La Guerre de 1914-1918, par son caractère global, ses innovations technologiques, ou encore son degré de violence, marque une étape significative de l'histoire contemporaine. La Belgique, premier pays du front Ouest à être envahi, se situe aux premières loges de cette nouvelle phase historique. La neutralité « perpétuelle, permanente et garantie » de ce territoire est violée, en transgression du droit international public. Ce point d'ancrage semble propice à l'étude d'un milieu ayant peu attiré l'attention des historiens : les juristes belges de droit international. Cette étude est à même de mieux nous informer sur les caractéristiques de ce milieu professionnel en soi, concerné au premier chef par l'acte inaugural de la guerre, sur ses pratiques, ses codes, ses réseaux internationaux, le positionnement des juristes, mais aussi, en négatif, de nous renseigner sur un aspect méconnu de l'image de la Belgique et de sa position dans la hiérarchie internationale, à savoir sa contribution au droit international. L'évolution de ce milieu et de ce qu'il représente, à l'aune de la Guerre de 1914-1918, reconnue pour avoir accéléré la juridicisation des relations internationales, constitue l'essentiel de l'angle d'approche adopté par notre recherche. Ces réflexions nous mènent à la problématique générale de cet ouvrage, que l'on peut énoncer comme suit : dans quelle mesure les juristes belges de droit international public, de 1914 à 1940, ont tissé des réseaux internationaux, ont été des indicateurs de l'évolution de la Belgique dans la hiérarchie internationale et, surtout, ont été influencés par l'expérience de la Guerre de 1914-1918, en tant que génératrice d'une mémoire influant sur les modes d'expressions et de représentations de ce groupe social ...
Nombre de pages
250
Date de parution
01/06/1992
Poids
307g
Largeur
210mm
Plus d'informations
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EAN
9782807606036
Titre
Incarner le droit international
Auteur
Genin Vincent
Editeur
PETER LANG AG
Largeur
210
Poids
307
Date de parution
19920601
Nombre de pages
250,00 €
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Naissance et renaissance d'un principe Cette histoire propose d'explorer la laïcité comme objet de réflexion et non comme éternel sujet polémique. Car coupée de ses principes fondateurs et instrumentalisée à foison dans une France saisie par un désir de révolution conservatrice, la laïcité donne lieu à des clichés délivrés comme vérité par une large frange de l'opinion élevant un principe juridique en religion civile. Prisonnière du présent, elle devient un mythe de notre temps. Les champs politique, médiatique (et parfois intellectuel) se montrent souvent sourds aux réflexions en sciences sociales menées à son sujet. Fondé sur des archives inédites et de nombreuses sources produites depuis 1905, ce livre est un voyage dans la laïcité de ceux qui la travaillent et une tentative de suspendre la panoplie de valeurs et d'idéologies qui entourent ce mot totémique de la France contemporaine et, peut-être, dans son ultime détournement, le nouveau visage de son nationalisme.
C'est en observateur extérieur que Vincent Genin retrace l'histoire d'un mot utilisé aujourd'hui aussi bien comme un pare-feu que comme un lance-flammes, mot-valise et mot-valeur censé se porter garant de la République. Or la laïcité n'est pas une valeur, mais un principe. Et cela change tout ! Escamotant, de son point de vue belge, une des grandes mystifications de l'histoire française, l'auteur redonne du lest à une laïcité mise en danger par toutes les superstitions qui la déforme. On va de surprise en surprise en troquant des idées reçues contre une nouvelle idée à se faire. Une très belle méditation sur les éclairages précieux de l'histoire et sur les angles morts de nos inconscients collectifs. Une mise au point indispensable pour ne pas abandonner la pensée au profit d'un récit national souvent assorti d'un esprit de supériorité et de fantasmes d'uniformité.
Ce livre n'est pas une biographie scientifique de Marcel Detienne (1935-2019) - enfin, il l'est sans l'être vraiment. Ce n'est pas non plus l'éloge d'un des hellénistes, philologues et anthropologues de la Grèce ancienne les plus reconnus dans le monde, traduit, considéré comme le fils brillant et tumultueux de Jean-Pierre Vernant. Il faudrait ajouter Claude Lévi-Strauss, Michel de Certeau et Georges Dumézil. Son ami Philippe Sollers, aussi. Le havre de paix qu'il avait trouvé à l'Ecole pratique des hautes études, à Paris, venant de sa Belgique problématique. L'ostracisme qu'il a connu, enfin, des rives italiennes à celles des Etats-Unis. Il s'agit plutôt d'un essai subjectif, écrit par un historien, donc documenté. Il est l'enfant d'une visite que l'auteur lui a rendue quelques semaines avant sa mort, et d'une volonté de l'écrire après l'avoir vu. Vincent Genin a voulu rester avec Marcel. Lire son oeuvre, celle du structuraliste au coeur de la Grèce - Les Maîtres de vérité (1967), Les Jardins d'Adonis (1972) -, du camarade des dieux (Dionysos, Apollon, etc.), de l'intellectuel qui doute - L'Invention de la mythologie (1981), L'écriture d'Orphée (1989) - puis l'enfant de la guerre inquiet devant une Grèce étant la valeur-or des nationalismes : Comparer l'incomparable (2000) et Où est le mystère de l'identité nationale ? (2009). Puis tenter de comprendre son être, ses moteurs, ses errances.
Comment expliquer la popularité du football à l'échelle européenne ? Une des pistes pour répondre à cette question est d'étudier le rôle de l'Union des associations européennes de football (UEFA) qui n'a eu de cesse d'agir en vue de renforcer les échanges footballistiques au niveau européen. À partir du dépouillement d'archives inédites, ce livre répond à un vide historiographique en proposant de retracer la genèse et la formation de l'UEFA dans une perspective globale et qui privilégie le long terme. Nous défendons ici la thèse que la mise en place de cette organisation au milieu des années 1950 est un tournant dans l'histoire du football européen. Trois axes principaux complémentaires sont développés tout au long de cet ouvrage. Le premier traite du rôle de la FIFA (Fédération internationale de football association), puis de l'UEFA dans le développement d'une dynamique européenne du jeu. Le deuxième questionne la possibilité qu'ont les dirigeants du football de créer un organisme qui transcende les barrières de la Guerre froide (à sa fondation, l'UEFA compte une trentaine de pays européens). Finalement, le troisième interroge les raisons de la constitution de l'UEFA durant les années 1950 ainsi que le modèle d'organisation choisi par ses promoteurs.
Directeur de cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, Commissaire au plan, plusieurs fois ministre, mais aussi directeur général du marché intérieur à Bruxelles à trente-trois ans et premier président français de la Commission européenne, François-Xavier Ortoli (1925-2007) représente une personnalité profondément originale au sein des élites politiques françaises de la deuxième moitié du XXe siècle. Après avoir combattu les Japonais en Indochine - son pays de jeunesse - en 1944 et 1945, il promeut l'ouverture internationale et la modernisation de l'économie française comme jeune fonctionnaire au ministère des Finances, puis à la Commission européenne entre 1958 et 1961. La France, l'Europe, le monde sont dès lors au coeur de ses préoccupations et de son action, tant auprès de Georges Pompidou jusqu'en 1972, qu'à la Commission européenne jusqu'en 1984, ou à travers des canaux institutionnels multiples par la suite. C'est Ortoli lui-même qui parle dans le présent ouvrage où transparaît son goût pour l'analyse prospective. Les textes ici réunis rendent compte de la dimension spécifiquement européenne de sa pensée. Prises de position publiques, notes de réflexion ou de travail mais aussi correspondances révèlent le fonctionnement interne de la Commission ou mettent en avant des initiatives longtemps ignorées d'Ortoli comme Commissaire européen.