Éros est un rôdeur de barrières. Là où il s'arrête n'est déjà plus ce à quoi il aspire ; là où, pour l'instant, il n'est pas encore allé, là se tient l'objet invisible, le seul objet, terra ignota. Ainsi se tracent les frontières, les limites entre le totalement identique et le radicalement étranger. Ce livre rôde sur les mêmes frontières : celles qui délimitent un espace psychique. Il tente, sans jamais lâcher l'appui de la clinique, d'en comprendre l'édification, les fragilités, les déplacements. Entre le corps biologique, le réel sociopolitique, l'antériorité d'une généalogie, et le fantasme qui les rêve, quelle distance, quelles reprises, quels empiétements destructeurs ? En ces confins sourd, toujours vive, l'énergie libidinale, et naît la pensée qui tente de la lier, de l'épuiser. Il arrive que dans un suspens, par un fugitif pas de côté, l'homme se saisisse de ce qui, ainsi, le constitue : dans le mouvement de la création. Il est ici affirmé que c'est aussi celui de l'interprétation proprement psychanalytique.
Nombre de pages
304
Date de parution
14/11/1984
Poids
370g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070702633
Titre
Incertitude d'Éros
Auteur
Gantheret François
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
370
Date de parution
19841114
Nombre de pages
304,00 €
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Images et mots ou encore rêve et langage s'opposent-ils ou sont-ils complémentaires ? Sommes-nous voués au culte des images et à leur pouvoir de fascination ou à la célébration d'un tout langage ? Sommes-nous contraints de choisir ? Images et langage, loin d'être antagonistes, se rejoignent en ce temps et ces lieux des royaumes intermédiaires - ceux de la littérature, de la psychanalyse et du rêve. Royaumes illimités qui se veulent sans Dieu ni maître. Tel fut le fil rouge, en septembre 2006 et à Cerisy, d'un singulier colloque. Poètes, romanciers, psychanalystes se rencontrèrent, une semaine durant, pour évoquer l'inspiration qu'ils ont puisée, pour leurs oeuvres et recherches respectives, dans les livres de J.-B. Pontalis, psychanalyste et écrivain.
Le moi, instance rassurante que nous prenons pour notre meilleur camarade, est un compagnon plus inattendu qu'il n'y paraît. En vérité, le moi est fragile, contradictoire, peut-être en danger par nature et, comme nous passons notre vie avec lui, nous chantons ses louanges. Mais qui vante mon moi sinon moi - c'est-à-dire lui ? Nous voilà pris, comme certaine truite de ce recueil, appâtée par une illusion. La lecture de Fins de mois difficiles n'aidera pas à se déprendre. Sous des formes diverses - plus elles sont plaisantes, plus elles sont sérieuses -, et toujours en lien avec la théorie, François Gantheret met le moi en péril : c'est une condition de la psychanalyse et de la liberté qu'on y rencontre.
Dans un pays du Maghreb, Andrès, journaliste, est prisonnier, détenu au fond d'un puits. Dans la montagne, Tamia survit dans l'espoir de retrouver son amant, incarcéré dans ce même bagne. Par miracle, une nuit, Andrès parvient à s'évader. Pris en charge par Tamia, il part avec elle à la recherche de la Vérité... Un premier roman très noir, mené avec beaucoup de justesse, sur le mensonge et la trahison, où la beauté de la nature devient la seule lueur d'espérance.
Pourquoi n'y a-t-il, dans le tiroir, qu'une seule chaussette de chaque paire ? En quels limbes errent les jumelles disparues ? L'homme du XXe siècle triomphera-t-il des cafards ? Le Grand Chauve au Col Roulé est-il le dernier des serial killers ? La chouchou est-elle comestible, et comment doit-on la consommer ? Ces questions capitales pour notre époque trouvent ici leurs réponses, et les perspectives qui s'ouvrent ne sont guère rassurantes : Libido, victime d'un virus inconnu, hoquette... Des joufflus jusque-là florissants se dessèchent, et meurent... Et pourtant, des divans, monte encore le rire des inconscients !
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.