De tout ce qui touche à la civilisation des Pharaons, l'art de construire pour l'éternité fascine plus que tout. Et il ne se limite pas à l'érection des pyramides de l'Ancien Empire. Deux mille ans plus tard, les principes qui l'ont régi sont identiques, même si les formes architecturales se sont adaptées aux temps et aux lieux. Plus tard encore, sous l'influence des techniques importées par les Grecs puis les Romains, le bâtisseur de la Vallée du Nil ne renonce pas à des procédés consacrés par l'usage, que son cadre de vie, ses buts, son savoir-faire ont imposé et dont l'efficacité s'est avérée "un million de fois", selon la phraséologie égyptienne elle-même. La construction pharaonique a pour ambition de dresser un bilan de ce que l'on peut savoir, au début du XXIe siècle, des principes et des techniques qui permirent aux habitants du Double-Pays d'édifier, pour leur roi et leur dieu, les édifices cultuels. Réunissant leurs spécialités propres, architecte, géologue et égyptologues ont donné à ce livre une forme neuve en associant, au sein d'un même ouvrage, les données de leurs disciplines. Retracer le cadre géographique, socio-économique et culturel dans lequel s'est épanouie la civilisation pharaonique permet de saisir les raisons qui fondent les règles directrices de la construction et motivent leur quasi-immuabilité: elles sont intrinsèques au paysage d'Égypte. De ses falaises furent extraits les matériaux (granite, grès, calcaire, etc.) plus ou moins proches du Nil, cordon de vie et source de tout déplacement; la crue annuelle rehaussa les points de chargement et de déchargement; le limon mouillé permit de lubrifier les sols pour glisser les charges sans jamais les soulever; rocheux ou constitué d'alluvions, son sol s'offrit à tous les types de fondations; mêlée de sable et de paille hachée, la terre crue donna corps aux millions de briques indispensables à la vie des chantiers. Sans elles, pas de rampes, pas d'échafaudages lourds, installations provisoires indispensables à la mise en place des gigantesques pylônes ou salles hypostyles comme celles de Karnak ou d'Edfou, pourtant séparées dans le temps par plus d'un millénaire. Les mines de cuivre et les gisements de surface fournirent les matières premières des outils métalliques et lithiques ainsi que les produits indispensables à diverses étapes des chantiers: sable abrasif, gypse pour la fabrication du plâtre, ocres des couleurs, etc. L'homme du passé a souvent consigné par écrit ses incessants efforts pour contribuer à maintenir, aux côtés de son souverain, Maât, l'ordre universel. De tous ces textes, seuls quelques uns, les plus évocateurs, ont été présentés. Ils valorisent la mémoire de ces milliers d'ouvriers anonymes, de leurs efforts, leurs astuces, leur bon sens ou leur fatigue.
Les architraves du pronaos du temple d'Horus à Edfou ont conservé la tradition complète d'un cérémonial monarchique d'investiture et de protection annuelle dont les premières attestations apparaissent, sous forme d'extraits, dès le Nouvel Empire. Il faut attendre les sources d'époque ptolémaïque, à Elkâb et Edfou, pour reconnaître l'intitulé général de l'ouvrage sacré, le Rituel pour apaiser Sekhmet. Douze textes, que seul Edfou donne entièrement, mais dans lesquels de multiplesemprunts ont été puisés par la plupart des scribes sacrés des temples ptolémaïques et romains, constituent le recueil complet. Sous l'appellation "Sekhmet", la manifestation dangereuse de l'?il-de-Rê aux changements de cycle, la personnalité divine centrale du jeu liturgique est Temet l'Universelle, Flamme et, surtout, Uræus royal. Lors de panégyries annuelles spéciales, c'est auprès d'elle, qui siégeait alors sur une estrade de cérémonie, que le souverain était introduit pour être reconnu comme le "rejeton" et la "pupille" de l'?il-Oudjat de Rê. Ce volume donne, à partir de la version de base du pronaos d'Edfou, l'éditioncomparée de toutes les versions parallèles d'époque récente, reconnues au fil des extraits et des emprunts, assortie d'une translittération des textes hiéroglyphiques et d'une traduction annotée. Chacun des douze textes abordés est également accompagné d'un commentaire consacré à son contenu théologique.
L'Egypte antique était-elle un Etat impérialiste? L'économie pharaonique pouvait-elle servir de prétexte à un expansionnisme vers le sud comme vers l'est? Ces deux questions, restées jusque-là sans réponses, ont servi de ligne directrice à cet ouvrage. L'originalité de la mise au point proposée réside également dans le choix de ses limites chronologiques - 1800-330 avant notre ère - car les années étudiées constituent une époque cruciale, mais déconsidérée depuis presque un quart de siècle, de l'histoire égyptienne antique. Cette période restait en effet dépourvue d'une étude en langue française tenant compte des plus récentes données acquises par l'avancée de la recherche égyptologique mondiale. La démarche imposait tout à la fois de reconsidérer les sources pharaoniques dans leurs aspects jusqu'ici négligés ou omis, et de les relier plus étroitement à un mode de pensée très spécifique, entièrement façonné par les contraintes du cadre de vie, celui des vieux Egyptiens. II aura fallu, encore, rejeter, l'encombrant et inutile carcan des idées reçues et perpétuées parfois depuis l'Antiquité... En cela, l'ouvrage proposé ici au chercheur, à l'enseignant et à ses étudiants, de même qu'à tout lecteur intéressé, servira de base à une meilleure compréhension et à une vision moderne d'un millénaire et demi de la vie et de l'histoire mouvementée des anciens habitants de la vallée du Nil, dont nos contemporains se sentent de plus en plus curieux, sinon proches. Biographie de l'auteur Jean-Claude Goyon, docteur ès-lettres, est ancien pensionnaire de l'Institut Français d'Archéologie Orientale du Caire (IFAO). Maître de Recherche au CNRS, et professeur d'Egyptologie et Histoire ancienne de l'université Lumière-Lyon II de 1981 à 2000, il a assuré la direction scientifique du Centre francoégyptien d'étude des temples de Karnak. Membre correspondant de l'Institut archéologique allemand, vice-président de l'Association pour la sauvegarde du Ramesseum et président de l'Association pour la conservation, la promotion de la propriété et des archives des frères Champollion, J.-Cl. Goyon est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'étude des textes et de la pensée religieuse des anciens Egyptiens (collections de l'IFAO, de la Brown University de Providence et du MET de New York); il est également co-auteur des deux premiers volumes de L'Egypte restituée (Errance, 1991, 1994).
L'ouvrage offre l'occasion d'actualiser et d'approfondir les connaissances sur François-Joseph Bélanger (1744-1818), l'un des architectes les plus talentueux de son temps. Il excella tout particulièrement dans la conception de l'habitat et des jardins, livrant alors quelques-unes des demeures les plus remarquées de l'Ancien Régime. Mais Bélanger ne fut pas seulement le chef d'orchestre des plaisirs d'un monde finissant : au cours de sa carrière, il traita aussi les programmes les plus divers tels que lotissement, halle, abattoir, bains publics ou encore salle de spectacle. Parallèlement, il mit ses talents au service de la sphère domestique en créant les décors intérieurs les plus originaux du temps.
On ne saurait mettre en doute l'importance des créations du Quattrocento qui ont eu des conséquences dans toute l'Europe. Mais il n'en résulte pas que la Renaissance s'identifie à ce modèle et qu'elle se diffuse ensuite, avec plus ou moins de succès, du " centre " à la " périphérie ". Le but de ce livre est de remettre en cause cette interprétation trop simple qui idéalise l'art de l'Italie centrale, valorise excessivement l'imitation et considère a priori comme des survivances ou des bizarreries ce qui diffère des formes " de référence ", sans chercher à comprendre les processus de réception. En réalité, les innovations les plus intéressantes n'ont pas été le produit d'une " influence " mais le fruit d'une rencontre entre des éléments empruntés à l'art italien, extraits de leur contexte, et les habitudes, les préférences et plus encore les capacités créatrices propres à chaque milieu. D'où la diversité des Renaissances européennes et la beauté singulière de tant d'?uvres qu'il faut apprendre à voir et à apprécier pour elles-mêmes.
Cluny, un grand chantier au c?ur de l'Europe renouvellprofondément notre approche de l'un des plus grandsites de la chrétienté médiévale. Trente-cinq ans aprèl'ouvrage décisif de K.J. Conant, Anne Baud apporte l'éclairage de nouvelles fouilles et de l'archéologie d'élévation, proposant d'autres hypothèses quant au déroulement et aux finalités du grand chantier de la Maior ecclesia, la troisième abbatiale réalisée par Hugues de Semur à la fin du XIe siècle. Les recherches systématiques menées durant plusieurs années dans les vestiges de l'abbaye apportent de nombreuses indications sur les choix esthétiques et techniques des bâtisseurs. Si les monuments antiques ont toujours constitué une référence essentielle pour l'architecture monumentale, le modèle romain est ainsi le seul à même de mettre en évidence les relations très privilégiées qui se sont nouées entre la papauté et la grande abbaye bénédictine. Héritiers des fondateurs de l'Église, les commanditairede Cluny l'ont voulue comparable à Rome
Richardson Tim ; Clauzier Jean-Louis ; Coutrot Lau
Ce splendide livre propose une immersion complète dans les carnets de notes et croquis d'une quarantaine d'architectes paysagers et designers connus et reconnus dans le monde entier. Schémas, dessins et photomontages, accompagnés des explications de leurs auteurs, apportent un éclairage passionnant sur la façon dont sont conçus les plus beaux jardins, paysages et autres espaces extérieurs, en décrivant notamment les différentes méthodes et outils (crayons, feutres, peinture, etc) employés par les maîtres de l'architecture paysagère. Source d'inspiration pour les architectes et paysagistes, professionnels ou étudiants, mais aussi pour tout amoureux d'architecture, ce livre magnifique invite à prendre ou reprendre le crayon pour donner forme à ses idées.
L'architecture est un domaine qui fait la part belle à l'imagination et à l'invention. Mais tout à leur enthousiasme créatif, les étudiants de cette discipline négligent souvent dans leurs projets un paramètre essentiel : la constructibilité, ou comment les idées les plus séduisantes peuvent se heurter au réalisme des règles de la construction de bâtiments. Le mythe de l'opposition entre un architecte rêvant un projet fou et un maître d'oeuvre peinant à le mettre en place n'est pas si éloigné de la réalité. Issu de dix années d'expérimentation pédagogique, cet ouvrage de "culture constructive" explique en douze séquences richement illustrées les lois fondamentales ordonnançant la construction. Il permettra aux étudiants de s'approprier ces concepts essentiels à l'architecture et de fonder leur pratique sur la base de principes réalistes et concrets.
A travers ce manuel, un architecte partage les techniques de dessin qu'il a élaborées depuis qu'il a délaissé ses logiciels pour retravailler entièrement à la main.Ce manuel comprend 74 leçons et 620 illustrations pour se forger un coup de crayon d'architecte à l'aide de principes simples, d'exercices ludiques et d'exemples qui jalonnent toutes les étapes d'un projet d'architecture.Etudiants, artisans, architectes, ingénieurs, décorateurs, bricoleurs ou curieux, ce manuel s'adresse à tous ceux qui ont compris que, parfois, un bon dessin vaut mieux que paroles et longues modélisations !Notes Biographiques : Harrison est architecte, diplômé de Paris Est, au sein du cabinet Delcros associés à Clermont Ferrand. Muni de son stylo-plume et de sa planche à dessin, il exerce dans toute la France.Il partage son métier et ses astuces sur ses comptes Instagram et TikTok @quotidiendarchitectureà ses quelques 192.000 followers.Il est l'auteur d'un 1er livre Vous prendrez bien un peu d'architecture ...
Le cabinet d'architectes CS Studio, fondé en 1989 par la Sud-Africaine Carin Smuts et le Suisse Urs Schmid, s'est démarqué dès l'origine par des pratiques peu conventionnelles qui l'ont porté à s'engager en faveur de projets à fortes dimensions sociales et politiques.