Depuis quelques années, certains chercheurs en SIC se sont efforcés de rappeler le rôle essentiel de la «raison critique» face aux objets culturels, en s’inspirant d’auteurs comme Theodor Adorno ou Walter Benjamin. Le projet d’une économie politique critique de la communication a produit une analyse des stratégies des acteurs en prenant en compte la recomposition des modèles économiques et des filières industrielles dans le secteur culturel en général et musical en particulier. En dialogue avec ces logiques socio-économiques en SIC, ce dossier traite des musiques enregistrées, conçues comme des formes complexes, à la fois sonores, techniques et marchandes. Car les transformations récentes de l’industrie des musiques enregistrées réveillent l’héritage de la Théorie critique autant qu’elles le remettent en question. Peut-on encore parler aujourd’hui d’industrie culturelle face à une plateforme comme YouTube ? Pourquoi le concept d’ «aura» fait-il retour pour désigner des supports musicaux pourtant produits en masse (le vinyle ou le CD) ? Que signifie de nos jours la législation concernant les «droits d’auteurs» pour les modèles de valorisation symboliques et économiques de la musique ? Quel type d’auditeur est inscrit dans le format MP3 ? Face à tous ces aspects problématiques que cristallisent les musiques enregistrées, les outils hérités de la Théorie critique apparaissent encore opératoires. Ce dossier s’emploie à les réélaborer, les remettre en contexte et les confronter avec les écritures contemporaines de la culture musicale.
Nombre de pages
158
Date de parution
06/10/2015
Poids
262g
Largeur
525mm
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EAN
9782358761420
Titre
Communication et Langages N° 184, Juin 2015 : Théorie critique et musiques enregistrées
Tout le monde connaît la pop, la reconnaît, a un avis sur elle. Pourtant, sa singularité artistique et philosophique reste peu interrogée, comme si un tabou pesait sur cette forme musicale née au début du XXe siècle et dont le destin est lié à ses conditions techniques de production et de diffusion. Son ancrage, essentiel, dans le monde de la phonographie, est généralement interprété comme le trait honteux d'une musique qui aurait cessé d'en être tout à fait une, jusqu'à s'identifier aux "sons du capitalisme" qui déguisent en sucreries auditives les grognements de la bête immonde. L'enregistrement et ses conséquences auraient avant tout dégradé la musique, altéré ce qui la préservait - imagine-t-on - de la standardisation, jusqu'à produire à la chaîne une forme de musique consommable, accessible à tous, universellement médiocre. Des hits d'ABBA aux hymnes de Beyoncé, la pop serait structurellement inauthentique. Dans cet ouvrage, Agnès Gayraud se penche sur la profondeur de cette musique longtemps qualifiée de "légère" et cantonnée à un statut d'objet de consommation. Elle y déploie tous ses paradoxes, au coeur des oeuvres musicales elles-mêmes, pour révéler les ramifications esthétiques d'une richesse insoupçonnée de ce qui a peut-être été l'art musical le plus important du XXe siècle.
Monod-Gayraud Agnes ; White Lorna ; Makeyeva Nadze
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11 septembre 2001: des islamistes détournent quatre avions de ligne américains et les transforment en armes de guerre contre les Etats-Unis. Cette agression unique dans l'histoire des Etats-Unis modifie brutalement le cours de l'histoire de la première puissance du monde et d'une partie de la planète. Pourtant cet événement tragique, dont on a pu dire qu'il marquait le vrai début du XXIe siècle, prend la suite de la longue série des attentats qui, depuis un demi-siècle, rythment notre quotidien et les relations internationales. En quoi consiste la spécificité du terrorisme moderne? Quels nouveaux moyens de lutte appelle-t-il...
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Le marché du logement n'est pas un marché comme un autre. L'accès au logement, malgré son statut de droit opposable, est rendu de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes générations, du fait de la progression importante des dépenses en logement des ménages. Pour des raisons similaires, l'accession à la propriété des ménages modestes est rendue de plus en plus en complexe. Le logement, premier actif du patrimoine des ménages, est devenu l'un des principaux vecteurs de transmissions intergénérationnelles. Le mal-logement et les situations d'exclusion continuent de progresser en France et la question se pose de la capacité de notre société à enrayer ces phénomènes aux facettes multiples. Les divergences observées entre les différents marchés du logement ont eu pour conséquence la rupture du parcours résidentiel d'un grand nombre de ménages. Apprendre à identifier et à vaincre les crises du logement qui traversent la France devrait constituer l'une des problématiques centrales du débat public pour les prochaines années.
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Pour une révolution permanente de la raisonRecueil d'articles dont la première édition a été publiée en 1972 dans la collection Bibliothèque française contemporaine. L'Engagement rationaliste suit l'intégralité de la trajectoire de Gaston Bachelard. Composé, titré et préfacé par Georges Canguilhem, ce recueil s'ouvre avec un manifeste épistémologique révolutionnaire (« Le surrationalisme ») rédigé en soutien au Front populaire, et s'achève avec l'éloge de Jean Cavaillès, l'ami chef de la Résistance assassiné par les nazis, manifestant ainsi le caractère engagé de l'épistémologie. Cet engagement consiste en premier lieu à suivre la science dans ses progrès : « il faut que le rationaliste soit de son temps, et j'appelle de son temps, du temps scientifique, de la science du temps que nous vivons actuellement ». Un tel rationalisme révise ses connaissances, ses méthodes et jusqu'à ses principes. Il ne lutte pas seulement contre le sens commun, mais aussi contre des normes de scientificité héritées du passé. Cette posture résolument progressiste résonne avec d'autres positions avant-gardistes. La présente édition, présentée et commentée par Vincent Bontems, précise l'origine des textes, restitue leur contexte, et identifie la source des citations et des concepts, afin d'éclairer le sens des engagements de la pensée et de l'existence de Bachelard.
Marx, Engels et nombre de marxistes ont été confrontés à la question nationale. Faut-il défendre la nation ? Sous quelles conditions et dans quel contexte ? Les plus célèbres figures du marxisme (Lénine, Rosa Luxemburg) ont proposé des solutions divergentes voire profondément contradictoires, et suggéré de soutenir certaines causes nationales (notamment celles des peuples opprimés) ou bien au contraire parfois de répudier toute appartenance à un territoire ou une culture. Récemment, la crise de l'Union européenne et l'implosion de plusieurs Etats-nations au Moyen-Orient ont remis sur le devant de la scène les problématiques nationales, que d'aucuns estimaient dépassé à l'heure de la mondialisation et de l'effacement (présumé) des frontières et des espaces nationaux. Ce numéro propose ainsi à la fois de revenir sur les définitions de la nation et du nationalisme proposées par les marxistes mais également sur des enjeux plus contemporains, à travers des études de cas concernant plusieurs continents.