Goulemot Jean-Marie ; Masseau Didier ; Tatin-Gouri
MINERVE
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EAN :9782869310834
Parce qu'elle s'est voulue à l'écoute des problèmes de son temps, la littérature du XVIIIe siècle représente un lieu de réflexion unique dans notre histoire culturelle. Ce vocabulaire propose des notions clés comme bonheur, liberté, nature, raison, vérité. Il donne aussi les moyens d'analyser les innovations littéraires et les emplois détournés de formes anciennes mises au service de la pédagogie des Lumières. D'almanach à ville en passant par bon sauvage, éducation, goût, matérialisme, physiocratie, sensibilité, aucun domaine n'a été négligé : genres littéraires, esthétique, philosophie, politique, science, religion, institutions culturelles... On choisira de lire en autodidacte, de A à Z, ou en braconnier, en sautant d'un lieu à l'autre, sans rime mais non sans raison. On tentera de reconstituer des chaînes et des réseaux, de repérer les conflits et les tensions de l'époque pour en mesurer la singularité et la richesse. Ecriture et pensée constituent les continents propres à chaque siècle : que ce livre facilite la reconnaissance d'un monde complexe où littérature et philosophie ne cessent de se confondre.
Nombre de pages
241
Date de parution
10/10/1996
Poids
330g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782869310834
Titre
Vocabulaire de la littérature du XVIIIe siècle
Auteur
Goulemot Jean-Marie ; Masseau Didier ; Tatin-Gouri
Editeur
MINERVE
Largeur
150
Poids
330
Date de parution
19961010
Nombre de pages
241,00 €
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Avec le tableau Les Hasards heureux de l'escarpolette, Jean-Honoré Fragonard acquit la réputation de peintre galant et ses scènes libertines, fort prisées au XVIIIe siècle, furent très recherchées par les amateurs. Corps féminins, érotisme, instant et mouvement, jeux de mains, lumières, mythologie, nature, satyres et nymphes, verrou... Ce petit dictionnaire suggère seize regards sur l'oeuvre de Fragonard qui ne se limite pas à ses mises en scène allusives, à sa peinture polissonne ou amoureuse. Il propose une exploration éclairée de ce travail d'une grande virtuosité, sensuel et sensible, en résonance avec la littérature, les plaisirs et la culture de son temps.
Résumé : L'ambition de ce livre est de rappeler que la " Philosophie des Lumières " est aussi et d'abord de la littérature. La pédagogie qu'elle met en ?uvre tient à un usage de formes littéraires héritées du passé, réutilisées et animées d'une nouvelle vie ou inventées pour satisfaire de nouvelles finalités. Il ne faudrait pas oublier pour autant que cette adaptation-résurrection ou même institution des formes tient au projet critique de la philosophie, à sa volonté réformatrice, à un imaginaire que le philosophe se fait de lui-même, de sa fonction, de son public, souvent simple interlocuteur textuel, qu'il commence, lui, à appeler opinion. Cet ouvrage se présente donc comme un bilan des pratiques littéraires et des nouveaux modes d'intervention de la philosophie. Ses analyses, toujours illustrées par des textes du XVIIIe siècle, ont recours à l'histoire du livre et de la lecture, à celle des imaginaires littéraires, à l'examen attentif des procédures d'énonciation et des formes. Tout est ici mis en ?uvre pour proposer un regard neuf sur le XVIIIe siècle, une réflexion sur son historicité et une inscription moins traditionnelle de sa modernité dans l'histoire de la pensée et de la culture.
Extrait de la préface de 1975 "Ce travail a été commencé il y a quelque dix ans déjà. De cette durée, je n'ai pas la vaine prétention de tirer gloire ; par son rappel liminaire, je voudrais tenter d'expliquer comment s'est constitué ce livre et esquisser la définition méthodologique d'une recherche dont il n'est que l'aboutissement fragile. (...) Je cherchais comme la Terre promise l'idée de révolution chez les philosophes. En parlaient-ils ? une fiche bien remplie à gauche ; n'en parlaient-ils pas ? une fiche vierge mais accusatrice à droite. Aussi ne me fallut-il guère de temps pour poser les jalons de ce qui était alors pour moi l'histoire de l'idée de révolution au XVIIIe siècle. Il en fallut moins encore pour réduire ce château de fiches en une ruine dérisoire quand je tentai d'analyser le sens d'une telle démarche. N'était-il pas évident que ma quête de l'idée de révolution relevait d'une définition a priori des Lumières qui était un reçu idéologique. A bien y regarder, le siècle pour moi prenait son sens de 1789 qui expliquait le siècle tout autant que le siècle l'expliquait. En même temps, je découvrais que 1715 n'était ni un commencement ni une fin, et il me fallait admettre que cette histoire avec son aube, son terme et son profil était mon oeuvre. Si je tenais l'idée de révolution pour présente dans ce siècle, c'est qu'une révolution en marquait le terme. Je projetais sur lui, pour le construire, une révolution qui l'ordonnait et dont il était le porteur. 1789, sans que j'en eusse conscience, inscrivait dans les faits une germination qui d'abord avait eu lieu dans les esprits. Jamais, je devais me l'avouer, je n'aurais eu le projet d'aller chercher cette même idée de révolution dans le XVIe ou le XVIIe siècle. D'autre part, si j'avais choisi de décrire là une idée de révolution, c'était aussi parce que cette idée était en moi, partie intégrante de mon idéologie, fantasme douillet, et rien alors ne m'interdisait de penser qu'à travers 1789 je la projetais dans ce passé qu'elle construisait, à la fois critère et ciment, tandis que par elle j'y retrouvais quelques-uns des garants dont j'avais tant besoin". Jean-Marie GOULEMOT