La dislocation est l'événement qui affecte l'espace contemporain. Mais on peut dire tout aussi bien que cet événement était contenu de manière immémoriale dans l'espace lui-même qui est, par définition, une puissance d'écartement et de dispersion. Les mythologies du Lieu, les représentations du Monde empêchaient toutefois cet événement d'éclater au grand jour. Cette survenue de la dislocation n'a rien, en soi, de catastrophique. Elle signifie simplement que les espaces désormais flottent librement, détachés, insuperposables à quelque image du monde que ce soit, désamarrés de tout système cosmique, de toute croix orientante. Ni lieux, ni non-lieux, des espaces - des esplaces - naissent et meurent au travers de processus complexes : construction, architectures, devenirs qui emportent la citadinité, gestes et attitudes d'habitants et de passagers. La description de ces espaces relève donc à la fois d'une poétique de l'architecture et d'une reprise de la question concernant le sens de l'habitation du monde.
Nombre de pages
336
Date de parution
05/04/2018
Poids
223g
Largeur
108mm
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EAN
9782864329763
Titre
La dislocation. Architecture et philosophie
Auteur
Goetz Benoît ; Nancy Jean-Luc
Editeur
VERDIER
Largeur
108
Poids
223
Date de parution
20180405
Nombre de pages
336,00 €
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Théorie des maisons vise à mettre au jour - chez les penseurs modernes et contemporains parmi lesquels Benjamin, Deleuze, Derrida, Heidegger et Lévinas - une architecture qui, très souvent, ne se manifeste pas explicitement. L'auteur se propose de nommer cette architecture cachée: "une maison", la maison des philosophes. Cette maison, qui n'est pas toujours thématisée et dessinée dans ses contours, il s'agit de chercher à la localiser et à la rendre perceptible, comme dans ces jeux de devinette où une figure surgit d'un coup et saute aux yeux. Cet essai engage ainsi à un déplacement du regard. La "maison" ne se réduit plus aux visions du monde que le lecteur serait invité à habiter. Une maison n'est pas une image (pas plus qu'un visage n'est une image). C'est, au contraire, à partir de la maison que le monde se dispose pour être éventuellement contemplé en une vision. Théorie des maisons n'est pas une réflexion sur la maison qui est en vue mais elle cherche à montrer que la maison est un instrument de la vision.
Reposer la question du sens de l'architecture. Telle est la proposition. Des définitions anciennes nous reviennent, nombreuses. Très longtemps, on a su ce qu'était, ce que devait être l'architecture. A travers le prisme de cet héritage éclaté, la question cependant, demeure. L'énigme de l'architecture n'est sans doute pas séparable de la question que l'humanité se pose à elle-même, au moment où l'ensemble des significations dont elle a fait usage pour assigner un horizon semble épuisé. Comme l'homme lui-même, avec qui elle partage cette condition, l'architecture ne se laisse pas facilement fixer en une formule ou une figure universellement partagée. Quel est donc le lieu de l'architecte? De quoi l'architecture est-elle en charge? Il s'agit de relancer les dés et de saisir la chance de l'indéfinition.
Dans Art et existence, Maldiney déclare : "Pour nous, habiter, c'est exister". Le présent ouvrage tend à déplier, prolonger, articuler et épaissir ce postulat en entrelaçant architecture, ville, paysage, littérature et philosophie. Il reprend les lignes synergiques d'un travail de recherche de longue haleine mené dans une perspective écosophique. Une telle attitude explore un art d'exister dans la multiplicité, la singularité et l'ouverture, en manifestant le caractère critique par une réinterprétation des nouages des trajectoires du temps, de l'humanité et de son devenir. Insister sur ce qui est entre les choses et les êtres comme sur ce qui advient, régénérer, recycler, revivifier, économiser, diversifier, ménager, recréer, méditer..., autant d'écorythmes d'un autre type entre humain et non-humain, pour s'envisager au monde.
Novembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.
L'héroïne de Boulder gagne sa vie comme cuisinière sur un vieux navire marchand. C'est la situation parfaite : la solitude, le provisoire, une cabine et l'océan, un port où rencontrer des femmes. Jusqu'à ce qu'un jour l'une d'entre elles réussisse à l'arracher à la mer et à l'entraîner dans l'aventure d'une procréation assistée. Qu'est-ce que la maternité va provoquer chez cette femme qu'elle a rencontrée dans un bar en Patagonie ? Et elle, acceptera-t-elle de se laisser enfermer entre les quatre murs d'une maison pour faire mentir le surnom de Boulder que lui a donné son amoureuse, et qui désigne des grandes roches isolées au milieu du paysage dont personne ne sait d'où elles viennent ni pourquoi elles sont là ? Le ton ironique, les évocations érotiques sans fausse pudeur, le style implacable et vibrant comme le personnage, tout contribue à faire de ce deuxième roman un texte rebelle intense et poétique.