Pour Maurice Blanchot, l'espace littéraire représentait à la fois le splendide isolement de la littérature et une disponibilité totale à l'incessante rumeur du monde. Les textes réunis ici reviennent sur la notion d'espace littéraire selon une perspective comparatiste, pour tenter une lecture transversale de la production littéraire dans un monde en voie de globalisation. Trois questions sont posées, qui concernent la manière dont la littérature habite le monde : quelle est la nature du lien entre la littérature et les espaces textuels qui la font exister ? quel rapport la littérature entretient-elle avec les espaces géographiques, sociaux, politiques ou imaginaires ? peut-on concevoir L'espace littéraire comme un lien possible entre tous les autres espaces engagés par la littérature ? Interroger l'espace littéraire, c'est chercher à comprendre la manière dont il s'articule avec les canons qui consacrent les ?uvres fondamentales pour une époque et une culture données. La réflexion sur l'espace littéraire vise à dégager la littérature de l'emprise directe des discours sociaux ; elle ouvre donc des perspectives nouvelles aux études postcoloniales, si attentives à ce qui s'écrit hors des discours dominants, si réticentes aussi à accepter l'idée d'un espace propre à la littérature, indépendant des tensions politiques, économiques et culturelles parmi lesquelles les ?uvres voient le jour.
Nombre de pages
206
Date de parution
21/09/2006
Poids
318g
Largeur
138mm
Plus d'informations
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EAN
9782842921859
Titre
Qu'est-ce qu'un espace littéraire ?
Auteur
Garnier Xavier ; Zoberman Pierre ; Delden Maarten
Editeur
PU VINCENNES
Largeur
138
Poids
318
Date de parution
20060921
Nombre de pages
206,00 €
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Résumé : L'ethnographie occidentale s'est beaucoup intéressée, à l'époque coloniale, aux pratiques magiques africaines. La part proprement africaine de ce continent colonisé ne résidait-elle pas dans ce vieux fonds prélogique investi par des forces magiques ? Les romanciers africains n'ont pas eu le choix : il leur a fallu affronter ce terrain miné. L'alternative semblait simple : soit l'Afrique plongeait dans la modernité et disqualifiait les gesticulations de ses charlatans, soit elle faisait de ses féticheurs les dépositaires d'un véritable savoir africain sur le réel, un savoir à la fois mystérieux et efficace. L'évidence de l'alternative va vite se révéler trompeuse : elle ne tient pas compte des exigences de l'écriture romanesque et du réseau de causalités qu'elle met en place. L'option rationaliste comme l'option merveilleuse s'enfermeront dans le roman à thèse en contrôlant de façon volontariste les circuits de causalité. Dès les années cinquante le roman africain explorera la voie de la double causalité qui lui permettra de faire une poussée novatrice dans le champ du roman contemporain. Un roman ne reconstitue pas un enchaînement de causes, il met en scène des événements qui sont autant de carrefours où mondes visible et invisible entrent en contact, pour le meilleur et pour le pire. A condition d'inventer une " poétique magique " le roman peut raconter l'événement pur, dégagé de toute représentation : l'enjeu est d'importance pour le roman africain, qui dès l'origine a dû se débattre avec une image imposée de l'Afrique et de son Histoire.
Genre porteur ou catégorie éditoriale, mot d'ordre mobilisateur ou regard particulier sur le monde, le réalisme merveilleux est très certainement un carrefour fort embouteillé de la création littéraire contemporaine. On trouve, sans cesse repris sur un bon nombre de quatrièmes de couvertures de romans contemporains, le motif porteur d'une réalité qui s'entremêle au rêve. L'ambition de ce volume est de prendre la mesure de cette mouvance, d'en comprendre les soubassements interculturels, les enjeux idéologiques dans les sociétés postcoloniales, d'évaluer sa puissance de renouvellement des représentations mentales.
Beaucoup de langues de l'Afrique sont écrites, mais dans lesquelles peut-on lire des romans, c'est-à-dire de longs textes de fiction en prose ? Le récit écrit est toujours perçu comme le moyen de susciter et de retenir un lectorat : une presse missionnaire, au début du XXe siècle, encourage ses auteurs à raconter des histoires par écrit. La conscience d'un effet roman, d'un effet propre à la fiction en prose, est présente chez les locuteurs et les promoteurs de la langue. Cette conscience de l'effet du texte va avec la reconnaissance de l'importance de l'objet roman, qui serait le vrai livre et signalerait la véritable émergence d'une littérature. Cette question simple est difficile à traiter. Non seulement elle nous oblige à réfléchir à la théorie du roman, mais elle nous demande des compétences philologiques rares. Nous les avons trouvées auprès d'un groupe de chercheurs européens, conscients de l'importance de la littérature dans la culture moderne et désireux de montrer concrètement que le multiculturalisme sans le multilinguisme n'a pas de sens. Nous utilisons ici le français comme instrument de connaissance de l'Afrique : c'est là une nouvelle voie, trop rarement empruntée, de la francophonie !
La notion de modernité est communément associée à l'occident. Pourtant, si l'on en juge par la diversité des expressions de la modernité littéraire en Occident, il semble bien qu'il y ait des modernités occidentales, parallèles ou en concurrence. Au-delà de l'analyse de la diversité des modernités en Occident, ce volume élargit le questionnement : les modernités littéraires sont-elles essentiellement occidentales et se sont-elles diffusées hors d'Occident ? Nombreuses sont les approches qui remettent aujourd'hui en question une telle perspective occidentalo-centrée.