L'Autre face de la littérature. Essai sur André Malraux et la littérature
Godard Henry
GALLIMARD
16,25 €
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EAN :9782070720675
En dépit des apparences, la réflexion sur la littérature n'est pas moins continue ni moins fondamentale chez Malraux que son intérêt pour les arts plastiques. Si l'on en prend la peine, on voit se développer sa cohérence sous-jacente autour de quelques notions clés : le mirage du réalisme ("Réalité, en art, ne veut exactement rien dire", Moscou, 1934), la création, la métamorphose, la Bibliothèque - pendant du Musée imaginaire. Le moment est peut-être venu de prendre en considération une conception de l'art ordinairement ramenée à quelques formules et méconnue à force de notoriété. Nous avons plus que jamais besoin d'une réflexion sur l'art et sur la valeur que nous lui attribuons spontanément sans toujours chercher à en préciser la nature. Malraux pourrait être un des pôles de cette réflexion par la portée métaphysique qu'il attribue à la création (métaphysique ne veut pas dire spiritualiste, pas plus que l'attention portée à la création n'implique d'élitisme).Pour ce qui est de la littérature, maintenant qu'il est acquis que les sciences humaines peuvent jeter sur les ouvres des éclairages qui enrichissent notre compréhension, le danger serait de les y réduire. La question se pose désormais pour nous de l'existence d'une valeur proprement esthétique. C'est là que Malraux pourrait se révéler nécessaire à notre débat d'aujourd'hui.
Nombre de pages
194
Date de parution
10/10/1990
Poids
263g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070720675
Titre
L'Autre face de la littérature. Essai sur André Malraux et la littérature
Auteur
Godard Henry
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
263
Date de parution
19901010
Nombre de pages
194,00 €
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«Ce qui fait la force propre de Mort à crédit, et qui lui vaut sa place privilégiée dans l'ensemble de l'?uvre, est que chacune y est portée à son plus haut degré d'intensité, dans un équilibre avec les autres qui sera rarement aussi bien préservé. Ce livre de violence est aussi celui qui fait le plus souvent fuser le rire, et celui où l'émotion affleure comme nulle part ailleurs. La satire la plus virulente et la plus efficace pour le comique n'y exclut pas la tendresse dans l'évocation [des personnages [...]. Mais tout ceci n'attesterait encore que la richesse d'une expérience humaine si Mort à crédit n'était en même temps le roman où, pour dire cette expérience, Céline n'achevait de trouver la formule romanesque, le type de narration, et surtout le style qui lui sont le plus personnels. À partir de ce point, il tirera peu à peu toutes les conséquences de ses trouvailles et en accomplira toutes les virtualités. [...] De son titre à ses derniers mots, Mort à crédit s'impose comme une totalité. Céline s'y est placé dans une position que ce soit par rapport au roman, à la langue et à son lecteur. À partir de là, en dépit de tant d'explosions qui se succèdent dans l'histoire, dans le texte tout ne cesse de se tenir ; en dépit de tant d'agressions menées contre le lecteur, tout ne cesse d'exercer sur lui la séduction deschefs-d'?uvre.»Henri Godard.
«Ce roman, publié voici déjà près de soixante ans, en 1932, a conservé toute sa puissance - on pourrait aussi bien dire, en reprenant le mot que Céline y applique à New York, sa raideur. Il a, aujourd'hui encore, de quoi empoigner ses nouveaux lecteurs, les plus jeunes en particulier, qui n'ont pas fini de sentir se propager en eux ses vibrations. Comme toute première ?uvre, il a ses excès et ses complaisances, mais il atteint dans la réussite ce point où les faiblesses se transforment en éléments de complicité avec le lecteur. Il est de ces livres qui surgissent dans l'histoire de la littérature en rupture avec la production contemporaine et qui s'imposent à l'instant. Avec les années, ce qu'ils perdent en pouvoir de scandale, ils le gagnent en profondeurs peu à peu découvertes.»Henri Godard.
Trente-sept ans après la mort de Céline, le scandale qu'il provoque n'est nullement apaisé. Il n'y a pas lieu de s'en étonner, car ce qui scandalise en lui est la coexistence du génie littéraire et du racisme, et ce scandale intellectuel est d'autant plus grand que la puissance, la nouveauté et l'envergure de son ouvre sont davantage reconnues, comme elles n'ont cessé de l'être pendant cette période. Ce scandale finit par avoir sur les esprits un effet de blocage : on reprend indéfiniment les termes de "grand écrivain" et d'"antisémite" et on les entrechoque sans trop se demander quels sont au juste le sens et la portée de chacun d'eux dans son cas. Ce livre se propose de faire avancer la réflexion en tentant de définir ce qui, sur le plan de la littérature, fait cette force de l'ouvre, tout en prenant, sur le plan de la morale, la mesure de ses errements, avant de s'interroger sur la manière dont les deux plans se situent l'un par rapport à l'autre.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.