Les livres de morale, shanshu sont encore peu étudiés et traduits en langues occidentales en dépit de leur importance fondamentale dans la pratique sociale, éthique et religieuse de la Chine moderne, depuis le XIIe siècle jusqu'à nos jours. On peut les définir comme des ouvrages consacrés à exhorter leurs lecteurs, par le raisonnement et l'exemple, à se conduire vertueusement. Ces exhortations se fondent sur la notion, commune à l'ensemble de la religion chinoise, de la rétribution morale des actes (bao), notion que l'on trouve également exprimée, quoique sur des bases théologiques distinctes, dans les classiques des Trois enseignements (confucianisme, bouddhisme et taoïsme). Par religion chinoise, il faut entendre l'ensemble des croyances et pratiques faisant appel aux ressources (textes, clergés, rites, symboles) des Trois enseignements tout en étant le plus souvent largement indépendants. Les livres de morale, en accord avec les trois religions, affirment que tout acte vertueux (shan) entraîne, immédiatement ou à terme, des conséquences favorables des bénédictions, fu, tandis que les actes vicieux (e) entraînent des conséquences défavorables des malédictions, huo. Ils mettent en garde le lecteur contre les punitions qu'entraînent les péchés et les enjoignent à faire leur salut en détaillant de façon concrète un programme de vie pure menant à une bonne mort voire à la divinisation. Leurs thèmes principaux de réflexion sont le respect des dieux et des règles de pureté rituelle qui leur sont associées, la libre circulation des êtres et des biens ainsi que les Cinq normes sociales, très marquées par le confucianisme, qui déterminent les liens entre parents et enfants, mari et femme, frères aînés et cadets, souverain et sujet, ami et ami. Vincent Goossaert est historien, directeur d'études à l'EPHE et directeur adjoint du GSRL (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités, EPHE-CNRS). Il travaille sur l'histoire sociale de la religion chinoise moderne, et s'intéresse particulièrement au taoïsme, aux spécialistes religieux, aux politiques religieuses et à la production des normes morales. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages seul ou en collectif, dont La Question religieuse en Chine (avec DA Palmer, 2012).
Date de parution
04/12/2012
Poids
400g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782251100111
Titre
LIVRES DE MORALE REVELES PAR LES DIEUX
Auteur
GOOSSAERT VINCENT
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
125
Poids
400
Date de parution
20121204
Nombre de pages
0,00 €
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Dans le taoïsme comme dans toutes les traditions religieuses, l'hagiographie est un genre majeur. Les récits sur la vie des saints et des dieux constituent en effet des exposés aisément accessibles des principaux aspects de la religion, dont sa doctrine, sa morale et sa liturgie. Ils sont mobilisés comme outil de propagation et de prédication et donnent à voir les valeurs fondamentales et le modèle de vie de cette religion. Au sein de la longue tradition hagiographique taoïste qui s'étend sur deux millénaires, les Vies des saints exorcistes se consacrent à un type particulier qu'elle définissent : les pratiquants des nouveaux rites exorcistes qui connaissent un grand succès à partir du XIe siècle. Ces saints nouent une alliance fusionnelle avec des divinités martiales effrayantes, et ces couples ainsi formés vivent au sein du peuple dont ils soignent les malheurs avant de monter au Ciel et devenir des dieux. Deux ouvrages complets, datés du XIe et du XIIIe siècle, sont traduits ici, ainsi que onze récits plus courts qui tous se présentent comme des variations sur un même modèle de vie qui représente tout un pan encore peu connu de la culture chinoise depuis un millénaire.
La "divinisation de soi" constitue en Chine une option originale dans l'éventail des possibles destins posthumes de l'individu. Dans ce livre, Vincent Goossaert réévalue le modèle d'un au-delà chinois peuplé d'ancêtres, et remet en lumière une alternative tout aussi crédible, si ce n'est plus enviable : celle pour l'homme de devenir un dieu. Ce faisant, le livre retrace les grandes étapes de l'histoire des conceptions et pratiques religieuses de la divinisation, de l'Antiquité à nos jours. Loin de la vision répandue d'un imaginaire funéraire essentiellement tourné vers le culte des ancêtres, la Chine se présente ici comme un terrain d'expérimentation des destins individuels au-delà de la mort.
Contrairement au bouddhisme, diffusé dans le monde entier, le taoïsme reste peu connu en Occident, sinon par le biais de ses pratiques corporelles tel le Tai Chi (taiji) ou par des traductions trop souvent déformées du célèbre Daodejing ou Tao Te King, le "Livre du Dao et de sa Vertu" attribué à Laozi (Lao Tseu). Le taoïsme est indissolublement lié à la culture chinoise, savante mais aussi populaire. Les premiers textes taoïstes connus apparaissent vers le Ve siècle avant notre ère, issus de cultes et de mouvements divers qui en viennent progressivement à former l'une des trois religions officielles, avec le bouddhisme et le confucianisme. En écartant les préjugés et les fantasmes sur les sagesses orientales, supposées radicalement différentes de notre propre expérience, Vincent Goossaert et Caroline Gyss montrent que le taoïsme, comme les autres grandes religions mondiales, est un ensemble cohérent, élaboré au cours de quelque 2 500 ans et plus que jamais vivant aujourd'hui. Il intègre à la fois une dimension mystique et individuelle, une description de l'univers, des règles morales et une vision de la société, une liturgie et des rituels, des sanctuaires et des arts - musique, peinture, calligraphie.
Résumé : "Une enfance pieuse, studieuse, où déjà, comme un mot d'Hadrien en témoigne, se révèle le trait spécifique du caractère, l'entière sincérité ; une jeunesse chaste, de bonne heure associée aux responsabilités du gouvernement, sans que les soucis et les charges portent aucune atteinte à la spontanéité ou à l'intensité de la vie intérieure ; l'âge mûr et la vieillesse voués sans réserve au service de l'Etat et aux intérêts de l'humanité, en un temps où les difficultés furent rudes et qui connut même des dangers graves ; enfin, laissé après soi et parvenu jusqu'à nous, un petit livre, quelques feuillets, mais si pleins, où survit et transparaît une âme aussi haute que pure, tel fut le destin de Marc-Aurèle, destin privilégié, auquel semblent avoir également collaboré - comme pour justifier les dogmes de l'école à laquelle l'empereur philosophe a adhéré si fermement - la raison souveraine qui distribue son lot à chacun et la volonté éclairée de l'homme à qui ce lot était échu." Aimé Puech, extrait de l'introduction (1947).
Le monde ancien des Babyloniens est longtemps resté méconnu, réservé à quelques érudits. Grâce à des découvertes exceptionnelles, notamment celles de dizaines de milliers de textes, rescapés des destructions, ce monde révèle ses secrets après quatre mille ans de silence. Daniel Bonneterre propose de suivre la vie quotidienne en passant " par la cuisine " pour faire découvrir l'univers des cuisiniers du roi, maîtres en transformation des ingrédients et respectueux des cultes. L'enquête traverse les palais contemporains du roi Hammourabi de Babylone, autour de 1750 av. J.-C. pour décrire les nourritures, les ingrédients, les plantes, quelques créatures étranges, les interdits alimentaires et les dangers qui les accompagnent. Quels étaient ces dangers, ces moyens, ces recettes des chefs ? Quel en est aujourd'hui l'héritage ? Les manières de table ont-elles leur origine à Babylone ? Pour répondre à ces questions, et à bien d'autres, Daniel Bonneterre a réuni une vaste documentation faite de mythes, de récits, de pièces de la correspondance, celles des rois, des prêtres et des femmes de pouvoir, des textes pris sur le vif. L'accent est mis autant sur les pratiques sociales et religieuses (hospitalité, convivialité, esthétisme, interdits) que sur la culture matérielle, garante d'une tradition efficace (hygiène, santé). Les découvertes présentées ici sont aussi surprenantes qu'inédites : les logiques symboliques à l'oeuvre dans le monde culinaire ancien sont décryptées pour la première fois.
Le nord, le sud, l'est et l'ouest : toutes les sociétés, ou presque, recourent aux directions cardinales pour s'orienter. Depuis des millénaires, les quatre points cardinaux sont indispensables a` la navigation. Au coeur de l'imaginaire, de la morale et de la géopolitique de la plupart des civilisations, ils n'en restent pas moins subjectifs - et parfois contradictoires. L'historien Jerry Brotton nous invite à découvrir ces directions en fonction de la position spatiale et temporelle des communautés humaines qui en font usage. Il nous explique pourquoi telle ou telle culture en privilégie une plutôt qu'une autre et pourquoi aucune société ne s'est jamais orientée vers l'ouest. De nos jours, cependant, en vertu du GPS, les points cardinaux s'avèrent moins pertinents. Grâce aux applications géospatiales, nous nous situons au centre de la carte sous la forme d'un point bleu qui nous déconnecte du monde naturel. En imaginant les bouleversements que la technologie pourrait imposer a` l'avenir, Jerry Brotton nous rappelle a` quel point les directions cardinales ont été cruciales depuis que nous parcourons la planète.
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Biographie de l'auteur Rabbin et docteur en philosophie ; Directeur du Centre de recherches et d'études juives Aleph, à Paris (en 1989) ; Professeur de philosophie et de littérature comparée, associé à l'Université de Bar-Ilan, Israël (en 2003)EditeurTraduisit de l'hébreu et de l'allemand en français