L'actualité de Kant ne signifie toutefois pas la permanence de la pertinence de ses analyses. Elle désigne le fait qu'il se trouve engagé dans et par les questionnements présents. L'actualité de Kant est celle d'un Kant depuis aujourd'hui, celle d'un Kant contemporain. Et Kant est tout aussi contemporain dans son inactualité : c'est dans son écart à notre présent qu'il peut servir à le manifester, comme il peut inquiéter ses évidences et peut-être l'ouvrir à son avenir. Cet ouvrage rassemble huit contributions consacrées à cette (in)actualité de Kant. Elles envisagent les positions kantiennes qui permettent d'éclairer certains débats contemporains, qui eux-mêmes nourrissent des lectures renouvelées de Kant. Elles s'intéressent par ailleurs à la manière dont le rapport contemporain à Kant peut prendre la forme d'un retour, qu'il s'agisse d'un retour de Kant, d'un retour à Kant, d'un retour critique sur Kant, voire d'un recours à lui. Avec les contributions de : Michèle Cohen-Halimi, Raphaël Ehrsam, Michaël F?ssel, Antoine Grandjean, Jean-François Kervégan, Béatrice Longuenesse, Catherine Malabou, et Inga Römer.
Quels sont les progrès réels de la métaphysique en Allemagne depuis le temps de Leibniz et de Wolff ? La réponse historique que Kant apporte à cette question posée par l'Académie de Berlin est lapidaire : la métaphysique n'a jamais fait de progrès. Tout au plus a-t-elle stagné dans le néant, avant de sauter le pas qui l'a conduite jusqu'à l'achèvement, et qui coïncide avec la Critique kantienne. Si progrès il y a, il n'est pas chronologique : en donnant un sens systématique au problème, l'auteur de la Critique de la raison pure définit plutôt la métaphysique comme une progression du sensible vers le suprasensible, dépassement dont chacune des étapes correspond à un moment de sa propre méthode. Ce texte inachevé et posthume, rédigé entre 1793 et 1795, ne délivre pas seulement de précieux éclaircissements sur la philosophie et la démarche de Kant, il trace aussi les contours de cette métaphysique singulière dont la Critique est la refondation.
Pourquoi disons-nous de cette rose qu'elle est belle, et non qu'elle nous est agréable, qu'elle est parfaite, ou qu'elle est vraie? Et pourquoi, parlant d'une "belle rose", entendons-nous précisément dire autre chose que lorsque nous évoquons une "rose agréable", une "rose parfaite", ou encore une "vraie rose"? La récurrence du terme beauté "dans nos discours se double d'une résistance envers toute substitution par un synonyme. Poser que ce fait têtu n'est pas infondé, c'est tenter de rendre justice à la spécificité de la beauté. Autonome beauté, que Kant entend précisément circonscrire, dans l'Analytique du beau, première partie de la Critique de la faculté de juger (1790)."
Biographie de l'auteur Laurent Perreau est maître de conférences en philosophie contemporaine à lUniversité de PicardieJules Verne. Ses travaux portent essentiellement sur la phénoménologie allemande et lépistémologiedes sciences sociales.Antoine Grandjean est maître de conférences en philosophie allemande à l'Université de Nantes.Dernier ouvrage paru : Critique et réflexion. Essai sur le discours kantien, Paris, Vrin, 2009.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.