Tour à tour surréaliste, gestuelle, figurative, se déployant au travers de grandes séries rigoureusement construites par l'artiste comme le développement de son vocabulaire plastique, l'oeuvre de Judit Reigl ne se sera jamais laissé réduire à un courant unique, ni enfermer dans les cases étroites d'une opposition trop simple entre abstraction et figuration. La pratique du dessin traverse l'intégralité de la carrière d'une artiste essentiellement connue pour son travail de peintre, mais qui anticipe ou poursuit pourtant sur papier les recherches plastiques qu'elle développe en temps normal sur ses toiles. Passer du crayon ou de l'encre à la peinture ne constitue pas une rupture entre les deux pans de l'activité artistique de Judit Reigl, mais participe à la construction d'une seule grammaire, à la fois graphique et picturale. Avant tout préoccupée par la question du corps, du geste et de la manière dont le mouvement se traduit dans son travail, Judit Reigl ne poursuit pas une pratique du dessin, plus économe, de la même manière tout au long de sa carrière. Après les premiers dessins réalisés sur les routes de l'exil en 1947, elle reprend la plume et l'encre en 1954 lorsqu'elle développe les compositions qui posent les premiers jalons de ses séries Eclatements et Centres de dominance. Elle se tourne une nouvelle fois vers le dessin en petit format en 1965 lorsqu'un accident immobilise son bras, ce qui la conduit à la longue série des Ecritures d'après musique. Dans les années 2010, après l'exécution des Déroulements de 2008, de son propre aveu les dernières toiles monumentales de sa carrière, elle n'abandonne pourtant pas les pinceaux et réalise la série des Encres qui se transformeront progressivement en Oiseaux en 2012. Jusqu'à la fin, marquée par ses derniers croquis figuratifs qui rappellent directement ceux des tout débuts, c'est le dessin qui tiendra le fil créatif tendu entre toutes les phases de la carrière de Reigl.
Nombre de pages
96
Date de parution
31/10/2024
Poids
600g
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EAN
9789461619358
Titre
L'envol. Judit Reigl. Dessins et peintures
Auteur
Glicenstein Milena ; Alkema Hanna
Editeur
SNOECK
Largeur
0
Poids
600
Date de parution
20241031
Nombre de pages
96,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La création artistique est entrée à l'université depuis plus de cinquante ans. L'ambition est de laisser de côté les recherches sur l'art (histoire de l'art, sémiologie de l'art, psychologie ou sociologie de l'art...) au profit d'autres formes d'investigation où la réflexivité critique se mêle à des investigations de tous ordres (enquêtes, production de prototypes, conférences-performances, ateliers en tout genre...). L'objectif de ce numéro est de montrer l'étendue des domaines (artistiques ou non-artistiques) où la recherche-création s'est développée, ainsi que les différentes approches qu'elle a rendu possibles.
L'art contemporain est entré dans une ère de globalisation, à la suite de quelques expositions qui ont fait date : "Quand les attitudes deviennent forme", "Magiciens de la Terre", la "documentanta11"... Désormais, les pratiques artistiques issues du Sud global sont de plus en plus présentes et valorisées en Occident, au moment même où les événements et institutions qui suivent un modèle euro-américain se répandent dans le monde entier. Peut-on pour autant parler d'une scène de l'art globalisée ? Que deviennent les traditions et aires géographiques ? Si l'art contemporain ne peut plus être réduit à une continuité historique ou à des institutions occidentales, c'est qu'il est d'abord défini par ses acteurs, lesquels sont de plus en plus éparpillés et hétérogènes. Des définitions communes parviennent pourtant à être établies, grâce à un partage de valeurs entre les participants aux mondes de l'art. Ce partage, même temporaire et fait de malentendus multiples, s'étend désormais à l'échelle de la planète.
Le discours sur l'art traite généralement d'oeuvres, d'artistes ou de création mais délaisse un aspect essentiel de la relation esthétique: l'exposition. De fait, la question est complexe: comment aborder conjointement des éléments aussi hétérogènes que les relations entre objets, les relations de ces objets à des lieux ou à des publics ou encore les relations internes au monde de l'art qu'ils sous-tendent? Une partie de la difficulté tient aux compréhensions contradictoires impliquées par l'exposition; car exposer c'est à la fois produire une énonciation (un exposé) et découvrir, mettre à nu, mettre en danger. A la fois révéler - en un sens quasi photographique - et dévoiler: dénoncer et donner en exemple - rabaisser et élever. Bien que la question de l'art et de son appréciation ne se réduise évidemment pas à un ensemble de dispositifs de présentation, à des textes d'accompagnement ou de critique, à des choix de commissaires, il n'en demeure pas moins que la prise en compte des procédures d'exposition éclaire singulièrement la place de l'art dans notre monde. Des explications sur les circonstances entourant la création d'une oeuvre - de même que la façon dont ces circonstances sont connues et divulguées - enrichissent sa connaissance et en modifient le sens et l'approche. De même, une réflexion sur les publics, la scénographie, l'architecture, les commentaires, les textes de présentation, permet de voir en quoi les différentes médiations orientent et réorientent en permanence le jugement sur les oeuvres et notre compréhension de l'art. Biographie de l'auteur Jérôme Glicenstein est artiste et maître de conférences au département Arts plastiques de l'Université Paris 8.
Les oeuvres d'art ne se présentent jamais seules. Qu'elles soient stockées dans les réserves d'un musée, exposées dans un centre d'art ou simplement reproduites dans une revue, elles font l'objet de mises en forme spécifiques et sont accompagnées de textes, de discours et de prises de parole en tous genres. Il s'agit parfois de propos très construits travaux universitaires, notices de catalogues, visites-conférences et, dans d'autres cas, d'éléments nettement moins ambitieux cartels, cartons d'invitation, conversations de vernissage.Le point commun à ces différents éléments est néanmoins de mettre en scène les oeuvres d'art et de leur donner sens, ne serait-ce que temporairement. Décrire les fonctions spécifiques que les formes médiatrices occupent aux côtés des oeuvres conduit alors à envisager différemment la relation esthétique. L'hypothèse ici avancée est que certaines notions issues de la pragmatique linguistique énonciation, actes de langage, dialogisme, polyphonie, etc. permettent de décrire aussi précisément que possible le rôle que jouent textes et discours d'accompagnement dans la constitution, la compréhension et le fonctionnement ordinaire de l'art contemporain.
Les mots et les images en sont légendaires : les déguisements et innombrables auto-mises en scène photographiques, ses commentaires ironiques, sarcastiques, humoristiques sur l'art, le marché de l'art, la critique d'art et l'histoire de l'art. On connaît moins en revanche le Marcel Duchamp qui savait s'engager avec empathie et développer une stratégie consciente pour les artistes de son milieu culturel contemporain : le commissaire d'expositions des années 1910 à sa mort en 1968, le juré et conseiller de collections, musées et galeries d'art moderne parmi les plus éminents. L'ouvrage parcourt environ soixante-dix expositions, complétées par les derniers résultats de recherche, et illustre la coopération étroite avec des personnalités importantes de l'époque : de Louise et Walter Conrad Arensberg, Katherine S. Dreier, Francis Picabia, Sidney et Harriet Janis à André Breton, Julien Levy ou Peggy Guggenheim.
Gillemon Danièle ; Draguet Michel ; Sojcher Jacque
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Le présent ouvrage retrace le parcours exceptionnel de Brancusi qui, par un long travail de sublimation de la forme, s'est attaché à saisir l'essence des êtres et des choses. Il met en valeur la singularité d'un artiste reconnu comme le père de la sculpture moderne par nombre de créateurs venus de tous les horizons. Ce catalogue apporte aussi un éclairage particulier sur la pratique de la photographie à laquelle Brancusi s'est adonné avec passion et grâce à laquelle il a pu imposer sa propre vision esthétique.
Cette présentation d'une sélection d'oeuvres de la collection du Musée des beaux-arts de Gand permet de découvrir les principaux courants de l'art moderne belge entre 1880 à 1940, du symbolisme au surréalisme. Des oeuvres néerlandaises illustrent en outre les influences artistiques réciproques entre la Belgique et les Pays-Bas.