Nous n'en avons pas fini avec la République de Weimar, aussi flamboyante et baroque sur le plan culturel qu'elle fut désastreuse sur le plan politique. D'un côté la peinture expressionniste, Rilke et Thomas Mann, Bertolt Brecht, la musique atonale, Nosferatu et L'Ange bleu, le Bauhaus et l'invention du design ; de l'autre, la violence quotidienne, les assassinats politiques, la déroute du mark, l'irrésistible montée de la haine.Mais peut-on continuer de séparer culture et politique ? Jamais leur dépendance ne fut si forte que durant ces années où l'Allemagne chercha la voie de la démocratie et découvrit le chemin du nazisme. Ce que montre Peter Gay, dans cet essai brillant et incisif, c'est la façon dont l'élite cultivée de Weimar collabora sans le vouloir, ni toujours le savoir, à l'effondrement final en janvier 1933. Cette République n'eut pas d'opposition plus acharnée ni de critiques plus acérées que de ceux qui auraient dû en être les défenseurs. « Non contents d'inviter le cheval de Troie à entrer dans la cité, les hommes de Weimar assistèrent à sa construction et prirent soin d'assurer un asile à ses architectes. » Avec une force sans égal, c'est la question de la responsabilité des intellectuels qui est posée là, devant le tribunal de l'Histoire.
Nombre de pages
280
Date de parution
22/09/1995
Poids
274g
Largeur
125mm
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EAN
9782070740819
Titre
Le suicide d'une république. Weimar, 1918-1933
Auteur
Gay Peter
Editeur
GALLIMARD
Largeur
125
Poids
274
Date de parution
19950922
Nombre de pages
280,00 €
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Spécialiste du siècle des Lumières et de l'histoire culturelle européenne, et auteur d'une célèbre biographie de Freud, l'historien-biographe Peter Gay réinvente la figure de Mozart, au-delà du mythe et de la fascination. Le portrait radicalement neuf qu'il trace du maître de Salzbourg dévoile des vérités plus captivantes encore que les légendes qui l'entourent. Son récit de l'enfance du jeune prodige et de sa révolte contre un père tyrannique diffère de l'approche habituelle et révèle, par son originalité même, un tout autre Mozart. Il décrit également la fulgurante évolution d'un créateur dont la vie fut une suite ininterrompue de réussites, puis celle d'un compositeur qui explora en profondeur les registres de chaque instrument et créa des chefs-d'?uvre dans tous les genres musicaux, notamment l'opéra.
Oeuvre d'historien, fruit d'un patient travail d'archives et d'une réflexion qui remettent l'histoire de la psychanalyse et de son inventeur dans une perspective neuve et solide, cette biographie ne connaît pas d'équivalent. Elle permet de découvrir Freud sous les traits d'un médecin viennois plutôt conventionnel, enraciné dans sa culture et tributaire des drames du siècle. Elle perce à jour les querelles et les enjeux qui déchirèrent le cercle des premiers adeptes, et relate par le menu la naissance des concepts et des théories, des intuitions et des remises en cause qui modifièrent notre idée de l'homme de manière irréversible.Redonner à Freud et à son oeuvre leur véritable place dans l'histoire des idées, restituer le contexte social, politique et culturel, qui permit l'éclosion de la psychanalyse, c'est là l'ambition de ce livre. Elle peut sembler démesurée. Elle demeure néanmoins foncièrement légitime : trop vite passé à la légende, interprété à tort et à travers, protégé ou vilipendé, Freud méritait bien qu'on lui ouvre en grand les portes de l'histoire.Peter Gay, Professeur d'histoire à Yale University, spécialiste de l'histoire culturelle européenne, a consacré de nombreux ouvrages aux Lumières, à la mentalité bourgeoise et à la naissance de la psychanalyse. Parmi eux, ont été traduits en français Le Siècle des Lumières (Time Life, 1974) et Un juif sans Dieu (PUF, 1989), sur Freud et l'athéisme.Traduit de l'anglais par Tina Jolas.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.