Ceci est l'édition bilingue de l'un des livres les plus déroutants, les plus poignants de la poésie russe du vingtième siècle. Pourtant, hormis une publication très partielle dans une revue confidentielle en 2002, il n'a pas encore vu le jour en Russie. Le poète Guennadi Gor (1907-1981) ne figure dans aucune anthologie ou histoire de la poésie russe. Les raisons d'un tel silence sont d'ordre à la fois idéologique et esthétique. Tout d'abord, le poète s'est révélé à lui-même dans les conditions exceptionnelles du siège de Léningrad, le plus meurtrier de l'histoire, qui s'il n'occupe toujours pas la place qui lui revient dans notre mémoire a été aussi fortement élimé et défiguré en Union Soviétique, voire dans la nouvelle Russie. Bien que Gor aborde un sujet tabou tel que le cannibalisme provoqué par la terrible famine qui fit plus d'un million de morts, son livre est toutefois à cent lieues d'une chronique réaliste: ce sont les poèmes d'un homme qui vécut le siège dans sa chair et dans son esprit, jusqu'aux limites de l'horreur et de l'épouvante, du dicible, et qui, par la poésie, va s'efforcer d'y échapper, de survivre à la faim et à la folie toute proche, à la mort elle-même qui se résorbe dans le rêve pareil aux fleuves purificateurs de son enfance.
Nombre de pages
228
Date de parution
21/10/2010
Poids
260g
Largeur
120mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782842422745
Titre
Blocus. Edition bilingue français-russe
Auteur
Gor Guennadi ; Abril Henri
Editeur
CIRCE
Largeur
120
Poids
260
Date de parution
20101021
Nombre de pages
228,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Avec La Vache, c'est un monde d'images et de représentations inédit qui s'ouvre au lecteur francophone. Le roman traite pourtant d'une période historique connue, celle, tragique, de la collectivisation et de la dékoulakisation. Mais dans ce texte, écrit en 1930, Guennadi Gor la peint aux couleurs de l'utopie révolutionnaire. Ici, la collectivisation est présentée comme la victoire du Nouveau contre l'Ancien. Elle se fait dans une atmosphère joyeuse, dirigée par le camarade Molodtsev, un activiste venu de Leningrad, et portée par les enfants ainsi que par une paysanne illettrée, Katerina, capable à elle seule d'organiser l'élevage du kolkhoze. Si, en véritable " conte soviétique ", le roman reprend toute l'imagerie de la révolution, le jeu, habile sur les formes et les couleurs, empruntant tant à l'art pictural que cinématographique, en fait une ?uvre d'une profonde originalité. Ce récit, Guennadi Gor refusa de le publier, par peur d'encourir les foudres du pouvoir. Longtemps oublié, l'auteur, aujourd'hui comparé à Andreï Platonov, retrouve sa place, au moment où la Russie redécouvre son histoire et sa littérature du XXe siècle.
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.