Les rapports entre tradition et modernité sont au coeur du mystère de la création : l'acte créateur en effet prend fond sur des héritages, mais pour proposer toujours leur transformation imprévisible. C'est ce que montre la double étymologie latine du mot auteur : l'auctor, c'est-à-dire le garant des valeurs du passé ; mais aussi celui qui a par privilège la capacité d'augere, d'augmenter le monde. Comme le présent des métaphysiciens, la création est transformation du passé en avenir. C'est sous ce jour qu'un groupe d'universitaires strasbourgeois, auquel se sont adjoints un certain nombre de spécialistes enseignant dans d'autres établissements français ou à l'étranger, aborde la question, en observant ce moment spécifique où un écrivain rassemble l'état passé et présent d'un genre, d'une forme d'écriture, d'un thème, d'où il fait émerger sa formule personnelle. Il faut pour ce faire inviter les siècles littéraires et les générations d'écrivains à dialoguer : l'Antiquité bien évidemment avec les temps modernes, mais aussi le romantisme avec le Moyen Age, la pensée française avec la culture italienne, la succession des siècles composant la littérature française, ou encore Beckett avec Proust, Claude Simon avec Balzac—dialogues où trouvent à s'allier respect et contestation. Certaines formes, comme le blason, certaines pratiques, telle la recherche de l'anachronisme, semblent avouer à même les oeuvres cette nécessité de recueillir pour advenir.
Nombre de pages
110
Date de parution
31/12/2008
Poids
150g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296063655
Titre
Une poupée dans un fauteuil
Auteur
Glatt Gérard
Editeur
ORIZONS
Largeur
135
Poids
150
Date de parution
20081231
Nombre de pages
110,00 €
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Vivien, à vingt-trois ans, Jean-René, ou René, ou J. -R. , c'est comme on veut, en a vingt-huit. L'un travaille au tri postal, l'autre est représentant de commerce. Tous deux se partagent un deux pièces, au sixième étage d'un immeuble à Paris. Tandis que Vivien reluque J. -R. , sympa, à son goût, J. -R. , lui, ne sait trop que penser, de lui et des autres ; il balance, s'interroge, et se dit que Carène, caissière au Prisunic, ne lui déplairait pas. Du côté de Vivien, tout se précise lorsqu'il part une quinzaine de jours aux Canaries avec Emeric, un collègue de travail. Alors, J. -R. se décide, et il propose à Carène de sortir avec lui. Carène, qui porte en elle un lourd secret, ne dit pas non. A son retour des Canaries, alors que J. -R. s'est absenté pour quelques jours, Vivien, à la jeunesse imprudente, invite chez eux des inconnus. Lorsque J. -R. rentre à son tour, il les surprend en pleine orgie. La rencontre se passe mal. Fusent les injures et les menaces. J. -R. décide de quitter l'appartement. Mais Vivien y est bientôt retrouvé mort, le crâne éclaté. Dans la presse, le commissaire Bricard laisse entendre que l'ex petit ami de la victime, encore introuvable, serait la piste privilégiée. Pour J. -R. , par ex petit ami, dans l'idée du commissaire, il ne peut être question que de lui. Il n'a donc pas le choix : fuir, et Carène avec lui.
La montagne comme une évidence, comme une renaissance... Hiver 1952. Loin des siens, pendant six mois, Guillaume part en convalescence à Chamonix. Il découvre, ébloui, le décor grandiose des Alpes. Le petit citadin de huit ans en gardera le souvenir d'un paradis perdu. Mais il reviendra, tant le besoin est là, irraisonné, de vivre près des cimes avec son ami d'enfance Augustin. Une passion nourrie aux côtés de Julien Villermoz, un natif de la vallée de l'Arve, qui tel un grand frère les initie à sa montagne, à ses beautés et ses mystères. Jusqu'à un après-midi fatal... Pour les deux jeunes hommes, le coup est rude, le vide immense. Et davantage encore pour Marguerite qui aimait son fils Julien. D'un amour vibrant. Exclusif. Dévastateur... Un roman d'initiation qui mêle à l'émotion la tension et le suspense des passions humaines.
Un dimanche après-midi, le narrateur, auteur à succès, rencontre Stéphane. Voici Héloïse, vieille dame un peu râleuse, Marc, qui aurait tout pour être heureux, Vivien et Antoine, qui se reluquent gentiment. Manège des sentiments que chacun, mène à sa manière. Le fond de ce livre : nous guider au c'ur du mystère qui vit en nous.
Depuis la disparition de sa mère, Fée n'existe pour ainsi dire plus. Pour quitter son isolement, elle fréquente Vivien et Alain, des camarades de lycée. Vivien, qu'elle aime mais qui menace de la lâcher, pris entre l'amour et le besoin d'écrire, et qu'Alain voudrait bien garder pour lui seul. Fée leur raconte une histoire qui pourrait être la sienne, des mots qu'elle sème, entre rire et douleur, dans l'espoir que Vivien en tirera un roman et qu'ainsi, pour lui comme pour elle, elle existera enfin...
Sans aspirer à être complet, les vingt contributions ici réunies peuvent être lues comme un abrégé de l'histoire du livre, de l'Antiquité au XXème siècle : de la tablette au volume, de la propagation du livre par l'imprimerie à la mise en question de l'autorité de l'Eglise, de la lente émancipation à un potentiel subversif et à son pouvoir énigmatique, de son éclatement à son sacrifice. Le livre est ainsi un point de cristallisation de la culture. Et dans ce domaine, il y a toujours profit de comparer ce qui est à ce qui fut.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.