On a longtemps pensé que l'avènement de la démocratie annonçait la fin de la censure. On s'est plu alors à dénoncer les excès d'un passé révolu et à railler les interdits "caricaturaux" des Etats totalitaires, afin de mieux flatter nos régimes démocratiques. Pourtant, malgré l'allégement de l'arsenal juridique en la matière, la censure reste en Europe une question d'actualité, qui révèle par ailleurs les apories du droit. Le terme aujourd'hui ne s'applique plus rigoureusement à l'organe de contrôle, ni même aux règles juridiques qui condamnent une certaine forme d'expression. Il désigne un ensemble de mécanismes officiels ou confidentiels et une multitude d'acteurs plus ou moins légitimes, qui interdisent, réprouvent ou punissent une expression considérée comme dangereuse pour une communauté entière ou pour un public jugé plus particulièrement vulnérable. Ce qui frappe à travers l'ensemble des communications présentées lors de ce colloque, et rassemblées dans ce recueil, c'est en effet, l'extraordinaire plasticité de la censure. Difficile à saisir, elle meut à volonté, selon la nature des sociétés, les hommes ou les croyances. Variable dans ses motifs, polymorphe, elle surprend aussi, produisant parfois les effets contraires de ceux qui étaient attendus.
Nombre de pages
142
Date de parution
28/03/2011
Poids
185g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296547636
Titre
Censure et libertés : atteinte ou protection ?
Auteur
Goedert Nathalie
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
185
Date de parution
20110328
Nombre de pages
142,00 €
Disponibilité
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Le droit encadre en permanence nos gestes alimentaires. Il influence nos choix, édicte des règles qui spécifient ce qui peut être mangé et ce qui ne doit pas l'être, d'autres qui organisent la protection sanitaire, le droit à l'alimentation, ou les droits relatifs au patrimoine. Il apparaît donc que le droit se terre au sein de nos habitudes et de nos assiettes ! Le repas est d'ailleurs fréquemment représenté au cinéma et l'image rend compte, parfois sans le savoir, de ce phénomène juridique.
Ravivée par la crise, la question du travail figure aujourd'hui au coeur du débat public. Comme à l'accoutumée, les politiques en font un thème incontournable de campagne ; les acteurs sociaux se mobilisent et revendiquent. Mais l'indice de la nouvelle centralité du travail, tant dans ses dimensions collectives qu'individuelles, apparaît surtout à travers l'intérêt que lui portent les milieux scientifiques et, plus étonnamment encore, dans ses représentations artistiques. Tandis que les chercheurs expliquent, analysent et proposent des voies nouvelles d'exploration, la littérature et le cinéma, dans les documentaires, témoignages et fictions, donnent à voir un monde du travail en mutation. Sur fond de conflits sociaux récurrents, de réformes contestées, s'élève un questionnement inédit, que les Trente Glorieuses avaient permis d'occulter : celui du sens du travail, de la place qu'il occupe dans la vie d'un individu autant que celle que la société entend lui accorder. Preuve du malaise ! Jamais le Tripalium, instrument médiéval de torture, n'a été si souvent convoqué pour rappeler la racine étymologique du travail. Le point d'équilibre semble aujourd'hui dépassé et, notre société, au bord de la rupture, a " mal au travail ". Comment expliquer cette crise et surtout comment y répondre ? Une réflexion plurielle, dont cet ouvrage rend compte qui, dans une démarche épistémologique, sollicite la sociologie, l'histoire, l'économie, l'art et la psychologie, peut permettre de dessiner les nouveaux sillons que le droit doit creuser. Car le droit a construit le travail. Il doit nécessairement aujourd'hui accompagner sa mutation et orchestrer la " reconquête du travail "
Le juriste est familier du droit mis en mots. Cette littérature prend différentes formes, les plus fréquentes étant la loi, le jugement, l'acte notarié ou administratif, voire l'adage. L'énoncé du droit ne peut cependant se circonscrire à sa lettre. Il se traduit aussi et peut-être même avant tout par des représentations, à savoir : des images, des mises en scènes, des récits littéraires ou filmiques, des formes, des gestes, des supports ou des signes. Historiens du droit, historiens de l'art, philosophes se rencontrent pour étudier ces différentes figures du droit depuis l'antiquité jusqu'à la dématérialisation du monde numérique. Leur regard embrasse les représentations classiques (peinture sculpture, livre) ou plus originales voire inédites (cinéma, site internet, objet artisanal, transparence architecturale). Loin de pouvoir se réduire à une simple illustration de la règle, l'esthétique du droit porte un langage autonome performatif qui peut être, selon les cas, discours ou action. Pourtant ce droit, visuel et visible, passe le plus souvent inaperçu. Renouer avec les représentations du droit, c'est éclairer les rapports entre le droit et ses formes, c'est faire du droit autrement. Stéphane Boiron - Claude Bontems - Luisa Brunori - Franck Carpentier - Antoine Garapon - Nathalie Goedert - Ninon Grangé - Valérie Hayaert - Joël Hubrecht - Yvon Le Gall - Ninon Maillard - Franck Monnier - Jacques Péricard - Jacques de Saint Victor - Philippe Sturmel - Pascal Texier
Claude Bontems, Professeur émérite à l'université de Paris Sud, a consacré sa carrière à honorer parfaitement ses missions : enseignement, recherche, administration. Ces univers du droit témoignent de la richesse de ses centres d'intérêt : droit colonial, droit des pays du Maghreb ou du Proche-Orient ; droit de la personne, droit de la famille, rencontres des religions dans les sphères sociales, anthropologie du droit.