Après avoir publié l'édition complète, bilingue, des poèmes de Zbigniew Herbert, ainsi que ses trois volumes d'essais, le Bruit du temps offre maintenant à ses lecteurs Zbigniew Herbert et la poétique du don, exploration synthétique de son oeuvre, de sa biographie et de ses traductions en anglais et en chinois. Cette somme originale est le fruit de la collaboration de chercheurs de trois continents : comparatistes, linguistes, musicologues, spécialistes d'art pictural et de littérature, traducteurs. Avec leur sensibilité et leurs outils propres et dans un langage intelligible, ils projettent une nouvelle lumière sur un poète et essayiste dont l'écriture vibrante, l'ironie, la plurivocité, l'approche historique et philosophique séduisent des lecteurs internationaux. Ces études fouillées posent le contexte historique de l'Europe du xxe siècle, analysent le processus de création et la vision inédite du totalitarisme de l'auteur. La perspective du don : don du poème, dédicace qui appelle une signification supplémentaire, démarche esthétique, don de liberté et de pensée, don fait au lecteur, instaurant un lien social et spirituel, enraciné dans une tradition humaniste et retrouvant le rite grec antique, permet de revisiter cette oeuvre foisonnante qui n'a pas encore livré tous ses secrets. Ainsi que le résume l'un des auteurs : "D'un même mouvement, il s'agit de faire un don aux vivants et aux morts une restitution". L'édition est enrichie de multiples renvois, de dessins de Herbert et de reproductions de tableaux. Récemment traduit et publié en Pologne, l'ouvrage a été salué comme "un livre important et nécessaire qui complète de manière essentielle les recherches herbertologiques, en élargissant le champ de leur problématique et de leurs perspectives de recherche, et est en outre, une précieuse contribution aux études littéraires" . Aux lecteurs qui ne connaîtraient pas encore l'oeuvre de cet écrivain polonais majeur, ce volume propose une découverte de son univers dans toute son épaisseur intellectuelle et sensuelle. A l'égal de ses maîtres, Eliot et Rilke, Herbert réenchante la littérature, pour qu'elle soit plaisir, réflexion et vecteur de vie.
Nombre de pages
300
Date de parution
03/12/2021
Poids
302g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782358731713
Titre
Zbigniew Herbert et la poétique du don
Auteur
Gautier Brigitte ; Urbanowski Maciej
Editeur
BRUIT DU TEMPS
Largeur
136
Poids
302
Date de parution
20211203
Nombre de pages
300,00 €
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Si la popularité de la culture française en Pologne est une chose avérée, la division de l'Europe en deux blocs a dissimulé l'influence exercée par Camus, Malraux et Saint-Exupéry sur les intellectuels polonais. Cet essai présente le contexte littéraire, politique et social dans lequel intervient la réception des œuvres des trois écrivains, ainsi que les mythes édifiés autour d'eux. Il montre également que les valeurs défendues par ces auteurs rencontrent un écho immédiat, parce qu'elles sont une affirmation de l'individu, de sa dignité et de sa liberté, face aux systèmes qui visent à l'asservir. Apparaît ainsi, au-delà de tous les présupposés et des déterminations historiques, une réelle communauté esthétique et morale. Les axes de la géostratégie européenne s'étant trouvés modifiés par l'histoire récente, le lecteur curieux trouvera ici un point d'entrée dans l'aire culturelle centre-européenne.
Zbigniew Herbert, auteur culte en Pologne, n'est connu en France que d'un cercle de privilégiés. Cet ouvrage se propose donc de donner une vision panoramique de son oeuvre de poète et d'essayiste et de l'introduire à un public plus large. D'autant que son oeuvre englobe le monde de la sensation, de l'expérience humaine, de l'art, le passé des civilisations... Elle est nourrie des nombreuses années passées à l'étranger, en particulier en France, par son auteur.
La transition de 1989 en Europe de l'Est, redevenue ainsi "Europe centrale et orientale", a bouleversé le continent européen et les visions de l'histoire. Les changements ont influencé la langue, l'histoire et la littérature des différents pays. Il existe un avant et un après 1989 de la langue, qui devient plus riche, parfois anarchique, plus précise et surtout plus joyeuse. La littérature est là pour le prouver. Elle se réapproprie le passé de façon ludique et dévoile la complexité du présent.
Figure essentielle de la littérature du XXe siècle, Zbigniew Herbert (1924-1998), poète et essayiste polonais, traverse son époque de bruit et de fureur en faisant l'expérience du chaos historique : la guerre, les totalitarismes et la perte, mais son goût effréné du bonheur, de l'art, des voyages et de l'amitié, lui permet d'édifier une oeuvre humaniste et sensuelle, une oeuvre fraternelle qui n'a de cesse d'encourager son lecteur à se tenir debout. Herbert, qui aurait pu vingt fois "passer à l'Ouest", a choisi de rester parmi les siens et de lutter avec les armes de l'esprit : allusions, distance, détours par la culture classique, humour et ironie. "Le seul mouvement possible des hommes ligotés / c'est la parole", écrit-il dans "Atlas". Et si chacun de ses poèmes a marqué une victoire contre la censure et la bêtise du régime communiste, tous ont une dimension universelle qui en fait une ressource inespérée pour notre temps. D'un choix de poèmes paru en anglais, Joseph Brodsky avait d'ailleurs écrit : "Aussi longtemps que durera l'espèce, ce livre sera opportun." En s'appuyant sur des archives inédites, Brigitte Gautier retrace la vie de Zbigniew Herbert, "poète de l'ironie historique" (Czeslaw Milosz), aujourd'hui traduit en trente-deux langues.
Ce volume reproduit la traduction de La Mort à Venise commandée en 1946 à Philippe Jaccottet par l'éditeur Henry-Louis Mermod avec l'approbation de l'auteur, et publiée en Suisse l'année suivante. Miroir et statue ! Il embrassait du regard la noble figure debout là-bas au seuil de l'azur et, exalté par son ravissement, il croyait dans ce seul regard saisir le Beau en soi, la Forme en tant que pensée divine, la pleine et pure perfection qui n'existe que dans l'esprit et dont s'élevait ici, pour qu'on l'adorât, légère et pleine de grâce, une copie, une image humaine. C'était l'invasion de l'ivresse ; et l'artiste vieillissant l'accueillait sans hésitation, avidement. Il sentait son esprit tournoyer en vastes cercles, sa culture s'émouvoir, sa mémoire brasser des mythes immémoriaux appris au temps de sa jeunesse et que nulle personnelle chaleur n'avait jusqu'alors ravivés. Thomas Mann, La Mort à Venise - chapitre IV, 1912.
Unique roman de l'auteur, Six Nuits sur l'Acropole est un livre de jeunesse, esquissé dans les années 1920, mais réécrit dans la fièvre vingt-cinq ans plus tard par Séféris alors qu'il était en poste au Liban dans les années 1950 et qu'il ne se sera jamais résolu à publier de son vivant, peut-être parce qu'il craignait d'y avoir révélé trop de lui-même. Sept jeunes gens, parmi lesquels Stratis, l'alter ego de l'auteur, s'y cherchent, perpétuellement tiraillés entre la grandeur passée de la Grèce et leur refus de la réalité présente d'Athènes, entre leurs rêves d'absolu et l'omniprésente sensualité à laquelle les invitent, en ce début de 1928, la grande ville et leur " croyance à la toute-puissance du corps " (comme il est dit dans un poème de 1941). Ils forment le projet de se réunir chaque nuit de pleine lune sur l'Acropole, avec l'espoir – illusoire dans l'Athènes " rétrécie " des années vingt – d'y puiser " la force de leurs ancêtres immortels ". Le projet échouera, bien sûr, mais nul besoin de connaître déjà l'oeuvre poétique de Séféris, pour être séduit par ce portrait hachuré d'une poignée de jeunes gens en quête de cohésion et s'ébrouant dans une bohême qui nous semble encore assez neuve. Comme l'écrit le traducteur : " On peut lire ces Six Nuits sur l'Acropole comme un divertissement romanesque et moins juvénile qu'il n'y paraît, y chercher le portrait d'une ville et d'une génération où affleureraient aussi les réalités de l'époque, ou encore prêter à ce livre, sous le patronage de Dante qui introduit ce récit d'une jeunesse revisitée et l'éclaire de nouveau à la toute fin, des significations insoupçonnées. On y retrouvera dans tous les cas cette manière propre à l'auteur de s'attacher à tous les aspects du réel, jusqu'aux plus prosaïques, pour tâcher d'en entendre et d'en dégager le sens ".
Je n'ai pas envie de parler de moi, mais d'épier les pas du siècle, le bruit et la germination du temps..." Même s'il s'en défend, avec Le Bruit du temps, publié en 1925 et rédigé en Crimée dès 1923, Mandelstam signe son livre le plus autobiogaphique et donc la meilleure introduction qui soit à son oeuvre. Il y évoque le Pétersbourg d'avant la révolution et sa formation de poète: de la bibliothèque (russe et juive) de son enfance à l'étonnant professeur de lettres, V. V. Gippius, qui lui a enseigné et transmis la "rage littéraire". Mais le livre est aussi une éblouissante prose de poète, qui annonce Le Timbre égyptien. Une prose où le monde sonore du temps (concerts publics, mais aussi intonations d'acteurs, chuintements de la langue russe) constitue la base du récit, une prose qui jaillit d'un regard à travers lequel le monde semble vu pour la première fois, avec une étonnante intensité. Mandelstam compose ainsi une suite de tableaux d'une exposition sur la préhistoire de la révolution. Le livre s'achève au présent sous une chape d'hiver et de nuit ("le terrible édifice de l'Etat est comme un poële d'où s'exhale de la glace"), face à quoi la littérature apparaît "parée d'un je ne sais quoi de seigneurial" dont Mandelstam affirme crânement, à contre-courant, qu'il n'y a aucune raison d'avoir honte ni de se sentir coupable. Pourquoi traduire une nouvelle fois Le Bruit du temps alors qu'il existe déjà deux traductions en français, l'une, médiocre, dans une anthologie de proses de Mandelstam intitulée La Rage littéraire chez Gallimard, jamais rééditée; l'autre, extrêmement précise, par Edith Scherer, à L'Age d'homme, reprise dans la collection "Titres" chez Christian Bourgois? Sans doute parce qu'il fallait faire appel à un poète pour donner à entendre dans une langue d'une grande richesse, la musique et l'éclat si particuliers de cette prose. Nous avons commandé cette traduction nouvelle à Jean-Claude Schneider, admiré de poètes allemands comme Hölderlin, Trakl, Bobrowski, qui avait déjà traduit de Mandelstam, à La Dogana, des poèmes de Simple promesse et surtout le magnifique Entretien sur Dante, précédé de La Pelisse.
II est terrible de penser que notre vie est un roman, sans intrigue et sans héros, fait de vide et de verre, du chaud balbutiement des seules digressions et du délire de l'influenza pétersbourgeoise. L'Aurore aux doigts de rose a cassé ses crayons de couleur. Ils gisent aujourd'hui comme de jeunes oiseaux, avec des becs béants et vides. Cependant, tout absolument me semble contenir les arrhes de mon délire favori en prose."