Après Le Vol du loriot (2005) et Le Séjour (2009), ce nouveau livre est le troisième de Jacques Goorma que publient les Éditions Arfuyen. Sous son apparence énigmatique, son titre résume ce que doit être un livre de poèmes : un remerciement et une offrande. Car ce À n'est autre que celui qui introduit un hommage, une adresse ou une dédicace. Poèmes offerts donc « À l'hôtesse », « À la mort », « À l'invisible centre », « À l'épreuve », « Au désarroi », « Au ciel », « À la solitude », « À l'aimée », « À l'amour ». Et tant de présences imposantes dans chacune de nos vies. Mais aussi « À la chevelure, « Au doute », « Au sourire », « Au grain de sable », « À l'errance immobile ». Mais encore « À la mystérieuse espé-rance » : « quand il ne reste rien / et que brille entre tes mains / l'os de la lune » Exécuteur testamentaire de Divine, la fille du poète-philosophe Saint-Pol-Roux (1861-1940), Jacques Goorma a consacré au « sage de Camaret », à celui qu'André Breton désignait comme « le seul authentique précurseur du mou-vement dit moderne » de nombreux essais et travaux d'édition, chez Rouge-rie, Seghers et Poésie-Gallimard. En marge de ses travaux de recherche et de son action au service des poètes, Jacques Goorma est surtout l'auteur d'une oeuvre ambitieuse et juste, publiée chez de nombreux éditeurs. On se bornera à citer : Peau-pierre (Henry Fagne, 1975) ; Nue (Rougerie, 1987) ; Signes de vie (Lieux Dits, 1994) ; Lucide silence (Lieux-Dits, 2000) ; Parfois (Le Drapier, 2002). .
Nombre de pages
133
Date de parution
04/05/2017
Poids
174g
Largeur
132mm
Plus d'informations
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EAN
9782845902534
Titre
A. Hommages, adresses, dédicaces
Auteur
Goorma Jacques
Editeur
ARFUYEN
Largeur
132
Poids
174
Date de parution
20170504
Nombre de pages
133,00 €
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Au fil des jours, l'envol devenait plus immédiat. Le rapt, plus fulgurant. Il n'était plus question d'une ascension pénible et progressive mais d'un envol aisé et subit. Il me suffisait de savoir où et comment regarder pour rejoindre aussitôt le centre, voir que j'étais ce ciel, cet espace sans contour, immaculé et resplendissant et m'accroupir au-dessus des mondes.
Les choses et le monde sont au séjour ce que les mots et la parole sont au silence. Le silence est le séjour des mots. Le séjour est le silence du monde. Il est ce qui entend derrière l'oreille, ce qui voit derrière les yeux, ce qui sent à travers la peau. Pas de timbre sans silence, pas de teinte sans lumière et sans vie nul frémissement. Jacques Goorma.
Ce n'est pas un hasard si figure en couverture de ce nouveau livre l'idéogramme kou, en chinois " bouche ". Ce signe se réfère bien sûr d'abord aux petites ouvertures qui donnent leur titre au livre : cette " petite lucarne / ouverte // au fond /du tableau " qui semble le faire communiquer, conne dans un tableau de Vermeer, avec un autre monde. Mais ce signe désigne aussi la bouche béante dans l'instant de 'émerveillement : " elle est venue, dit le poète / l'inattendue l'éblouissante // sitôt / disparue ". Innombrables sont ces instants pour qui sait les accueillir et chaque poème en est comme la trace, peut-être aussi peut-être la clef. Car, écrit Goorma " nul / ne rencontre le poème // sans / se rencontrer ". Le poème n'est pas simple souvenir, mais principe actif. Il nous aide à voir et à entendre. Comme le poète, le lecteur qui vit profon-dément le texte doit pouvoir éprouver lui aussi cette étrange impression : " je m'éveille soudain / regardant tout autour // comme venant / de tomber du ciel ". C'est alors que subitement la lucarne s'ouvre à la vision : " le soir appuie / son front noir // sur la vitre / et te regarde ". Et c'est alors que se fait sensible, dans un parfait silence, le passage de la grâce. Car toujours, rappelle le poète, " l'effroi est /grand ouvert // au vertige / de la grâce. " Et ce sont au contraire l'habitude et le confort qui nous empêchent de la recevoir. Au plus sombre des jours, la grâce reste présente en nous : " par le sourire en nous / de la clarté // la grâce demeure / invaincue ".
Ce huitième ouvrage de Maître Eckhart aux Éditions Arfuyen aborde l'oeuvre latine avec un court traité, le Commentaire du Notre Père, traduit ici pour la première fois. Son intérêt est double : d'une part, c'est une réflexion sur un texte fondamental et connu de tous, le Notre Père, et qui s'adresse donc à un public plus large ; d'autre part, le Commentaire mobilise l'ensemble de la culture d'Eckhart et permet de mieux comprendre ses sources, de Cassien et Augustin à Jean Chrysostome et Maxime le Confesseur. Quant à la magnifique Prière de Maître Eckhart, elle est ici publiée pour la première fois en édition bilingue (trad. Gérard Pfister) et en traduction intégrale. Le Commentaire du Notre Père apparaît dans deux manuscrits, dont le célèbre manuscrit de Cues de 1444. L'attribution du Commentaire à Eckhart est néanmoins certaine, du fait de nombreuses similitudes avec d'autres oeuvres eckhartiennes. Eckhart y fait lui-même expressément allusion dans son Commentaire sur l'évangile de Jean. Le Commentaire du Notre Père propose une méditation sur la prière chrétienne. Prier, c'est s'adresser à Dieu et lui parler. Eckhart insiste également ici sur le caractère communautaire et ecclésial de la prière. Enfin, la prière du Notre Père n'est pas seulement un modèle pour les hommes, elle est aussi et surtout la prière du Christ lui-même. Prier, c'est donc entrer dans la prière du Christ, se conformer à lui, et devenir Fils du Père. Le rapprochement entre l'oeuvre latine et l'oeuvre allemande permet ainsi de montrer que les expressions les plus audacieuses d'Eckhart trouvent en réalité leur fondement dans la tradition la plus classique. Éric Mangin, prêtre diocésain, est chargé de cours à la faculté de philosophie de l'université catholique de Lyon et membre de l'équipe de recherche sur les mystiques rhénans. Marie-Anne Vannier, professeur à la faculté de théologie de l'université de Metz, a déjà préfacé trois ouvrages d'Eckhart parus dans la même collection.
Après Maître Eckhart et Thérèse d'Avila, ce livre est le 3e de la collection "Ainsi parlait". Pourquoi Sénèque ? "Sénèque fascine ; Sénèque irrite, écrit Louis Gehres. Déjà Néron supportait mal ce trop sage précepteur ; et la postérité n'a pas fini de s'en agacer. La gloire, la richesse, le pouvoir, tout lui a été donné. Mais il se pique de ne se soucier que de sagesse." Le destin de Sénèque ne fut pourtant pas dépourvu d'épreuves : le bannissement en Corse, la mort de son fils, mais surtout le suicide en 65, sur ordre de Néron. Tacite a donné des derniers instants de Sénèque un récit dont la grandeur évoque, bien sûr, la mort de Socrate. Son oeuvre acquiert là une signature de vérité qui en change la lecture.