Erudit libertin, ami de La Mothe Le Vayer et de Gabriel Naudé, grands noms de la Raison d'Etat et de l'absolutisme monarchique, Gramont écrit son Denier royal guidé par un objectif : démontrer que le pouvoir d'achat des ressources financières du Roi n'a pas augmenté depuis Charles V. Si l'on veut abattre le lieu commun selon lequel impôts et taxes ne cesseraient d'augmenter et le peuple de s'appauvrir, il faut impérativement construire une théorie de la valeur permettant de définir le pouvoir d'achat du revenu des particuliers, des princes et de la nation. L'entreprise nécessite de distinguer rigoureusement augmentation des prix et cherté. Bodin, comme Malestroict, confondent la mesure de la richesse avec la richesse elle- même. C'est l'abondance ou la rareté des biens satisfaisant aux besoins des hommes qui permet de savoir si ces biens sont devenus plus chers, en aucun cas la quantité de métaux précieux qu'il faut céder en échange. Cela a-t-il un sens de dire que depuis trois cents ans, le royaume de France n'a cessé de s'appauvrir ? Voilà Bodin et Malestroict renvoyés tous deux "aux erreurs populaires" à cette propension des hommes à penser que tout va de plus en plus mal, que le temps se dégrade, que la pauvreté s'accroît, que les hommes sont de plus en plus mauvais, que les terres sont de moins en moins fertiles. Cette remise en question radicale lui fournit une méthode qui l'amènera à répondre aux questions suivantes d'une façon tout à fait originale : Comment convient-il de définir la richesse et la monnaie ? Quels rapports entretiennent-elles ? Qu'en est-il de la cherté ? Est-elle réelle ou supposée ? Comment expliquer la diminution de la valeur estimative de la monnaie ? Quelle est la bonne méthode pour étudier les mouvements des prix et des revenus ? Comment les revenus du roi ont-ils évolué ? Quelles sont les causes du mécontentement du peuple ? Comment y remédier ...
Date de parution
26/09/2014
Poids
440g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782051026093
Titre
LE DENIER ROYAL
Auteur
GRAMONT SCIPION DE
Editeur
SLATKINE
Largeur
155
Poids
440
Date de parution
20140926
Nombre de pages
0,00 €
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Au nombre des évidences difficiles à révoquer, il y a que nous sommes au monde. Au nombre des évidences difficiles à avouer mais qu'il faut bien tenir pour telles, il y a que souvent nous y sommes mal. A l'expérience littéraire il revient de témoigner non seulement de la possibilité d'habiter la terre, poétiquement, mais aussi de cette possibilité adverse d'exister dans un monde en ruines. Sur cette dualité et dissymétrie de l'habitation et du désastre, les récits de Kafka sont riches en leçons, et cela quand bien même ils ne diraient rien de l'habitation en tant que telle, ne décriraient jamais le paradis perdu (forcément perdu) ou la terre promise (à jamais promise). Celui qui vit dans un monde détruit comprend davantage ce que signifie être présent au monde. C'est ainsi que les récits de Kafka montrent "l'homme qui n'a plus de monde et qui, dans cette absence de monde, essaie cependant de trouver les conditions d'un séjour véritable" (Maurice Blanchot). Mais quand peut-on dire d'un homme qu'il est privé de monde ? En toute rigueur jamais, tant du moins qu'il est encore en vie. Le monde est ce qu'il y a toujours, même s'il se présente à nous sous la figure de la ruine, des décombres ou du désastre. Le monde est ce que nous ne pouvons pas perdre, mais le rythme du monde oui, ou celui du même coup de notre existence, car tout de notre existence alors s'effondre et aucune voix ne peut plus nous atteindre sans être en même temps brisée. Les récits de Kafka nous montrent ce que devient l'existence au moment de perdre le rythme du monde.
Premier volume des mémoires d'Elisabeth de Gramont, Au temps des équipages a paru, pour la première fois, aux éditions Grasset en 1928. L'auteur revient sur son illustre famille, notamment sur son grand-père, proche de Louis-Philippe, puis ministre de Napoléon III. Elle relate son enfance dans un des plus beaux hôtels particuliers du XVIe arrondissement de Paris, les réceptions données par ses parents, où se croisaient les personnes les plus "gratin" de la capitale, comme la duchesse du Luynes et le baron de Rothschild, ses mois d'août à Cannes, avant que les Anglais ne prennent possession la ville. En plus d'être le portrait d'un monde orgueilleux, frivole et exquis, destiné à disparaître bientôt, celui-là même que décrit Marcel Proust dans A La recherche du temps perdu, Au temps des équipages raconte les débuts dans la vie d'une jeune fille passionnée : ses premiers spectacles à l'Opéra Garnier, ses premiers émois littéraires, Vigny, Baudelaire, Shakespeare, son premier voyage à Londres, qu'elle adore et où elle lit, pour la première fois, Le Portrait de Dorian Gray... C'était l'époque où les sabots des chevaux résonnaient au Bois, l'époque où le duc d'Aumale recevait dans son château de Chantilly, où les valets de pied accueillaient encore les convives et montaient la garde aux perrons des maisons. Elisabeth de Gramont nous rouvre les portes de son monde doré.