Stella Incognita : Science-fiction et mondes urbains
Goffette Jérôme
BOOKS ON DEMAND
13,00 €
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EAN :9782322456864
La science-fiction aime à s'emparer de la ville, qui en devient un personnage avec ses traits de caractère et ses humeurs. Souvenons-nous de Blade Runner (R. Scott) et de son Los Angeles lépreux, de la ville basse et de la ville haute de Gunnm (Y. Kishiro) ou du Roi et l'oiseau (P. Grimault), de la ville cachée des Seigneurs de l'Instrumentalité (C. Smith), de la ville panoptique de Nous autres (E. Zamiatine) ou de La Zone du dehors (A. Damasio), de la ville-immeuble hypersexuelle des Monades urbaines (R. Silverberg), de la ville-planète de Trentor (I. Asimov) ou Coruscant (G. Lucas), de la ville pourrissante de I Am Legend (R. Matheson) ou de La Foire aux immortels (E. Bilal), de la ville fiévreuse de Paris au XXe siècle (J. Verne) ou de Brüsel (F. Schuiten et B. Peeters), etc. La science-fiction rêve la ville et déploie ses imaginaires multiples. Elle le fait en s'emparant à la fois de sa matière (immeubles, réseaux, tuyaux, voiries...), de ses strates historiques (symboles, traces, plans...) et de ses projections vers l'avenir (rénovations urbaines, métamorphoses sociétales...). C'est une rêverie de chair, d'amour et de haine adressée à la ville, un révélateur des foisonnements potentiels infinis des villes. Ce livre collectif ne prétend à aucune exhaustivité, mais il montre déjà l'extraordinaire richesse des mondes urbains dans la science-fiction sous toutes ses formes (livres, bande dessinée, film, série, jeu vidéo, arts).
Nombre de pages
332
Date de parution
23/08/2022
Poids
483g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9782322456864
Titre
Stella Incognita : Science-fiction et mondes urbains
Auteur
Goffette Jérôme
Editeur
BOOKS ON DEMAND
Largeur
148
Poids
483
Date de parution
20220823
Nombre de pages
332,00 €
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L'auteur de cet essai explore l'imaginaire de l'intériorité corporelle dans quelques oeuvres de science-fiction (L'Homme truqué de Maurice Renard, La Musique du sang de Greg Bear et Le Voyage fantastique de Richard Fleischer), en prenant comme grille d'analyse la vision du milieu intérieur chez le médecin et physiologiste Claude Bernard.
Lunettes, stimulateurs cardiaques, prothèses dentaires, audioprothèses, implants mammaires, bras mécatroniques, etc. : notre monde nous plonge de plus en plus dans un univers de prothèses (l'âge venant, peu d'entre nous y échappent). Cette hybridation passe presque inaperçue alors même qu'elle change nos vies et notre quotidien. Elle concerne des aspects à la fois variés et essentiels : les gestes moteurs, les perceptions, l'expression de soi, l'esthétique, l'identité, l'interface et la connexion avec le monde. Les prothèses peuvent compenser une capacité défaillant. Elles peuvent aussi apporter des capacités modifiées voire inédites. Elles transforment la relation que nous entretenons avec le monde, avec autrui et avec nous-mêmes. Certaines prothèses ne relèvent plus de la compensation mais de l'augmentation ou de la modification d'une capacité ordinaire. Il semble ainsi bienvenu d'étudier l'abondante source de réflexions prothétiques qu'apporte la science-fiction sous toutes ses formes (roman, film, bande dessinée, design, jeu vidéo, art...) Les contributeurs et contributrices de cet ouvrage révèlent la richesse et la profondeur des explorations que la science-fiction a produites depuis plus d'un siècle. Elle nous donne à vivre une multitude d'expériences par procuration qui mêlent anticipations, rêveries, interrogations personnelles et questions sociopolitiques. Cet ouvrage académique a bénéficié de l'évaluation d'un comité de lecture universitaire associant la société savante Stella Incognita et l'Association Académique pour les Humanités (AAH). Il est aussi le fruit d'une collaboration avec le consortium de recherche Corps et Prothèses (corps-protheses. org).
Ce petit ouvrage dense mais accessible veut apporter plusieurs contributions originales à l'éthique et à la philosophie politique. La cohérence de leur ensemble peut former l'assise d'un nouvel humanisme. La réflexion part du constat que la condition humaine, tissée d'essence et d'existence, est à la fois un état et un projet. De plus, le sujet humain est autant un "nous" qu'un "je", autant une personne commune qu'une personne individuelle. Prenant le contre-pied de la lutte du maître et du serviteur de Hegel, l'existence d'un "nous" requiert de mettre de côté la dialectique de la domination pour adopter la dialectique de la curiosité. Elle seule permet à soi et à l'autre une reconnaissance mutuelle comme conscience de soi d'égale valeur, ce qui fonde la dignité, la complicité humaine, et un monde commun partagé avec l'autre. Ainsi, l'éthique et le politique reposent sur cet espace du "nous", qui est d'abord un espace "avec". Penser à la fois le "je" et le "nous" conduit à approfondir et compléter la formulation de l'impératif de Kant, en intégrant éthique et politique, respect de l'autonomie des personnes individuelles et respect de la synomie (syn- : "avec" en grec) des personnes communes. Dans cet esprit, mieux que le modèle du consentement, il faut penser selon le modèle de l'accord pour que le "nous" ne résulte ni de la contrainte ni de la pression. De même, comme toute personne est responsable de ses actes, il convient de mieux penser les responsabilités individuelles et collectives. L'auteur montre les implications sur quatre aspects importants dans nos vies : 1° exiger l'établissement d'un vrai contrat démocratique au lieu des délégations semi-démocratiques actuelles, qui favorisent le mensonge, 2° lutter contre l'intoxication publicitaire et consumériste, qui nous donne une fausse image du monde réel, nous harponne sans notre accord et fait pression sur nous, 3° rétablir et renforcer les systèmes de garantie de vérité pour dégonfler l'inflation des affabulations dans le tissus de nos cultures, 4° promouvoir dans le cadre du travail un "nous" humaniste, en décourageant par exemple les techniques délétères de management désincarné. Ce manifeste se conclut sur une réflexion métaphysique : l'être humain et l'humanité ne sont ni infinis ni finis, mais transfinis, sans cesse à la recherche d'eux-mêmes. Cette situation même est la condition humaine. Notre devoir est que nos vies s'épanouissent et notre humanitude se densifie le plus possible.
La médecine fait rêver dans de multiples directions : de la mort soudainement éloignée jusqu’aux cauchemars du corps ouvert, de la figure bienveillante jusqu’à la profanation, de l’antalgique salvateur jusqu’à d’horribles supplices. Alors que le corps intérieur nous est obscur, la science-fiction, le fantastique, la Fantasy et l’horreur nous font découvrir des paysages du corps splendides, étonnants ou répugnants, mais toujours prenants. Pourquoi cette profusion de l’imaginaire médical ? Avec une médecine aujourd’hui rationnelle, on s’attendrait à la fin des passions imaginatives, mais au contraire la science médicale nouvelle a démultiplié les perspectives. La prolifération de l’imaginaire médical est naturelle, car la littérature et le cinéma aiment ses images fortes. Les effets de science sont aussi des effets de fiction et de merveilleux. Le lecteur comprendra l’intérêt de ce travail collectif (grâce au réseau CERLI), mais aussi notre humilité, car nous n’épuisons en rien la thématique.