Avec ce nouveau roman, Thomas Giraud s'approche peut-être encore davantage qu'il ne l'avait fait jusque-là d'une de ces figures fulgurantes et insaisissables, celles qui n'ont fait que passer, qui ont expérimenté et qui nous laissent au bout du compte avec beaucoup d'interrogations, à peu près autant de passions, de frissons même. Si de Bas Jan Ader, artiste hollandais, nous savons peu de choses, endécouvrant ce qui aurait pu être son histoire, selon Thomas Giraud, on se demande forcément d'où lui vient cette fascination pour les chutes ? Qu'entend-il montrer en tombant à vélo dans un canal ou en se lâchant d'une branche d'arbre ? Est-ce là uniquement le goût d'aller contre un ordre établi du monde matériel ? D'y trouver ce qui fait s'écouler les montagnes immobiles ? D'éprouver le fait d'être au monde ? D'aller contre l'immobilité de ce qui semble inscrit dans l' éternité... ? Ou faut-il chercher du côté de la petite enfance et de cet équilibre introuvable qui fait tomber à longueur de temps ? Ou encore d'avoir grandi dans l'absence et pourtant avec la figure omniprésente d'un père héros de guerre ? Avec Bas Jan Ader, sommes-nous devant une scène sans fin de la chute du père, fusillé par des soldats allemands ? Sommes-nous pris par l' immense solitude ressentie, causée par cette absence, par le manque ? Si Bas Jan Ader semble avoir laissé peu, c'est en même temps déjà beaucoup, pour penser, imaginer, construire, inventer. Bas Jan Ader a mené bon nombre d'expériences et de performances spectaculaires. Jusqu'à cette toute dernière dont il ne reviendra pas : la traversée de l'Atlantique à bord d'un bateau trop léger sans doute, In Search of the Miraculous... Thomas Giraud s'enquiert de son histoire, traverse l'océan à ses côtés et dresse son portrait à travers les âges, de son enfance à sa vie d'adulte, sa vie d'artiste.
Nombre de pages
177
Date de parution
20/08/2021
Poids
220g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782376650683
Titre
Avec Bas Jan Ader
Auteur
Giraud Thomas
Editeur
CONTRE ALLEE
Largeur
136
Poids
220
Date de parution
20210820
Nombre de pages
177,00 €
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En 1855, l'ingénieur polytechnicien Victor Considerant a l'idée d'un projet révolutionnaire : fonder une cité communautaire où les travailleurs vivraient dans la plus grande harmonie, selon le modèle des phalanstères. Il recrute alors des colons français et suisses, et fait acheter des terres, sans les avoir visitées lui-même, près de Dallas - qui n'est encore qu'un village isolé du Texas - pour y établir la ville nouvelle de Réunion. Cinq années passent et voient l'entreprise virer au désastre. Qu'il s'agisse de la cohabitation entre les colons, de leurs relations avec Considerant, des rapports avec le voisinage ou des aléas climatiques, les événements auront finalement raison de l'utopie qui devait bouleverser définitivement la manière dont les individus pouvaient vivre, travailler, penser et s'aimer.
En imaginant ce qu'ont pu être certains épisodes de la vie d'Elisée Reclus (1830-1905), avant qu'il ne devienne l'auteur d'Histoire d'un ruisseau et Histoire d'une montagne, ce premier roman nous met dans les pas d'un personnage atypique et toujours d'une étonnante modernité. Elisée est un marcheur qui emprunte les mêmes chemins que ses contemporains mais n'y cherche pas les mêmes choses, ne regarde pas aux mêmes endroits. Par le biais de son regard, on chemine au fil d'interrogations liées à l'émancipation, l'éducation, la création. Le personnage d'Elisée grandit au sein d'une famille complexe avec laquelle il va se construire par l'empilement des choses apprises et se déconstruire aussi, notamment dans l'opposition. Un père neurasthénique, hyperactif, présent et autoritaire. Une mère sensible et férue de théories modernes sur l'éducation. Et ce frère, Elie, si présent mentalement mais si souvent absent. Elisée a du mal à trouver sa place exacte, ce qui le conduit à aimer se promener beaucoup, à chercher autre chose que la famille où s'épanouir. Il a un rapport étonnant à la nature. Ces longs voyages qu'il fait seul ont confirmé chez lui ce goût pour l'observation des choses du dehors, celles de la civilisation mais aussi celles de la nature. Ce n'est pas le raisonnement déductif d'un adulte plein d'une connaissance déjà existante qui classe ce qu'il observe mais l'inverse, un raisonnement quasi inductif qui part des détails, du minuscule pour essayer de comprendre autrement. Très tôt Elisée cherche à mettre des mots sur ses intuitions à la fois littéraires et scientifiques. C'est le début de sa vie, il est parfois un peu naïf. Sa manière de raisonner conduit aussi à quelques paradoxes mais qu'il ne vit pas forcément comme tels.
Une utopie : En 1855, Victor Considerant, ingénieur économiste polytechnicien français et disciple de Charles Fourier, a dans l'idée un projet révolutionnaire de vie communautaire inspiré des phalanstères. Il recrute des colons français et suisses et fait acheter, sans les avoir visitées lui-même, des terres près d'un village isolé au Texas, Dallas, pour y fonder la nouvelle ville de Réunion. 5 années de difficultés multiples, qu'il s'agisse de la cohabitation entre les colons sociétaires, de leurs relations avec Considerant, des rapports avec le voisinage ou des aléas climatiques et naturels, auront finalement raison d'une utopie qui devait révolutionner de manière définitive la manière dont les hommes et les femmes pourraient vivre, travailler, penser et s'aimer. Une narration impressionniste : C'est l'histoire de Réunion, du lieu comme de son projet, que nous raconte Le Bruit des tuiles. La narration s'appuie sur les points de vue de plusieurs personnages : Considerant, l'initiateur, Leroux, un homme seul à la recherche d'une nouvelle vie, et d'autres, plus secondaires, tous sociétaires dont l'implication, les attentes et les déceptions diffèrent du tout au tout. Thomas Giraud s'attache davantage à dépeindre les impressions produites sur chacun des colons plutôt qu'à proposer une reconstitution documentaire. La confrontation à la nature, aux éléments, les différentes difficultés de gouvernance sont autant d'aspects privilégiés qui font que Réunion est essentiellement vu à travers le prisme philosophique et émotionnel des différents participants au projet fouriériste. Le choix de la prosodie : Thomas Giraud continue d'élaborer sa voix propre de romancier en accordant une attention particulière au rythme et à la musicalité de la langue. Il privilégie une logique prosodique à même d'exprimer les émotions des personnages, à laquelle se mêle, par moments, une langue juridique qui retranscrit la dimension rationnelle que Considerant a voulu donner à son projet.
En imaginant ce qu'ont pu être certains épisodes de la vie d'Elisée Reclus (1830-1905), avant qu'il ne devienne l'auteur d'Histoire d'un ruisseau et Histoire d'une montagne, ce premier roman nous met dans les pas d'un personnage atypique et toujours d'une étonnante modernité.
L'errance soudaine... Ébloui par le soleil, un homme précipite sa voiture dans un ravin. Il en réchappe, fortement troublé, et se met à marcher, sans idée précise, cherchant à retrouver ses esprits. Ce trouble laisse alors doucement place à une pensée qui, comme un flux de conscience, l'incite à prolonger une marche comme une longue traversée de paysages périurbains. ... d'un personnage énigmatique... Cet homme sans nom a tout oublié. Il apparaît comme étranger à lui-même, perdu, se dirigeant vers un avenir incertain. Comme un grand animal obscur est le récit d'une métamorphose au cours d'un voyage aussi imprévisible que déconcertant, et nous offre un véritable périple sensoriel. ... dans un décor brumeux et inquiétant. Cette traversée, au c'ur des paysages de la rive nord de la Méditerranée devenue la proie des flammes et d'un soleil de plomb, nous bascule dans un monde imaginaire et parallèle où la perception des lieux et du temps semble altérée, et où l'errance est synonyme de survie et de création.
« D'où vient ma passion pour cette langue qui fonctionne pour ainsi dire à l'envers de la nôtre, et pour la civilisation dont elle est le vecteur ? Pourquoi me consacrer à une tâche impossible, paradoxale, consistant à effacer les sons, l'écriture, et jusqu'à l'arrière-plan culturel d'un texte, pour reconstruire à partir de ces ruines avec une langue aux paradigmes si différents ? Pour répondre à ces questions, j'ai entremêlé éléments fondateurs de ma vocation de traductrice et réflexions nées d'une longue pratique. Chemin faisant, j'ai tenté de décrypter les sensations liées à cette activité : frustration de ne pouvoir tout transmettre, joie de la création nichée dans la part du texte original qui irrémédiablement résiste, vertige addictif du décentrement, analogue à celui que procure le voyage? » Corinne Atlan
Sur les berges d'un lac gelé, la narratrice assiste au sauvetage d'une orignale. Touchée par Arden, la femme aux mains d'araignée, et Jeff, l'homme à l??il de verre, qui se démènent l'un et l'autre pour sauver l'animale, elle décide de les accompagner dans le refuge dont ils s'occupent. Au c'ur d'une nature marquée par les saisons, où humains et non-humains tentent de cohabiter, notre narratrice apprivoisera ses propres fêlures tout en apprenant à soigner les bêtes sauvages, et à interpréter les sons et les odeurs de la forêt et de la rivière. Dans ces lieux qui façonnent les êtres qui les peuplent, comment exister sans empiéter sur ce qui nous entoure ?