Travail, genre et sociétés N° 44, novembre 2020 : Intersectionnalité au travail
Gallot Fanny ; Pochic Sophie ; Séhili Djaouida
LA DECOUVERTE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782348065477
Avec la pandémie de la Covid-19, la représentation de la hiérarchie sociale des métiers a été symboliquement ébranlée, puisque des activités et des services méprisés et dévalorisés comme les caissières, les aides à domicile, les aides-soignantes, les personnels de nettoyage se sont révélés être indispensables pour la survie de nos sociétés. L'articulation des rapports sociaux permet de comprendre pourquoi ces travailleuses se trouvent reléguées au plus bas de la hiérarchie dans la division sexuée et raciale du travail. Cette position qu'elles subissent est parfois renversée par les femmes elles-mêmes pour dénoncer des conditions inhumaines d'exploitation du travail, le racisme et le sexisme, et revendiquer dignité et application de leurs droits. D'ordinaire frappées d'invisibilité, les travailleuses racisées comme leurs mobilisations marquent temporairement l'espace de leur présence. Elaboré aux Etats-Unis, à partir des années 1970, par des théoriciennes se revendiquant du " black feminism ", le prisme de l'intersectionnalité a produit un profond renouvellement sociologique et historiographique dans les recherches anglo-saxonnes portant sur le travail et les migrations. En France, l'approche intersectionnelle a été importée, débattue et mise en pratique plus tardivement - à partir des années 2000 -, principalement autour de la question des migrantes, pour éclairer la situation de personnes " dominées " dans la division du travail. L'enjeu de ce dossier est de mettre le concept d'intersectionnalité à l'épreuve du réel en proposant des contributions de différentes disciplines (histoire, sociologie, science politique) qui s'appuient sur des enquêtes ou des archives se rapportant à des terrains d'investigation variés allant de la France métropolitaine à la Réunion, en passant par Dubaï et les Etats-Unis. Il s'attache à aborder les processus de racialisation en tant que rapport de pouvoir à l'oeuvre dans le monde du travail et la manière dont ils s'articulent avec les rapports sociaux de sexe et de classe, en particulier. En d'autres termes : comment les processus de racialisation segmentent- ils la main-d'oeuvre et comment les personnes réagissent-elles à ces inégalités ? Il questionne également l'usage du concept pour aborder la position des dominantes tandis qu'une nouvelle génération de chercheures analyse la blanchité comme un avantage structurel pour les classes supérieures. Enfin, dans une acception large du travail (productif, domestique, militant, etc.), il ambitionne également de montrer comment l'intersectionnalité est un concept critique qui peut renouveler les stratégies et modes d'organisation des mobilisations sociales.
Nombre de pages
250
Date de parution
12/11/2020
Poids
412g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782348065477
Titre
Travail, genre et sociétés N° 44, novembre 2020 : Intersectionnalité au travail
Auteur
Gallot Fanny ; Pochic Sophie ; Séhili Djaouida
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
160
Poids
412
Date de parution
20201112
Nombre de pages
250,00 €
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Résumé : Alors que depuis la fin des années 1990, le monde ouvrier revient sur le devant de la scène avec des luttes de plus en plus dures (occupations, séquestrations, grèves de la faim, menaces de faire " sauter l'usine ", etc.), le rôle joué par les femmes a été passé sous silence. À la différence des hommes, elles ont souvent effectué leur carrière entière dans la même usine et subissent de plein fouet l'épreuve des restructurations ou de la liquidation pure et simple. Qui sont ces femmes décidées à " en découdre " ? Ayant commencé à travailler après 1968, elles n'ont plus grand-chose de commun avec leurs mères : elles ne sont ni fatalistes ni résignées. Grâce à leurs combats, de nouvelles lois ont révolutionné le travail et, plus largement, la société. Elles ont obtenu d'être reconnues comme des salariée s à part entière, et non pas comme des subalternes devant se contenter d'un salaire d'appoint. Elles ont mis en cause le pouvoir des petits chefs disposant d'un quasi-droit de cuissage. Elles ont donné sa dignité au travail en usine jusqu'alors considéré comme dégradant pour une femme. Elles ont changé le fonctionnement syndical en refusant de tout déléguer aux hommes. Les syndicats ont été obligés de prendre en charge des questions comme la contraception, l'avortement ou le partage des tâches familiales. Fanny Gallot s'est appuyée, entre autres, sur les témoignages précis des femmes engagées dans cette lente et profonde révolution. Elle raconte leurs histoires surprenantes et émouvantes, comme celles des ouvrières de Chantelle et Moulinex dont les luttes ont marqué l'actualité.
Dans toutes les mobilisations sociales de la période récente, l?implication des femmes est forte et, pourtant, à chaque fois, elle surprend. Leur présence est interprétée comme le signe d?une contestation exceptionnelle. En réalité, ce qui mérite l?étonnement, c?est qu?on oublie leur participation. Car les femmes ont toujours pris la parole et la rue, avec des modalités d?action singulières.De la figure de la « ménagère » des Trente Glorieuses, à celle des « Rosies » dans les récentes manifestations contre la réforme des retraites, Fanny Gallot revisite le passé des luttes sociales depuis 1945. Elle montre comment les modalités d?action et les revendications ont pu évoluer au fil des décennies, sous l?influence des mouvements féministes et de l?écho qu?ils ont rencontré auprès des organisations syndicales.La question du « travail reproductif » est au c?ur de ces luttes. Que l?on dénonce sa « déqualification » lorsqu?il est exercé dans le domaine professionnel ou son « invisibilisation » quand il désigne les tâches domestiques accomplies quotidiennement, il est au centre des débats, des revendications et des actions. En tenir compte, tenter d?en discerner les contours est un puissant levier d?action pour les luttes passées, présentes et à venir.Fanny Gallot est historienne, spécialiste des mouvements sociaux, du syndicalisme et des féminismes, membre du Centre de recherche en histoire européenne comparée (CRHEC). Elle a notamment publié En découdre. Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société (La Découverte, 2015).
Croisant race, classe et genre, le concept critique d'intersectionnalité s'est affirmé aux Etats-Unis dans les disciplines juridiques à la fin des années 1980. Forgé par la juriste Kimberlé W. Crenshaw, il avait pour ambition de montrer que les catégories juridiques empêchaient la prise en compte de l'expérience des femmes noires, situées à l'intersection de plusieurs rapports de pouvoir dans le traitement des violences faites aux femmes. Dans quelle mesure ce concept peut-il être un outil pour les historiens ? Que signifie produire une histoire attentive à cette articulation des dominations ? Ce numéro a pour objectif de répondre à ces questions en explorant des espaces et des contextes historiques très différents, allant des colonies françaises à la métropole en passant par les Etats-Unis, le Pérou ou l'Allemagne. Des historiographies croisant des perspectives micro ou macro sont mobilisées ici pour décrire les reconfigurations des rapports sociaux qui forgent des expériences différenciées. Enfin, l'usage du concept d'intersectionnalité permet de s'interroger non seulement sur la position située des protagonistes mais aussi, par extension, sur celle des institutions. L'enjeu est d'analyser l'imbrication des dominations pour en saisir les effets sur le quotidien des individus et les pratiques sociales des uns et des autres dans leur contexte spécifique.
1936 : l'espoir change de camp. Dans un monde en crise, les gauches unies inventent des conquêtes sociales inédites. En rouvrant les archives et les débats, Ludivine Bantigny renouvelle l'histoire du Front populaire, entre victoires ouvrières et renoncements face à la guerre, au capital et à l'empire.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.