L'INEGALITE DU MONDE. Economie du monde contemporain
Giraud Pierre-Noël
FOLIO
10,00 €
Epuisé
EAN :9782070329540
Le bel avenir des inégalités L'histoire de l'économie peut se lire à travers celle des inégalités: entre pays, et entre individus au sein d'un même pays. Or, explique Pierre-Noël Giraud dans ce livre original et captivant, ces deux types d'inégalités ont suivi des mouvements curieusement croisés. Jusqu'au début du xixe siècle, dans un monde essentiellement agricole, les niveaux de richesse par tête des trois zones les plus peuplées - Europe, Inde, Chine - sont très proches, alors que les sociétés sont profondément inégalitaires. Avec la révolution industrielle, l'Europe puis les Etats-Unis prennent de l'avance. Et si leurs inégalités internes se creusent dans un premier temps, l'enrichissement général entraîne assez vite une réduction des écarts sociaux. Cette dynamique devient très puissante au xxe siècle, mais s'interrompt dans les années 70: le rattrapage du Tiers Monde s'amorce, puis s'accélère; en même temps, les inégalités se creusent de nouveau dans les pays riches. Ces basculements séculaires ne relèvent, aux yeux de l'auteur (professeur à l'Ecole des Mines), d'aucune loi économique. Marqué par la pensée historique de Fernand Braudel, il ne voit pas dans l'économie un ensemble homogène, uniquement peuplé d'acteurs rationnels à la recherche du profit maximal. Il existe au moins une catégorie qui n'obéit pas à cette logique: celle des Etats. Chaque société se donne des normes que l'économiste ne peut que constater. Ainsi, l'euphorie des Trente Glorieuses a pour origine la coïncidence de deux choix politiques. D'abord, paradoxalement, le repli protectionniste des pays développés, datant de la crise des années 30. Ensuite, la progression régulière du pouvoir d'achat, organisée par les Etats à travers la régulation du dialogue social et la redistribution des richesses. Cette "croissance sociale-démocrate autocentrée" a accru l'avance des pays riches et considérablement réduit leurs inégalités internes - notamment parce que, en l'absence d'une concurrence extérieure trop vive, rien ne s'opposait à la hausse générale des salaires. La mécanique s'enraie à partir des années 70. Alors que l'Europe et le Japon rattrapent les Etats-Unis et que de nouveaux acteurs agressifs apparaissent, les économies cessent d'être complémentaires pour devenir concurrentes, d'autant plus âprement que les barrières s'abaissent. Or nous ne sommes encore qu'au début de cette globalisation. Après les nouveaux pays industrialisés, qui ont mis quelques décennies pour atteindre le niveau technologique des vieux pays riches et ne comptent que quelques dizaines de millions d'âmes, arrive maintenant une vague de pays beaucoup plus peuplés, disposant déjà de travailleurs qualifiés et d'ingénieurs en grand nombre, et dans lesquels le niveau des rémunérations sera durablement tiré vers le bas par l'existence d'immenses réservoirs de main-d'oeuvre: Chine, Inde, ex-Union soviétique, Europe de l'Est, Brésil, Mexique... Le mouvement de balancier va s'accentuer: ces économies rattraperont leur retard, mais le creusement des inégalités internes va amener les pays riches vers la "fin des classes moyennes'. A moins, suggère l'auteur, qu'un consensus ne s'établisse sur une limitation du libre-échange, compensée par des aides aux pays émergents pour les mettre, à leur tour, sur le chemin d'une"croissance autocentrée'. Mais ce n'est pas, reconnaît-il, la pente la plus probable. --Gérard Moatti--
Nombre de pages
352
Date de parution
15/10/1996
Poids
166g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070329540
Titre
L'INEGALITE DU MONDE. Economie du monde contemporain
Auteur
Giraud Pierre-Noël
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
166
Date de parution
19961015
Nombre de pages
352,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Pourquoi y a-t-il des riches et des pauvres ? D'où viennent les inégalités et comment les réduire ? Pierre-Noël Giraud apporte à ces questions une réponse originale : plutôt que de mettre en rapport inégalité sociale et croissance dans chaque pays, il préfère embrasser, sur trois siècles, les inégalités internes et externes, sociales et spatiales, des capitalismes, restituant ainsi la dynamique de l'économie du monde contemporain. Emergence des inégalités entre pays et réduction des inégalités sociales internes en fin de période, tel aura été, du XVIIIe siècle aux années 1970, le double mouvement d'ensemble de l'inégalité du monde. Or ce mouvement s'est inversé. Un rattrapage extrêmement rapide des pays riches par les plus pauvres a été entamé et cette réduction des écarts entre pays s'accompagne, au sein des pays riches comme des pays émergents, d'une croissance des inégalités, polarisant la société en une minorité de "nomades" et un large groupe de "sédentaires", qui deviennent les clients des premiers. Qui est mobile, qui est utile ? Qui peine à trouver sa place dans le XXIe siècle ? La synthèse la plus accessible sur ce qui est, avec celle du climat, la question politique centrale actuelle : les inégalités.
Le phosphate et les engrais phosphatés sont au coeur des vifs débats sur la tension, perçue comme grandissante, entre ressources naturelles et croissance démographique et économique. Le phosphate est indispensable à une agriculture capable de nourrir 11 milliards d'hommes, or c'est une ressource épuisable : en aurons-nous assez ? 80 % des réserves prouvées de phosphate, qui atteignent 300 ans de consommation annuelle actuelle selon l'US Geological Survey, sont situées au Maroc. Le Maroc peut-il devenir un "Opep " du phosphate ? Plus généralement, comment évoluera à long terme le prix du phosphate ? Est-il possible d'exploiter, de transformer et d'utiliser le phosphate de manière à préserver l'environnement, et à quel coût ? Les fortes fluctuations des prix de ces quinze dernières années sont-elles inévitables ? La "financiarisation" du marché des engrais est-elle possible et souhaitable ? Comment l'industrie des engrais phosphatés peut-elle contribuer à la "révolution doublement verte en Afrique", dont l'émergence soutenable est l'enjeu majeur du siècle ? Sur toutes ces questions, ce livre expose les éléments du débat, résume les références quantitatives et donne les outils d'analyse économique qui permettent au lecteur de se forger une opinion.
Les " damnés de la terre " aujourd'hui, ce sont les hommes inutiles : non pas ceux qui sont surexploités et dont la force de travail est sous-payée, mais ceux qui ne trouvent pas à l'employer ou si peu, ceux qui - chômeurs, travailleurs précaires, paysans sans terre - sont réduits à survivre de l'assistance publique ou familiale et n'ont aucun moyen d'améliorer leur sort. L'inutilité, dénonce Pierre-Noël Giraud dans ce livre, est la pire forme des inégalités, car elle enferme dans des trappes dont il devient impossible de sortir. En comprendre les mécanismes et proposer des politiques économiques permettant de l'éradiquer, tel est le propos de cet ouvrage. Pour ce faire, Pierre-Noël Giraud ouvre la boîte noire de l'économie, exposant sa méthode, ses objectifs et ses outils. De là un certain nombre d'interrogations, décisives pour les trente années à venir : Malthus est-il redevenu pertinent pour définir notre rapport à la nature ? En quoi les différentes globalisations - numérique, des firmes, financière - conduisent-elles à engendrer de l'inutilité ? Et comment faire revenir sur notre sol les emplois " nomades " , or noir du XXI siècle ? Exigeant dans sa démarche, ambitieux dans ses objectifs, ce livre passionnant entend montrer qu'il y a moyen de faire un " bon usage de l'économie " .
Avec la conjonction de la crise financière, d'alarmes croissantes concernant le changement climatique, de la misère persistante dans de nombreux pays, le débat sur la mondialisation se déploie désormais sur fond de questions plus radicales à propos de l'avenir même des capitalismes. Le libéralisme économique et politique ne semble plus le mieux placé pour résoudre ces problèmes. La mondialisation actuelle a certes de nombreux précédents, mais elle est singulière. Elle est la combinaison de quatre " globalisations " : globalisation des firmes, de la finance, numérique, de la nature. Elle se définit par une généralisation des compétitions : mise en compétition généralisée par les firmes globales de l'ensemble des territoires ; mise en compétition généralisée des firmes globales par les investisseurs institutionnels de la finance globale de marché. Ce processus aggrave certaines inégalités et en réduit spectaculairement d'autres. Il favorise les émergences rapides, il provoque des fragmentations. Dans ce contexte, quels sont les scénarios pour l'avenir ? Les acteurs économiques sont-ils tous appelés à devenir nomades pour rester compétitifs ? Les Etats ont-ils encore un rôle " régulateur " à jouer ? Quel est l'avenir des pays " occidentaux " ? et celui des régions du monde qui sont encore laissées pour compte ? Sans désespérer du futur, Pierre-Noël Giraud apporte des réponses lucides et argumentées à ces questions en levant quelques idées reçues. Nouvelle édition, entièrement revue et augmentée, de l'ouvrage de référence de P. N. Giraud, La Mondialisation, éd. Sciences Humaines, 2008.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys