Pour qui s'intéresse aux œuvres et aux politiques sociales du XXe siècle, le chanoine Jean Viollet et ses œuvres du Moulin-Vert sont partout. Or, si l'on en parle beaucoup, qu'en sait-on ? Peu de chose. La découverte d'archives et d'un manuscrit inédit, reproduit en tête de ce livre, permet de mieux cerner l'homme d'œuvres entreprenant qu'était Jean Viollet. Fondant associations ouvrières familiales, société du logement ouvrier, sociétés d'habitations à bon marché, colonies de vacances, préventoriums, unions pieuses, écoles pour jardinières d'enfants ou résidentes sociales mutualités familiales Jean Viollet loin de procéder à la mise en place d'une seule œuvre se déployant progressivement sur des champs d'intervention de plus en plus larges, constitue une myriade de petites structures indépendantes dont le seul point commun est leur siège social, rue du Moulin-Vert, dans le 14e arrondissement de Paris. Action religieuse et action sociale : Jean Viollet sépare les deux domaines, certaines des associations qu'il crée affirmant leur caractère confessionnel, d'autres se voulant neutres et laïques, deux termes d'une grande ambiguïté. Cependant, il serait aventureux de penser que, s'il prône " la neutralité religieuse ", Jean Viollet renonce à toute idée d'apostolat, ou qu'il soit animé d'une plus grande ouverture ou d'un esprit œcuménique : on est souvent surpris devant sa ferveur religieuse et missionnaire. Concevant les actions menées dans le domaine du social et du religieux comme complémentaires, Jean Viollet s'inscrit d'emblée dans un courant d'une certaine modernité qui est loin de faire l'unanimité au sein de l'Eglise.
Nombre de pages
355
Date de parution
29/11/2004
Poids
598g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782701014852
Titre
Jean Viollet et l'apostolat laïc. Les oeuvres du Moulin-Vert, précédé de "Souvenirs et impressions d
Auteur
GARDET MATHIAS
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
155
Poids
598
Date de parution
20041129
Nombre de pages
355,00 €
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Après plus de vingt années de guerre civile, l'Eglise et l'Etat au Mexique se retrouvent profondément déstructurés. A partir de 1929, ces deux entités mettent l'accent sur la reconstruction é travers l'Action catholique mexicaine et le Parti national révolutionnaire. Ces nouveaux organes de représentation, censés englober l'ensemble de la société, créent en leur sein deux organisations de jeunesse : l'Association catholique de la jeunesse mexicaine et la Confédération des jeunes mexicains. Il est alors possible de parler d'effets de miroir. Tout en maintenant des lignes idéologiques et des objectifs par essence divergents - l'une étant axée sur le politique et puisant ses références dans la révolution mexicaine, l'autre sur le religieux et se référant au catholicisme social -, les deux organisations développent des stratégies, des méthodes, des pratiques et m'étale une imagerie et un discours sur la jeunesse analogues. Soeurs ennemies, elles apparaissent aussi comme des soeurs jumelles qu'il devient possible de confondre.
La plupart des chercheurs sur le secteur de la protection de l'enfance et de l'adolescence se confrontent à un moment donné à la tentation de savoir ce qu'il en est des principaux intéressés. Qui sont ces mineurs pris en charge ? Ont-ils laissé des traces de leur vécu dans les différentes institutions d'accueil ? Que racontent-ils d'eux-mêmes ? Qu'a-t-on fait et que peut-on faire de ces récits, quand ils existent ? La confrontation des expériences menées par des historiens sur différents corpus d'archives nous amène tout d'abord à plusieurs constatations : la présence et la prise en compte d'une parole de ces milliers de jeunes pris en charge depuis la fin du XIXe siècle est très inégale non seulement selon les époques, mais aussi selon les établissements ou organismes ; par ailleurs, l'usage qui en est fait est souvent détourné et vise rarement à constituer ou à donner valeur de témoignage. [..] Ce dossier voudrait être une amorce de réflexion sur la place (le peu de place ?) de la parole des jeunes placés dans leurs dossiers, mais aussi une invitation pour tous les historiens et non pas seulement ceux spécialisés dans le secteur de la protection de l'enfance et de l'adolescence, a aller renouveler le regard porté sur les jeunes générations selon les périodes en les confrontant aux vécus, aux pratiques de sociabilités et aux visions portées par ces dernières sur la société adulte.
Expérience souvent fondatrice de notre enfance, les colonies de vacances sont profondément enracinées dans nos souvenirs et notre imaginaire. Malgré les mutations sociologiques et idéologiques qu'elles ont connues durant plus d'un siècle, elles semblent parfois échapper à l'emprise du temps et des modes, comme en témoignent les milliers de clichés conservés par des collectionneurs nostalgiques ou par des associations. Ce sont ces archives extrêmement riches et jamais publiées que revisite Mathias Gardet en suivant l'emploi du temps d'un séjour type en colonie. Car ce qui caractérise ces vacances destinées à faire connaître aux petits citadins les vertus du grand air, c'est la répétition immuable des activités qui, du réveil à l'extinction des feux, rythment la vie des colos de la fin du XIXe siècle aux années 1970 : travaux manuels, sieste, repas, promenade, courrier, petits et grands jeux, sport... ou le quotidien de nos plus belles vacances.
Une histoire sensible et documentée de la jeunesse en difficulté publiée à l'occasion du 150e anniversaire de la fondation Apprentis d'Auteuil. Du petit vagabond traqué par la police au jeune migrant isolé, ce parcours unique est illustré par plus de 200 documents : archives, photos et fac-similés.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.