Pierre Goubert écrit dans son introduction : "J'ai éprouvé le désir et presque le besoin de m'intéresser à tous les hommes, et non seulement à ceux qui brillèrent par leur naissance, par leur état, par leur fonction, par leur richesse ou par leur intelligence. En une France d'abord paysanne, j'ai essayé de connaître les paysans. En des villes ou dominaient les "arts méchaniques" et la "ville populace", je n'ai pas voulu limiter mon enquête aux grands marchands et aux officiers, minorités quand même". Son ouvrage est fondamental ; il a renouvelé les connaissances sur la France réelle, celle des provinces, de ce XVIIe siècle "souffrant", plus vrai que le siècle de Louis XIV. S'appuyant avant tout sur des documents locaux de première main, l'historien privilégia le quantitatif et le "sériel" comme les "meilleurs éléments de l'histoire économique et sociale". Son enquête approfondie dans le laboratoire beauvaisin, le croisement d'un riche corpus de sources, lui permirent de décrypter l'envers du Grand Siècle et d'en renouveler la vision classique des historiens. Pierre Goubert sut ainsi rendre compte des diverses couches de la population du Beauvaisis, à la ville comme à la campagne, s'intéressant aux structures démographiques et économiques, aux hiérarchies sociales, comme à l'évolution et aux effets de la conjoncture d'un large XVIIe siècle, affecté par des crises de subsistances chroniques, des surmortalités et des troubles sociopolitiques. Cette ouvrage est la réédition d'un grand classique de l'histoire sociale dans la collection "Les classiques de la Sorbonne".
Date de parution
13/06/2013
Poids
776g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782859447403
Titre
BEAUVAIS ET LE BEAUVAISIS DE 1600 A 1730
ISBN
2859447407
Auteur
GOUBERT
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
130
Poids
776
Date de parution
20130613
Disponibilité
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Pierre Goubert propose ici un choix d'histoires courtes, d'inspiration et de facture diverses. S'il fallait leur chercher un point commun, on le trouverait peut-être dans un désir de fixer un moment de la vie des principaux personnages, d'où des coups de projecteur, le recours à des techniques empruntées au cinéma, au théâtre, à la télévision, qui permettent de situer ce qui se passe sur le rectangle de la page comme sur un écran. Les phrases peuvent y trouver place en fonction de l'endroit d'où viennent les voix ou de la situation des objets. On pourra en craindre une lecture plus difficile. Il n'en est rien. Ces procédés visuels (dont il est fait un emploi mesuré) vont au contraire dans le sens d'une plus grande simplicité.
Pierre Goubert a publié aux Lettres du Monde deux volumes de poèmes qui ont généralement été bien reçus, ce qui le détermine à proposer un troisième volume - probablement le dernier - à l'attention de ses lecteurs. Comme le précédent, il contient quelques traductions libres en vers de Blake et de Keats, des réactions au spectacle de quelques tableaux de maître, des " chansons des rues et des bois ", plus souvent des bois que des rues. Davantage que précédemment, l'auteur laisse parler des convictions qui lui sont chères : ainsi sa foi chrétienne, son amour du pays natal, son dégoût pour la Révolution française. Cela devrait suffire, je pense, à le marginaliser. Comme il existe aujourd'hui en France un politiquement correct auquel on se réfère d'instinct, il existe aussi un esthétiquement acceptable auquel on ne peut échapper sans dommage. Il est à craindre par suite que ce recueil ne rencontre de la part d'arbitres du goût résolument modernes qu'un silence réprobateur et sourcilleux.
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.