«Ce qui fait la force propre de Mort à crédit, et qui lui vaut sa place privilégiée dans l'ensemble de l'?uvre, est que chacune y est portée à son plus haut degré d'intensité, dans un équilibre avec les autres qui sera rarement aussi bien préservé. Ce livre de violence est aussi celui qui fait le plus souvent fuser le rire, et celui où l'émotion affleure comme nulle part ailleurs. La satire la plus virulente et la plus efficace pour le comique n'y exclut pas la tendresse dans l'évocation [des personnages [...]. Mais tout ceci n'attesterait encore que la richesse d'une expérience humaine si Mort à crédit n'était en même temps le roman où, pour dire cette expérience, Céline n'achevait de trouver la formule romanesque, le type de narration, et surtout le style qui lui sont le plus personnels. À partir de ce point, il tirera peu à peu toutes les conséquences de ses trouvailles et en accomplira toutes les virtualités. [...] De son titre à ses derniers mots, Mort à crédit s'impose comme une totalité. Céline s'y est placé dans une position que ce soit par rapport au roman, à la langue et à son lecteur. À partir de là, en dépit de tant d'explosions qui se succèdent dans l'histoire, dans le texte tout ne cesse de se tenir ; en dépit de tant d'agressions menées contre le lecteur, tout ne cesse d'exercer sur lui la séduction deschefs-d'?uvre.»Henri Godard.
Nombre de pages
225
Date de parution
23/04/1996
Poids
139g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070389674
Titre
Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline
Auteur
Godard Henry
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
139
Date de parution
19960423
Nombre de pages
225,00 €
Disponibilité
Epuisé
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«Ce roman, publié voici déjà près de soixante ans, en 1932, a conservé toute sa puissance - on pourrait aussi bien dire, en reprenant le mot que Céline y applique à New York, sa raideur. Il a, aujourd'hui encore, de quoi empoigner ses nouveaux lecteurs, les plus jeunes en particulier, qui n'ont pas fini de sentir se propager en eux ses vibrations. Comme toute première ?uvre, il a ses excès et ses complaisances, mais il atteint dans la réussite ce point où les faiblesses se transforment en éléments de complicité avec le lecteur. Il est de ces livres qui surgissent dans l'histoire de la littérature en rupture avec la production contemporaine et qui s'imposent à l'instant. Avec les années, ce qu'ils perdent en pouvoir de scandale, ils le gagnent en profondeurs peu à peu découvertes.»Henri Godard.
En dépit des apparences, la réflexion sur la littérature n'est pas moins continue ni moins fondamentale chez Malraux que son intérêt pour les arts plastiques. Si l'on en prend la peine, on voit se développer sa cohérence sous-jacente autour de quelques notions clés : le mirage du réalisme ("Réalité, en art, ne veut exactement rien dire", Moscou, 1934), la création, la métamorphose, la Bibliothèque - pendant du Musée imaginaire. Le moment est peut-être venu de prendre en considération une conception de l'art ordinairement ramenée à quelques formules et méconnue à force de notoriété. Nous avons plus que jamais besoin d'une réflexion sur l'art et sur la valeur que nous lui attribuons spontanément sans toujours chercher à en préciser la nature. Malraux pourrait être un des pôles de cette réflexion par la portée métaphysique qu'il attribue à la création (métaphysique ne veut pas dire spiritualiste, pas plus que l'attention portée à la création n'implique d'élitisme).Pour ce qui est de la littérature, maintenant qu'il est acquis que les sciences humaines peuvent jeter sur les ouvres des éclairages qui enrichissent notre compréhension, le danger serait de les y réduire. La question se pose désormais pour nous de l'existence d'une valeur proprement esthétique. C'est là que Malraux pourrait se révéler nécessaire à notre débat d'aujourd'hui.
Trente-sept ans après la mort de Céline, le scandale qu'il provoque n'est nullement apaisé. Il n'y a pas lieu de s'en étonner, car ce qui scandalise en lui est la coexistence du génie littéraire et du racisme, et ce scandale intellectuel est d'autant plus grand que la puissance, la nouveauté et l'envergure de son ouvre sont davantage reconnues, comme elles n'ont cessé de l'être pendant cette période. Ce scandale finit par avoir sur les esprits un effet de blocage : on reprend indéfiniment les termes de "grand écrivain" et d'"antisémite" et on les entrechoque sans trop se demander quels sont au juste le sens et la portée de chacun d'eux dans son cas. Ce livre se propose de faire avancer la réflexion en tentant de définir ce qui, sur le plan de la littérature, fait cette force de l'ouvre, tout en prenant, sur le plan de la morale, la mesure de ses errements, avant de s'interroger sur la manière dont les deux plans se situent l'un par rapport à l'autre.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys