Quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'extrême droite réapparaît sur la scène politique française et ne la quittera plus jusqu'à aujourd'hui. Immédiatement, une opposition apparaît face à cette sombre renaissance, notamment à partir de la guerre d'Algérie. Jean-Paul Gautier nous propose de revenir sur l'histoire des différentes composantes et sensibilités de ces mouvements antifascistes des années 1960 à nos jours. Mais aussi sur leurs débats sur la violence, le rapport à l'Etat et au champ politique institutionnel. Les mobilisations de partis politiques au cours de cette longue période sont retracées, ainsi que leurs analyses souvent contradictoires sur la nature même de la menace fasciste et les moyens de la combattre. A l'appui d'une riche documentation, l'auteur revient, sur la façon dont cette irruption, en particulier avec le Front national, bouscule les certitudes politiques. De même, l'histoire des différentes associations, revues et mouvements qui ont combattu le Front national est relatée. Soulignons l'effort de documentation de ces acteurs sur les méandres de l'extrême droite qui constitue certainement un élément décisif dans la connaissance de l'extrême droite aujourd'hui et de son histoire. L'auteur revient sur l'histoire d'autres acteurs de l'antifascisme que sont les associations et collectifs (Ras l'Front, No pasaran...) qui ont été des vecteurs clés de mobilisations contre le Front national, notamment parmi la jeunesse. Notons enfin, un passionnant chapitre sur le mouvement syndical face à l'extrême droite. En effet, la pénétration de cette dernière dans le monde salarial ne s'est pas limitée au champ électoral, elle s'est prolongée au sein des organisations syndicales elles-mêmes, allant jusqu'à la création éphémère de syndicats qui lui étaient acquis. L'ouvrage revient en détail sur cette question et le positionnement de l'ensemble de l'éventail syndical sur ce problème et ses pratiques dans le domaine de la lutte contre l'extrême droite.
Nombre de pages
229
Date de parution
13/10/2022
Poids
428g
Largeur
150mm
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EAN
9791039900584
Titre
Antifascisme(s). Des années 1960 à nos jours
Auteur
Gautier Jean-Paul
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
150
Poids
428
Date de parution
20221013
Nombre de pages
229,00 €
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Tout à la fois décontenancés et fascinés par le nouveau visage offert par le Front national depuis l'accession de Marine Le Pen à sa tête, les analystes ont inventé une nouvelle gomme magique : la "dédiabolisation". Une "heureuse" évolution de l'organisation fondée en 1972 par Le Pen père et composée à l'origine d'anciens collabos, de vétérans de la division SS française Charlemagne, de tueurs de l'OAS et des nervis d'Ordre nouveau serait en cours. Cependant, pour quiconque s'aventure dans les coulisses du Front national, étudie ses discours, écoute ses dirigeants et observe ses activités, cette mutation s'inscrit dans la même matrice idéologique qui avait présidé à sa fondation. Derrière le discours policé, le Front national reste un parti racialiste et hostile aux libertés démocratiques. Pour autant, nul ne peut le nier, le Front national d'aujourd'hui ne ressemble pas à celui d'hier. Pour comprendre les continuités et les ruptures, Jean-Paul Gautier examine le 14e congrès de ce parti (2011), s'arrête sur la composition des équipes qui gravitent autour de la présidente et scrute leur formation idéologique et leurs écrits. Il passe ensuite au crible le programme du parti issu du congrès de Lyon (2014) que l'auteur qualifie de "programme national et social", de "programme caméléon". Un livre indispensable qui permet un décryptage clair du Front national d'aujourd'hui afin de ne pas se laisser abuser, entre autres, par ses discours démagogiques sur la question sociale ou sur la laïcité.
Le mouvement lepéniste reste un phénomène politique sur lequel de nombreux commentateurs se perdent en conjectures embrouillées. Réexaminer l'histoire des extrêmes droites est donc essentiel pour éclaircir les racines politiques du lepénisme. Des lendemains de la Libération à nos jours, les extrêmes droites ont parcouru un long chemin avant de s'inscrire durablement dans le paysage politique français. L'extrême droite n'est ni unique ni homogène, pas plus qu'elle n'est une droite qui surenchérit sur les valeurs de la droite classique. Catholiques intégristes, païens, antisémites, monarchistes, anciens collabos, activistes de l'Algérie française, terroristes de l'OAS, anticommunistes forcenés, racistes biologiques, partisans de l'apartheid, ultralibéraux, social-nationalistes et bien d'autres encore se croisent, s'entrechoquent et cohabitent. Jean-Paul Gautier scande en trois périodes l'histoire des extrêmes droites depuis l'après-guerre : 1, De 1945 à la guerre d'Algérie, les chemins du redressement (1945-1968) ; 2, La reconstruction idéologique et l'activisme violent (1969-1974) ; 3, L'unification partielle des extrêmes droites avec la construction et la montée du Front national (1974 à nos jours). Un livre essentiel pour comprendre les méandres d'un courant politique multiforme qui monte à l'assaut du pouvoir.
Née des retombées de la guerre de 1870 et de l'Affaire Dreyfus, l'Action française disparaît en 1944, compromise par ses liens avec le régime de Vichy. Elle renaît dès 1945 à travers une publication clandestine. Lentement, les partisans de la monarchie et du maréchal Pétain reconstruisent leurs réseaux. À la veille de la guerre d'Algérie, l'organisation royaliste est reconstituée sous le nom de Restauration nationale. Elle se range aux côtés des partisans de l'Algérie française et l'OAS trouve en elle un de ses meilleurs soutiens. Cette réapparition du courant royaliste sur la scène politique, et sa permanence durant ces 50 dernières années, va marquer l'histoire d'après-guerre de l'extrême droite en France. La nouvelle " génération Maurras " sera présente et active de Mai 68 au mouvement lycéen de 1996 en passant par les célébrations du Bicentenaire de 1789, en dépit des crises et scissions qu'elle affrontera. Cet ouvrage constitue une contribution indispensable pour comprendre la survivance et la permanence de courants antidémocratiques au sein de notre société. " Les succès électoraux du Front national ont fait passer au second plan les autres composantes de l'extrême droite française, tout particulièrement sa branche royaliste. Le livre de Jean-Paul Gautier vient heureusement combler cette lacune, retraçant l'histoire de la Restauration nationale de sa création en 1955 à nos jours. Son travail, tiré de la thèse qu'il leur a consacrée, apporte des informations inédites sur l'idéologie et les militants de cette mouvance. " Nonna Mayer
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.