Il faut élaborer une nouvelle clinique pour le traitement des toxicomanes qui puisse relever le défi du changement. En effet, contrairement à une idée reçue, les toxicomanes demandent à changer, car ils souffrent bien souvent de ce qu'ils vivent. Ils le peuvent, pourvu que les thérapeutes mettent en ?uvre des stratégies adaptées. Ce livre propose, à partir de situations cliniques, une réflexion nouvelle et dynamique sur les possibilités d'intervention auprès des toxicomanes. Si le but du traitement est, d'une manière générale, le changement, ce dernier ne se résume pas à l'arrêt de la consommation de drogues. Les objectifs sont aussi variés que les situations auxquelles est confronté le clinicien et les moyens mis en ?uvre. Quant aux toxicomanes, on découvre ici avec intérêt qu'ils ne sont pas totalement aliénés par leur toxicomanie, et que leurs potentialités évolutives sont grandes. Pour que ce travail clinique puisse advenir, certaines conditions doivent être remplies, qui relèvent de la politique de lutte contre la toxicomanie et de l'organisation des soins. La réduction des risques fait aujourd'hui figure de politique " officielle " en la matière. Elle demeure indispensable pour lutter contre la contamination des toxicomanes par les virus du sida et des hépatites, mais elle ne saurait sans effets pernicieux étendre son champ d'action à l'infini. En réalité, réduire la toxicomanie à ses seuls risques somatiques revient à dénier la dimension de souffrance psychique qui s'y rattache, et que tout thérapeute se doit d'essayer de soigner. Ce livre nous permet pour une fois de pénétrer -sans voyeurisme- à l'intérieur d'un cabinet de thérapeute, tant les situations cliniques y abondent. Cette part voilée de l'activité des psychiatres nous est révélée sans arrogance mais aussi sans crainte de marquer l'audace et l'initiative du thérapeute.
Nombre de pages
210
Date de parution
05/01/1998
Poids
240g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020326162
Titre
Les toxicomanes ne sont pas tous incurables
ISBN
2020326167
Auteur
Geismar-Wieviorka Sylvie
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
240
Date de parution
19980105
Nombre de pages
210,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le livre d'un médecin de terrain pour aider à soigner les toxicomanes. Une contribution essentielle pour comprendre les évolutions des politiques de santé en matière d'usage des drogues et l'accompagnement dont doivent bénéficier les plus vulnérables.
Tout le monde croyait savoir ce qu'est la toxicomanie et quels sont les moyens de la combattre. Force est de constater après lecture de ce livre que nous étions dans l'erreur. Le présent ouvrage se distingue de la littérature sur le sujet par son abord spécifique : l'accent est mis sur le sujet toxicomane plutôt que sur la drogue ou sur le phénomène toxicomaniaque, le problème est traité sous les angles clinique, institutionnel et politique. Il existe une " pensée toxicomaniaque " dont les caractéristiques sont repérées : de la dénégation (" je sais bien..., mais quand même ") à l'idéal de superindépendance (" je veux être libre ") en passant par l'utopie toxicomaniaque (" j'ai besoin d'un autre monde "). L'auteur met à plat les discours des toxicomanes, ainsi que ceux des experts et des politiques, pour en souligner les concergences et les contradictions. Une étude des habituelles définitions du toxicome (toxicomane-malade, toxicomane-victime, toxicomane-délinquant) ainsi qu'une analyse critique des différentes solutions proposées aux problèmes de la drogue tant dans leurs fondements théoriques que sous l'angle de leur impact pratique, permettent à l'auteur de s'engager personnellement dans le débat. Entre autres à propos de " la législation actuelle qui ne différencie ni les drogues entre elles ni les diverses formes de délinquances liées à l'usage des stupéfiants et qui conforte le sujet toxicomane dans sa vision d'un monde en tout ou rien, sans nuances ni distinctions ". Les Toxicomanes, écrit dans un mouvement de nécessité, est un livre-action qui peut contribuer à changer l'abord du problème de la drogue notamment dans le champ politique et institutionnel.
Ceux-ci ont refusé l'engrenage du terrorisme qui faisait rage un peu partout dans le monde, jusque chez nos plus proches voisins. Qu'est-ce donc qui les a retenus? Une certaine conception de la morale et de ses rapports avec l'action politique.Après Bologne, Munich, Copernic, la question est plus que jamais actuelle. En Italie, les Brigades Rouges qui avaient assassiné Aldo Moro lancent un nouvel assaut. Et la France de janvier 1981 n'est pas épargnée: bombe chez Chanel, explosions en Corse, exécutions au Pays Basque, violence raciste.Il faut alors écouter les ex-terroristes, notamment allemands et italiens, qui sont parvenus à se dégager de cette danse macabre. Avec eux, Alain Geismar récuse cet affrontement clos entre groupes armés et forces de répression, qui étouffe les libertés de tous et de chacun: il propose une réflexion sur l'origine même du terrorisme et en appelle à une nouvelle morale politique.Alain Geismar, né en 1939, était en Mai 68 secrétaire général du Syndicat National de l'Enseignement Supérieur. Il a été ensuite porte-parole des " maos " de la Gauche Prolétarienne.
Geismar, Cohn-Bendit, Sauvageot: leur photo, poing levé ou mégaphone aux lèvres, à la tête d'une marée humaine, a fait le tour du monde voilà quarante ans et incarne encore aujourd'hui Mai 68. Au moment où certains croient judicieux de caricaturer ce moment capital de notre histoire récente, Alain Geismar a souhaité livrer son témoignage, expliquer ses choix et ses attentes, faire partager ce que fut, pour lui et des milliers d'autres, le lumineux mois de mai. On apprendra ici quantité de détails inconnus, mais surtout on comprendra comment s'est levée la vague de mai, pourquoi elle a eu cette ampleur, les obstacles sur lesquels elle a buté et les prolongements qu'elle a connus, via l'aventure de la Gauche prolétarienne. Sans complaisance, ni tentation autojustificatrice, Alain Geismar livre un témoignage indispensable à l'histoire du temps présent
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
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Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...