
Au crépuscule de la justice pénale
La doctrine utilitaire étend aujourd'hui les règles du libéralisme économique à notre procédure pénale. Reprenant l'analyse de Bentham sur les droits de l'Homme qui ne seraient que des chimères inventées par les philosophes, les utilitaristes ont imposé leur propre représentation de la présomption d'innocence qui n'est plus considérée comme un droit, mais simplement comme un calcul de la procédure en faveur de l'innocence. La présomption peut donc s'inverser. Les réformes entreprises, depuis 1995, ont introduit à cet effet une présomption de culpabilité. Les placements en garde à vue qui ont bondi entre 2004 et 2009 de près de 23%, la promotion de l'aveu dans le cadre d'un plaider-coupable lui-même en progression, la suppression à venir du juge d'instruction et du jury populaire au profit d'un ministère public omnipotent ne sont que les manifestations de l'application de ce calcul utilitaire qui entraîne un recul inquiétant du rôle du juge. Au crépuscule de la justice pénale, la présomption d'innocence disparaît progressivement de l'horizon de notre procédure.
| Nombre de pages | 194 |
|---|---|
| Date de parution | 27/01/2011 |
| Poids | 320g |
| Largeur | 155mm |
| EAN | 9782296139480 |
|---|---|
| Titre | Au crépuscule de la justice pénale |
| Auteur | Gilardeau Eric |
| Editeur | L'HARMATTAN |
| Largeur | 155 |
| Poids | 320 |
| Date de parution | 20110127 |
| Nombre de pages | 194,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

A l'aube du droit pénal utilitaire
Gilardeau EricLe droit pénal connaît aujourd'hui une crise majeure qui met en jeu notre propre conception de la société et surtout de l'homme. Sous l'influence de la doctrine utilitaire, le droit pénal réduit le délinquant à n'être qu'un consommateur des crimes, incapable de moralité et irresponsable, qui doit être invité à ne plus récidiver, car inciter coûte moins cher que punir. A l'aube du droit pénal utilitaire, les statistiques supplantent l'idée même de justice au profit d'une véritable économie politique du pouvoir de punir.Sur commande, 6 à 10 joursCOMMANDER21,00 € -

Les grands procès politiques de l'Antiquité
Gilardeau EricL'histoire mouvementée du XXe siècle donne du procès politique une image préconçue, celle d'un moyen de répression, d'élimination des opposants politiques par un Etat totalitaire. Notre conception moderne de la démocratie et de la république répugne à croire que l'idée de procès politique puisse coexister avec un gouvernement démocratique ou des institutions républicaines. Pourtant, la démocratie athénienne et la République romaine nous offrent de nombreux exemples contraires. L'ouvrage fait revivre le dialogue passionnant, parfois dramatique, toujours épique entre citoyens athéniens et romains à travers leurs procès politiques. Qu'il s'agisse de définir les limites de la démocratie, la forme ou la nature du régime ou bien encore le destin de la République face aux périls intérieurs, Athènes et Rome nous dévoilent une face cachée, souvent méconnue des grands procès politiques aux antipodes de la représentation moderne que nous nous faisons de ces instances.Sur commande, 6 à 10 joursCOMMANDER31,01 € -

Les grands procès criminels de l'Antiquité grecque
Gilardeau EricLes grands procès criminels de l'Antiquité grecque nous plongent au coeur d'une société à la fois lointaine et proche de la nôtre. Lointaine, par le statut réservé à la femme, à l'esclave et à l'étranger, qu'ils fussent accusés, complices ou simples témoins du meurtre d'un citoyen. Proche, par les mobiles qui animent les accusateurs comme les accusés : l'intérêt, la vengeance ou la jalousie qui forment encore aujourd'hui le terreau de nos affaires criminelles. Si la procédure pénale grecque peut apparaître souvent archaïque par la confusion savamment entretenue entre vengeance et justice, par le recours à la torture en tant que mode de preuve ou par le droit reconnu au mari de tuer l'adultère, elle est aussi d'une extrême modernité, par la recherche minutieuse de l'intention criminelle, le respect du contradictoire, des droits de la défense et de la présomption d'innocence. Cet ouvrage se propose à travers une analyse critique de remettre en cause les interprétations données par les historiens de ces grands procès criminels et conduit à de nouvelles conclusions sur le sens et la portée de ces affaires transcrites par deux des plus grands orateurs attiques, Antiphon et Lysias.Sur commande, 6 à 10 joursCOMMANDER22,00 € -

Cicéron, père de la codification du droit civil
Gilardeau EricConfronté à la crise juridique que subissait la République, Cicéron cherchait une réponse au chaos des lois et aux contradictions du droit civil. Jugeant insuffisantes les collections de Scaevola et Sulpicius ou les compilations de Pompée et César, Cicéron élabora au fil de son oeuvre une véritable codification du droit civil. Dans le De oratore, le citoyen d'Arpinum livrait une introduction critique à la codification du ius. Avec le De legibus, Cicéron soumettait la science du droit à la recta ratio de la loi naturelle afin d'assurer la refondation du ius civile. Puis, à travers le Brutus, l'Orator et les Topiques, Cicéron instituait une méthode de codification des plus rigoureuses dont se rapprocheront à plusieurs siècles de distance les rédacteurs des codes civils français et autrichien. Enfin, dans le De officiis, Cicéron proposait bien avant l'heure une codification protectrice des droits civils. Il faudra attendre les réformes du BGB en 2001 et du Code civil français en 2016 pour rejoindre les conceptions inaugurées par Cicéron sur le rôle de la bonne foi et de l'imprévision en matière contractuelle.Sur commande, 6 à 10 joursCOMMANDER28,01 €
Du même éditeur
-

Question de distance dans la relation éducative
Dorme ChristineComme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.EN STOCKCOMMANDER13,50 € -

La douane à l’ère de la mondialisation et de la globalisation
Okemba Sadel Sylvestre ; Rémillard GilCet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.EN STOCKCOMMANDER21,00 € -

Dostoïevski, de Descartes à Heidegger et Levinas. A la charnière entre deux mondes philosophiques
Lamblé PierreLa pensée de Dostoïevski a joué un rôle essentiel de charnière entre la philosophie rationaliste héritée de Descartes et les développements de la philosophie au XXe siècle. Elle part d'une réflexion critique sur le cogito cartésien, dans Crime et châtiment ; puis elle pose, dans L'Idiot, la question de l'être, d'une manière qui a profondément influencé la conception de l'ontologie de Heidegger - cette étude est historiquement la première qui démontre cette influence ; et enfin, dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski développe la notion de "visage" , qui nourrira toute l'ontologie de Levinas.EN STOCKCOMMANDER15,00 € -

La médiation, l’art de l’alternative. Des origines à sa pratique contemporaine
Gabay FlorenceL'histoire se raconte souvent au rythme des batailles. Pourtant, une autre trame la traverse : celle de la médiation, art de dépasser le conflit sans violence, pour préserver la cohésion du groupe. Des premiers rituels collectifs aux dispositifs contemporains, elle apparaît comme une fonction vitale : transformer l'affrontement en parole, organiser l'écoute, restaurer l'équilibre, éviter l'escalade. Une question anthropologique et politique est posée dans laquelle deux logiques s'opposent et se complètent : la contrainte (avec les lois, les sanctions, les institutions) qui protège mais peut aussi opprimer, et l'autonomie (avec la maîtrise de soi, la responsabilité) qui libère mais peut vaciller face aux passions. La médiation ouvre un espace intermédiaire : un tiers accompagne, les parties restent actrices, et la solution devient une justice partagée plutôt que subie. En cinq parties, ce livre suit la médiation à travers les sociétés premières, l'Antiquité, les mondes religieux, la modernité juridique et politique, puis dessine les enjeux actuels. Un fil rouge relie ces parties : comment apprendre à vivre ensemble en transformant la contrainte en responsabilité et la liberté en dialogue.EN STOCKCOMMANDER33,00 €
