Un compromis salarial en crise. Que reste-t-il à négocier dans les entreprises ?
Giraud Baptiste ; Signoretto Camille
CROQUANT
20,00 €
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EAN :9782365124041
Au terme d'une trentaine d'années de réformes ininterrompues des règles du dialogue social, parachevées par les ordonnances Travail de 2017, la négociation collective d'entreprise s'est imposée comme le nouveau pilier du système des relations professionnelles. Elle est pensée comme le moyen de concilier de façon plus équilibrée et efficace les impératifs de compétitivité des entreprises avec la défense des intérêts des salariés. L'institutionnalisation accrue du dialogue social en entreprise comme son éloge politique apparaissent pourtant en fort décalage avec la fragilisation importante de la capacité effective des salariés et de leurs représentants à peser sur la répartition de la valeur et les règles du rapport salarial. Les syndicats ont en effet beaucoup perdu de leur ancrage militant dans un système productif profondément bouleversé, marqué par la précarisation de la condition salariale et le " despotisme du marchéA " qu'impose la financiarisation de l'économie. Le tissu productif français n'en reste pas moins composé de modèles socio-productifs distincts, tant du point de vue des types de marché des entreprises, du profil de leur main d'oeuvre, des modalités de leur encadrement que de la présence syndicale. Combinant analyse statistique et enquêtes de terrain, cet ouvrage collectif montre comment s'articulent dans ces différents contextes socio-productifs les formes de la domination patronale, de conflictualité au travail et de pratiques du dialogue social. Ce faisant, il donne à voir selon quelles modalités différentes se reconfigurent, sous l'effet des transformations du capitalisme et des réformes néo-libérales, les usages des dispositifs du dialogue social en entreprise, les logiques de construction du compromis salarial et la capacité des salariés et de leurs représentants à le négocier.
Nombre de pages
336
Date de parution
05/10/2023
Poids
394g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782365124041
Titre
Un compromis salarial en crise. Que reste-t-il à négocier dans les entreprises ?
Auteur
Giraud Baptiste ; Signoretto Camille
Editeur
CROQUANT
Largeur
140
Poids
394
Date de parution
20231005
Nombre de pages
336,00 €
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Résumé : Le syndicalisme français reste souvent associé à l'image des grèves. Ces dernières décennies, leur fréquence a pourtant beaucoup reculé. La reproduction de cette "culture syndicale" dans les espaces du prolétariat contemporain, tels que les employés des secteurs du commerce et des services, reste particulièrement contrainte. A partir d'une enquête menée auprès d'une structure territoriale de la CGT, cet ouvrage analyse le travail syndical d'organisation et d'apprentissage de la grève dans ces univers professionnels peu habitués à en connaître. Il éclaire la force des obstacles à la diffusion de cette pratique syndicale, les conditions de leur dénouement et les tensions auxquelles se heurte l'acculturation des militants à la grève au sein même de cette organisation syndicale. A rebours des visions fantasmées ou idéalisées du rapport des syndicalistes à la grève, ce terrain d'enquête permet ainsi de mieux comprendre comment se reconfigurent les possibilités et les modalités de recours à la grève sous l'effet des transformations du capitalisme et des structures sociales du syndicalisme. Il fait aussi rejaillir les contradictions politiques du syndicalisme "contestataire" français dans ses difficultés à organiser la résistance des salariés les plus dominés.
Chaque mobilisation est exposée au risque d'être récupérée par les appareils militants. Tout en éclairant les risques de bureaucratisation et de confiscation des mouvements sociaux dans les processus d'organisation et de représentation, ce numéro se donne pour but de contrer le dénigrement (dans l'air du temps) de l'ensemble des militants au motif qu'ils seraient de toute façon intéressés aux prises de position. Ce dossier veut ainsi contrer l'idée que tous les permanents syndicaux seraient les mêmes - des dirigeants nationaux - alors qu'il est parfaitement possible d'être déchargé de ses heures de travail pour faire de l'action militante (et donc, être en position de force face au patronat, lui aussi organisé) tout en restant profondément lié à son entreprise et à ses collègues.
Les experts et les consultants sont désormais omniprésents dans le monde du travail. Leur rôle est notamment central dans l'immense opération dite de "réorganisation" ou de "restructuration" des entreprises. Consultants, conseils et avocats de tout poil sont au service des patrons dans leurs efforts pour tirer plus de profit des salariés qu'ils emploient. Mais on les trouve aussi aux côtés des représentants qui défendent les intérêts des personnels. Quelles sont les nouvelles formes de l'expertise au service des patrons ? Et quelles ressources les syndicats ont-ils réussi à construire dans ce domaine ? Comment se mènent les batailles d'experts ? Les textes rassemblés dans ce numéro font la lumière sur des enjeux décisifs mais trop souvent rendus illisibles, précisément parce qu'ils sont réservés aux experts. Ils montrent aussi que l'essor d'un vrai marché syndical de l'expertise ne se fait pas toujours au bénéfice des salariés. Et ils insistent enfin sur l'importance des formes autonomes d'expertise que les militants et les professionnels doivent construire et mobiliser eux-mêmes pour se défendre efficacement face aux restructurations.
Depuis les années 2000, l'Etat entend réorganiser les relations de travail (salaires, temps de travail, etc.) par la promotion du "dialogue social" , ce qui passe par la modernisation de ses dispositifs institutionnels. Le rôle des négociations d'entreprises s'est ainsi vu renforcé réforme après réforme et par les ordonnances "Travail" de 2017, point d'orgue de ces politiques néolibérales. Que recouvre concrètement cette notion floue de "dialogue social" ? Comment se transforment ses pratiques et à quoi servent en définitive ces dispositifs d'échanges institutionnels ? Après un rappel historique de l'évolution des modalités de la négociation collective, cet ouvrage donne à voir comment ces différentes réformes ont en réalité contribué à renforcer le contrôle politique, étatique et patronal, et à contraindre davantage le travail de représentation syndicale et l'expression des salariés (que ce soit dans la fonction publique ou le privé). Il met ainsi au jour l'instrumentalisation politique et managériale des dispositifs du dialogue social en entreprise, qui participe plus largement des politiques de réduction du "coût du travail" .
Dans l'espace politique français, l'Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics. Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l'austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale. Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique. Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n'est pas tout simplement effacé. La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l'intérieur. D'autres, à l'inverse, défendent la sortie de l'Union européenne, tout au moins de l'euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux. Ce livre, dont l'orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l'Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d'elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés - le cas échéant les impossibilités - et les perspectives qu'elle ouvre. A l'heure du Brexit, d'une crise politique européenne qui n'en finit pas, et à l'approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier américain haut en couleur, présenta sa candidature à la primaire de l'élection présidentielle de novembre 2016 du côté républicain, très peu furent ceux qui prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut très vite déchanter : le bouffon caracolait en tête. Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent ainsi importées dans la sphère du politique. Trump ne l'emporta pas au suffrage universel, mais bien dans le système à deux niveaux d'une élection présidentielle américaine, avec le bénéfice certainement du petit coup de pouce que lui apportèrent diverses officines liées à l'extrême-droite américaine ou dont le siège se trouvait à Saint-Pétersbourg. La victoire de Trump plongea le monde dans la stupeur. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale. Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : les épisodes d'une chute devenant de jour en jour plus prévisible.
Face à l'urgence actuelle de changer ce monde. comment lutter et avec qui ? Peut-on se battre comme femme sans trahir sa culture ? Comment s'organiser simultanément en tant que Noir e et prolétaire ? Doit-on vraiment dénoncer à la fois le racisme, le capitalisme et le patriarcat ? Et surtout, quelles solidarités, quelles alliances construire. autour de quels projets ? Imbrication décortique la complexité des identités, des loyautés et des intéréts de chacun-e dans les mouvements sociaux. L'ouvrage présente l'histoire de luttes guerrillères (Salvador), Indiennes-paysannes (mouvement zapatiste au Mexique) ou Noires (Brésil, République Dominicaine, USA). ainsi que les mouvements de femmes, féministes et lesbiennes du continent. Les femmes des Amériques et des Carabes nous tendent un miroir exceptionnel pour mieux comprendre "l'intersectionnalité" à un moment de foisonnement des luttes, parfois déroutant. Partant du quotidien des mouvements pour parvenir à une véritable "science des opprimées", ce livre s'adresse aussi bien au public curieux qu'aux activistes et au monde de la recherche. l