Il y a 40 ans, Pierre Bourdieu, Luc Holtanski. Robert Castel et Jean-Claude Chamboredon publiaient : Un art moyen. Essai sur les usages sociaux de la photographie (Éditions de Minuit, Paris, 1965), fruit d'une grande enquête sociologique où ils étudiaient les usages sociaux de la photographie. Ils en montraient d'abord le caractère normatif et la prégnance des conformités. Ils montraient aussi combien pesait sur les pratiques le poids des hiérarchies sociales et de leurs représentations. Peut-on aujourd'hui re-convoquer à nouveaux frais la problématique des " arts moyens " L'idée d'une monosémie culturelle battue en brèche par les enquêtes contemporaines, l'hypothèse de la diversité des pratiques et du sens donné aux pratiques peuvent aujourd'hui être réexaminées. N'y a-t-il vraiment qu'un seul "peintre du dimanche", simplement modalisé par les statuts sociaux, un seul vidéaste amateur se conformant aux règles de l'espace social ? À une époque où les frontières entre amateurs et professionnels sont devenues de plus en plus floues dans de nombreuses pratiques artistiques justifiant qu'on s'interroge sur la définition de ce terme, et après 40 ans d'avancées technologiques fulgurantes, cet ouvrage est aussi l'occasion de réexaminer la modernité d'un concept à l'aune des NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) et d'un ensemble d'instruments technologiques qui n'existaient pas à l'époque : Vidéo, téléphones portables, appareils photo et caméras numériques, photo et caméra numériques intégrées dans les téléphones portables, Internet. Web, Net Art. Cyber-pratiques. etc. Les auteurs envisagent la diversité des pratiques des amateurs, au double sens du terme, et la diversité des pesanteurs sociales s'exerçant sur elles. Considérer la multi-détermination des pratiques des arts moyens permet à ce travail collectif d'explorer un espace aux dimensions multiples et croisées, de calculer des degrés d'autonomie, d'entrevoir aussi le fardeau de certaines stéréotypies. Cet ouvrage vise ainsi à esquisser la figure contemporaine des " arts moyens ".
Comment peut-on construire le Texte comme l'un des sujets (acteurs) cognitifs du processus de construction fictionnelle? Nombreuses sont les recherches ayant montré l'importance du rôle de la fonction fictionnelle qui s'ancre dans la littérature mais investit plus largement l'espace culturel et social. Cette fonction est en effet au coeur de la construction des entités et groupes sociaux. Si l'on pose (à l'instar de la sémiotique) le récit comme étant la représentation d'un événement (au sens d'une transformation), force est de constater que les sciences humaines font un large usage de ces récits, sous toutes leurs formes, mais sans toujours en avoir analysé les modalités et les conditions sociales d'efficacité. Le premier volume de cette recherche collective s'attache, à travers une variété de cas concrets puisés dans diverses formes artistiques, à explorer les possibilités de construction d'un nouvel objet subjectivé: le Texte-acteur, appréhendable comme l'un des pôles du processus cognitif de production fictionnelle et partenaire de l'approche socio-anthropologique. Le volume suivant, prolongera cette problématique en éclairant le Texte (en tant que sujet) interagissant avec son public (lecteur, auditeur, spectateur, visiteur, navigateur, etc.) au sein du processus culturel de production fictionnelle.
Comment appréhender l'intersubjectivité Texte/Public comme étant elle-même une construction fictionnelle productive? Approcher la place des récits dans la société nécessite la maîtrise de l'analyse des processus fictionnels constituant un des ressorts essentiels des processus de socialisation. C'est en ce sens que cette recherche collective se propose ici de considérer la relation Récit/Public (lecteur, auditeur, spectateur, visiteur, navigateur, etc.) constitutive de ces processus productifs, comme une relation intersubjective socialement définie, et de poser ainsi la question générale: Comment appréhender, à partir du concept de Texte-acteur construit dans le premier volume, la question de l'intersubjectivité, tant comme pratique, que comme émergence et convergence, ou encore comme performatif social? A partir de cas concrets puisés dans diverses formes artistiques, ce deuxième volume s'assigne comme objectif l'investigation socioanthropologique du processus culturel de production fictionnelle entre deux de ses acteurs (sujets): le Texte et le Public.
Depuis le début des années 1980, le genre est une catégorie d'analyse à part entière des sciences sociales, renouvelant les questionnements les plus classiques sur la stratification sociale, les mouvements politiques et sociaux ou la qualification au travail. Désignant aussi bien la construction historique, culturelle et sociale du sexe. les arrangements sociaux de la différence sexuée ou les actes performatifs qui " font le genre ", ce concept rend compte des principes et des modes de construction des " féminités " et des " masculinités ", de la " distinction de sexe ". Le genre s'élève désormais au rang de la classe sociale, de l'ethnicité ou de l'âge. Dans le domaine de la sociologie des arts et de la culture, le caractère genré des sociabilités, des réceptions et des pratiques a été très tôt signalé, aussi bien à travers les grandes enquêtes statistiques relatives à la participation genrée des publics que grâce aux travaux empiriques sur les différents champs, amateurs et professionnels, de la production artistique et culturelle. Or ces travaux font apparaître, sans toujours s'y arrêter de manière systématique et approfondie. la présence structurante de stéréotypes genrés, nous proposons dans ce dossier de revenir sur ces questions avec des contributions qui concernent les talk-shows (Nelly Quemener), la lecture (Viviane Albenga), les pratiques clownesques (Marie-Carmen Garcia), la musique (Reguina Hatzipetrou-Andronikou) et d'engager ainsi de manière plus approfondie la réflexion autour des stéréotypes " masculins " ou " féminins " à l'oeuvre dans les mondes de l'art contemporains.
Cet OPuS est le deuxième volet du double numéro spécial publié par la revue Sociologie de l'art-Opus sur les stéréotypes genrés dans l'art. Si l'OPuS 17 a abordé la question de l'influence des stéréotypes genrés sur les pratiques artistiques et culturelles, organisée autour des stéréotypes "masculins" ou "féminins" à l'oeuvre dans les mondes de l'art contemporains, la réflexion, dans cet OPuS 18, s'arrête sur la question plus spécifique des manières dont les stéréotypes genrés interviennent dans les processus de reconnaissance des femmes et des hommes artistes dans les mondes de l'art, au travers de contributions qui portent plus spécifiquement sur la critique musicale (Alison Faupel et Vaughn Schmutz) et sur l'art contemporain (Marie Goyon, Clara Lévy et Alain Quemin). Ce deuxième volume centre ainsi son questionnement sur les liens pouvant exister entre la présence de stéréotypes genrés dans les mondes de l'art et la reconnaissance artistique, professionnelle, sociale ou économique des femmes artistes, comparativement à celle dont jouissent leurs homologues masculins.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
La pensée de Dostoïevski a joué un rôle essentiel de charnière entre la philosophie rationaliste héritée de Descartes et les développements de la philosophie au XXe siècle. Elle part d'une réflexion critique sur le cogito cartésien, dans Crime et châtiment ; puis elle pose, dans L'Idiot, la question de l'être, d'une manière qui a profondément influencé la conception de l'ontologie de Heidegger - cette étude est historiquement la première qui démontre cette influence ; et enfin, dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski développe la notion de "visage" , qui nourrira toute l'ontologie de Levinas.
L'histoire se raconte souvent au rythme des batailles. Pourtant, une autre trame la traverse : celle de la médiation, art de dépasser le conflit sans violence, pour préserver la cohésion du groupe. Des premiers rituels collectifs aux dispositifs contemporains, elle apparaît comme une fonction vitale : transformer l'affrontement en parole, organiser l'écoute, restaurer l'équilibre, éviter l'escalade. Une question anthropologique et politique est posée dans laquelle deux logiques s'opposent et se complètent : la contrainte (avec les lois, les sanctions, les institutions) qui protège mais peut aussi opprimer, et l'autonomie (avec la maîtrise de soi, la responsabilité) qui libère mais peut vaciller face aux passions. La médiation ouvre un espace intermédiaire : un tiers accompagne, les parties restent actrices, et la solution devient une justice partagée plutôt que subie. En cinq parties, ce livre suit la médiation à travers les sociétés premières, l'Antiquité, les mondes religieux, la modernité juridique et politique, puis dessine les enjeux actuels. Un fil rouge relie ces parties : comment apprendre à vivre ensemble en transformant la contrainte en responsabilité et la liberté en dialogue.