À Ravenne, dans l'implacable lumière de l'été italien, Simon Fernet croit assister à la disparition de Clémence, la femme qu'il aime. Dès lors, veilleur fasciné par lui-même, il est condamné à refaire les comptes. Mais l'inventaire du passé ne délivre que le désordre et la perte : Fernet assiste à l'éclatement de son existence - l'enfance en Gironde, les figures tourmentées de l'amour et de la famille, la rencontre avec Clémence. Des denses forêts de sa jeunesse aux mosaïques de Ravenne, de la simple maison du bonheur au ciel constellé du tombeau de Galla Placidia, où est la réponse ?... Peut-être à Rimini, quand a lieu le terrible rendez-vous de Simon avec lui-même. C'est avec un art subtil et remarquablement maîtrisé qu'Anne-Marie Garat conduit, à travers le tumulte intérieur d'une quête insomniaque, cette expérience de la dépossession.
Date de parution
08/01/1992
Poids
258g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782080660442
Titre
L'INSOMNIAQUE
Auteur
GARAT ANNE-MARIE
Editeur
FLAMMARION
Largeur
130
Poids
258
Date de parution
19920108
Nombre de pages
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Parce que l'été passe mal, parce qu'un matin son corps porte d'étranges marques, parce qu'Hélène l'a quitté, Étienne Sylvestre entreprend un retour incertain vers sa ville natale, Blaye-sur-Gironde. Il y rencontre une femme qui lui raconte des histoires, la sienne, celle de son père oublié, peut-être mort d'amour dans la vase des berges, et celle de Jaufré Rudel, le poète qui partit chercher l'amour de loin dont la beauté hante l'estuaire de la Gironde et son horizon perdu. Étienne est photographe, mais le grain des images, comme le sable, disperse la réalité, et la mort aura pour lui le visage de l'ange qui joue du couteau, la nuit, dans les rues désertes d'une petite ville de province.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.