C'est en Vendée que la Révolution révèle le plus nettement son infidélité à ses propres principes. Face aux mécontentements qui, de 1790 à 1792, agitent une société rurale meurtrie par l'édification du nouveau régime, les plus ardents des révolutionnaires ne veulent voir partout que l'ombre menaçante du complot. C'est ainsi que la Révolution en voie de radicalisation invente la contre-révolution. La paralysie qui, après les soulèvements de mars 1793, s'empare des antagonistes et, jusqu'en octobre, les empêche de remporter la victoire, s'explique par les contradictions qui les déchirent. Chez les Vendéens, les paysans inventent une guerre éminemment populaire, très éloignée des conceptions de ceux qui s'efforcent de les commander ou d'imposer un programme réactionnaire. Chez les Républicains, l'aveuglement idéologique contrarie sans cesse l'efficacité prônée par les militaires. Les cruautés réciproques ne sauraient cependant faire oublier que seul l'un des camps s'affranchit des repères moraux. A l'invraisemblable propension des Vendéens au pardon, répond en effet, chez les Républicains, l'exécution systématique de leurs prisonniers. Leur victoire finale, à Savenay, n'arrête d'ailleurs pas pour autant la mécanique terroriste, puisqu'on entreprend alors le massacre délibéré de toute la population. Par cet ouvrage appuyé sur une masse considérable de documents, Alain Gérard nous invite à abandonner les passions partisanes pour entrer dans l'univers mental des nobles comme des paysans, des politiques comme des militaires, tous protagonistes du drame qui, à l'avènement de notre démocratie, souligne le danger des dérives totalitaires.
Nombre de pages
257
Date de parution
27/09/1993
Poids
530g
Largeur
154mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782876731608
Titre
La Vendée 1789-1793
Auteur
Gérard Alain
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
154
Poids
530
Date de parution
19930927
Nombre de pages
257,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Pas plus que les autres Français, les Vendéens ne regrettent l'Ancien Régime qui s'effondre en 1789. Surtout que, dès le 26 août, la Déclaration des droits de l'homme fonde la modernité politique en proclamant la liberté individuelle et l'égalité en droits. Bientôt, cependant, une dérive s'empare de la Révolution : enfreignant ses propres principes, elle s'enfonce dans une dictature sanglante, d'autant plus incompréhensible que Robespierre attend d'être vainqueur aux frontières et sur les autres factions pour lancer la Grande Terreur. L'intention de ce livre consiste à observer la Terreur depuis la Vendée. Certes, elle y a fait, et de beaucoup, le plus grand nombre de victimes. Mais on y découvre comment, en mars 1793, les plus extrémistes transforment une révolte populaire en une guerre inexpiable, à seule fin d'éliminer les Girondins. Comment, le 1er août, une habile falsification permet de décréter que ce pays sera détruit. Comment enfin, dans le contexte de la lutte contre les Indulgents, Turreau entreprend d'exterminer la population, avec l'aval du pouvoir et sous l'?il de ses représentants. C'est pourtant Carrier qui incarne le mieux la nature profonde de la Terreur. Après s'être débarrassé des élites nantaises, il entreprend de subvertir le droit lui-même en faisant guillotiner sans jugement. Bientôt, il annonce à la Convention des noyades collectives de prêtres, de délinquants et de Vendéens. Ni fou ni sadique, ce pur transforme Nantes en laboratoire de la régénération de l'humanité : il se fait l'instrument d'un massacre perpétré " par principe d'humanité ", tant il est vrai que " le point essentiel, comme l'écrit Alain Besançon dans sa préface en comparant terreur jacobine et terreur bolchevique, est que le mal y est commis au nom du bien ".
Les Français sont les premiers consommateurs mondiaux de psychotropes. Peut-on se soigner sans se droguer ? Alain Gérard, psychiatre, ancien chef de service adjoint des hôpitaux psychiatriques, expert auprès de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, répond en s'insurgeant contre les vérités toutes faites. La parole ou la pilule, pourquoi choisir ? Dans la pratique, les deux approches s'entremêlent sans cesse. Pourquoi se priver de prescrire un médicament qui apaise d'abord un patient que l'on va engager dans une psychothérapie au long cours ... Notre société considère avec suspicion, et culpabilise même parfois, ceux qui, pour soulager leurs troubles psychiques, ont recours aux psychotropes... Certains praticiens eux-mêmes déconseillent ou interdisent un tel traitement à leurs patients en analyse ou en psychothérapie. À travers une série de cas (une femme souffrant d'anxiété généralisée, un patient maniaco-dépressif un enfant hyperactif, une phobique sociale, un adolescent en crise...), le Dr Alain Gérard montre la complexité de la relation thérapeutique qui se tisse chez le psychiatre et l'importance du temps consacré à l'écoute. Et il plaide pour un usage raisonnable et raisonné des psychotropes sur la base d'une information rigoureuse des patients et d'une formation approfondie des médecins.
Biographie de l'auteur Alain Gérard, psychiatre, ancien chef de service adjoint à Sainte-Anne, est installé en libéral à Paris. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Le Vidal de la santé psy et Du bon usage des psychotropes. Très connu des médias, il est régulièrement sollicité. Il vit à Paris.Le collectif CRED est le groupe de spécialistes de diverses approches (épidémiologiste, neurobiologiste, psychanalyste...) avec qui il a mené cette réflexion sur la dépression.
Alain Gérard compose ses poèmes comme un livre de photos, souvenirs de moments, plus ou moins heureux, de son existence. Les livrer sur une feuille blanche est pour l'auteur un acte profond, chargé de sens, parfois douloureux et violent. Si, selon ses propres mots, " son coeur saigne lorsqu'il parle des ses enfants et petits-enfants ", il fait pourtant passer un message universel et optimiste. Alain Gérard attire la sympathie du lecteur et son identification. Il lui livre une véritable philosophie de vie pour mieux repousser le fatalisme. Selon lui, il s'agit de trouver " dans les bois, des sentiers de gazon qui mènent à de belles clairières ". Né à Montpellier en 1957, Alain Gérard a eu plusieurs vies. Il a été, tour à tour, dessinateur industriel, tuyauteur ou encore chaudronnier. Il a, par ailleurs, subi dans sa vie personnelle quelques désillusions. Il fût marié puis divorcé à deux reprises, ce qui le plongea dans une profonde dépression. Source de ses maux, c'est aussi dans ces drames quotidiens qu'il puise son inspiration.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...