Les fils de Caïn. L'image des pauvres et des vagabonds dans la littérature européenne du XVe au XVII
Geremek Bronislaw
FLAMMARION
27,70 €
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EAN :9782080655066
Les artistes ont toujours été fascinés par les vagabonds et le monde de la misère. Admiré, puis méprisé, le misérable est considéré comme le symbole d'une noblesse spirituelle de la vilenie ; il suscite compassion et vénération, sarcasmes et rejet. Evoqué par les écrivains comme un des éléments de la vie sociale, le mendiant sert souvent à mettre en valeur les vertus du protagoniste du récit, ou à montrer les heurs et malheurs du destin. Souvent aussi, il apparaît comme marginal et dissident, porteur de la vente suprême et d'un sens moral aigu. La littérature a sûrement déformé l'image du pauvre mais c'est dans la réalité qu'elle puise la matière du récit. Nous retrouvons dans cette image un amalgame qui rassemblait des individus très différenciés mais reliés entre eux par un système de "valeurs négatives" : manque de biens, manque de foi, manque de discipline. Cette imagerie péjorative reflète les mutations qui s'accomplissaient alors au sein de la société. Bronislaw Geremek étudie dans ce livre les rapports entre les représentations littéraires de ces "fils de Caïn" et la réalité sociale. Il brosse ainsi une fresque de la misère et du vagabondage telle que les présentent les littératures anglaise, française, espagnole et polonaise du XVe au XVIIe siècle.
Nombre de pages
420
Date de parution
19/11/1992
Poids
548g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782080655066
Titre
Les fils de Caïn. L'image des pauvres et des vagabonds dans la littérature européenne du XVe au XVII
Auteur
Geremek Bronislaw
Editeur
FLAMMARION
Largeur
152
Poids
548
Date de parution
19921119
Nombre de pages
420,00 €
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Résumé : Les marginaux n'ont pas toujours existé. Longtemps, le pauvre, le vagabond, le truand - grand ou petit - a été accepté par la société, qui le reconnaissait - et le punissait - comme tel. Les choses changent à la fin du Moyen Âge. Le travail devient la valeur sociale fondamentale des sociétés européennes. Ceux qui ne vivent pas de leur travail sont désormais des asociaux, "inutiles au monde" : il faut donc les enfermer ou les mettre au travail forcé, car leur existence même défie l'ordre social. Ils deviennent alors des marginaux et s'organisent de façon autonome aux frontières de la société régulière, en bandes ou en cours des miracles que de nombreux textes médiévaux et du XVIe siècle nous décrivent. C'est le monde de la marginalité et l'histoire de sa progressive exclusion que décrit Bronislaw Geremek.
La pauvreté, valeur spirituelle et déchéance matérielle, a toujours inspiré des sentiments contradictoires. De la part des individus, compassion et répulsion. De la part des autorités et des pouvoirs publics, institutions de secours et institutions de répression: la pitié, ou la potence. L'un des mérites inégalés de cette synthèse, fondée sur une longue familiarité des archives et des langues, est d'envisager l'attitude à l'égard des pauvres dans toute l'épaisseur de ses multiples implications, religieuses, économiques, juridiques, sociales et mentales. De l'étudier dans toute son extension géographique, de Rome où les papes des temps classiques ont souvent tenté d'enfermer les mendiants jusqu'aux workhouses d'Angleterre en passant par l'hôpital général du "grand renfermement". De le décrire dans toute sa durée, depuis les mendiants de l'Occident chrétien jusqu'aux laissés-pour-compte de nos sociétés d'abondance. Deux mouvements de grande ampleur se dégagent de cette longue histoire: la substitution rapide, à partir du XVIe siècle, avec le développement des économies urbaines et des États monarchiques, de politiques policières à l'aumône et à la charité chrétienne; le développement progressif et très lent, avec l'industrialisation et la misère ouvrière, de la philanthropie et des politiques d'assistance, puis d'assurances sociales. À l'heure de la crise de l'État-providence et d'une réflexion renouvelée sur toutes les formes de la sécurité sociale, cet essai, d'une rare maîtrise, donne une profondeur de champ exceptionnelle à l'un des problèmes les plus aigus, et les plus tragiques, des sociétés contemporaines.
Les artistes ont toujours été fascinés par les vagabonds et le monde de la misère. Admiré, puis méprisé, le misérable est considéré comme le symbole d'une noblesse spirituelle de la vilenie ; il suscite compassion et vénération, sarcasmes et rejet. Evoqué par les écrivains comme un des éléments de la vie sociale, le mendiant sert souvent à mettre en valeur les vertus du protagoniste du récit, ou à montrer les heurs et malheurs du destin. Souvent aussi, il apparaît comme marginal et dissident, porteur de la vérité suprême et d'un sens moral aigu.La littérature a sûrement déformé l'image du pauvre mais c'est dans la réalité qu'elle puisse la matière du récit. Nous retrouvons dans cette image un amalgame qui rassemblait des individus très différenciés mais reliés entre eux par un système de «valeurs négatives» : manque de biens, manque de foi, manque de discipline. Cette imagerie péjorative reflète les mutations qui s'accomplissaient alors au sein de la société.