Lee Kyung-hae s'est donné la mort le 10 septembre 2003 à Cancun à l'occasion de la cinquième conférence de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Où, précisément, devant une barricade, et les caméras de télévision et les photographes aussi bien, celui-ci s'est transpercé le coeur d'un coup de couteau mettant tragiquement fin à une manifestation au demeurant pacifique - c'est ainsi que les choses se disent depuis, qui ne disent rien que tous n'aient vu, en vrai ou sur images. Mort en "martyr" donc, ce que nul n'a dit en mauvaise part (quelle mauvaise part le sacrifice du martyr a-t-il d'ailleurs jamais prise ? ), au contraire : ce que dirent ceux qui se tenaient auprès de lui et le soutenaient dans la lutte qu'ils menaient ensemble contre l'OMC (Organisation mondiale du commerce). Ce geste, un tel geste, extravagant d'un point de vue, parfait d'un autre, Olivier Gallon le dit et décrit longuement tout au long. Longuement, mais puissamment aussi bien : ainsi quand il dit qu'un tel geste "contient en lui-même une lacune qui laisse sans appui" . Michel Surya
Nombre de pages
56
Date de parution
13/01/2023
Poids
66g
Largeur
131mm
Plus d'informations
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EAN
9782490774319
Titre
Lee Kyung-hae
Auteur
Gallon Olivier ; Surya Michel
Editeur
LA NERTHE LIB
Largeur
131
Poids
66
Date de parution
20230113
Nombre de pages
56,00 €
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Phrase entendue dans un rêve Olivier Gallon En un geste précis, des pièces en prose et en vers sont là réunies en un ensemble composé de deux parties. Entre ces parties et en chacune d'elles, « une libre communication » se joue, dans l'alternance des mouvements eux-mêmes de longueur différente. Un récit, comme à travers des âges, se dessine par bribes et par motifs... Un livre où coexistent douceur et radicalité. Un livre tel qu'il nous semble « apparaître comme une échancrure et, conjointement, une déchirure dans le voile apposé à la réalité » (Philippe Blanchon).
Ce livre est composé de quatre proses : "L'Entrée en matière", "Catastrophe naturelle", "Comment va ta montagne ?", "À la Tuilière". Chacune, avec soin, nous fait découvrir un monde d'un fragile et étrange équilibre entre l'émotion et la pensée. "Comment va ta montagne ?", qui a précisément donné son titre au livre, semble côtoyer le conte. Chacune de ces proses s'inscrit dans une espèce de géographie et se partage « un paysage », à la fois matière sensible, lieu d'action ou bien milieu d'apparition (et de disparition). D'une exigence poétique, ces proses, bien que distinctes, s'échangent dans un espace d'une extrême perméabilité, ouvert aux signes et aux significations, où, de l'une à l'autre, dans la résonance des échos proches et lointains, ce qui est dispersé se retrouve, se répond, ou simplement résonne.
Ondoyante, veloutée, douce comme la soie, l'obscurité sur l'eau se distingue de celle retenue par la pierre. Subjectile?; spéculaire, et de spéculaire profonde surface. Sur elle l'origine, îlot à la dérive peu à peu détaché de la conscience, s'éloigne.Olivier Gallon a créé les éditions La Barque dont il est à la fois le capitaine et le rameur, il a également publié en revues (Trafic, Cinergon, L'Usage, etc.), collaboré à bon nombre de traductions, accompagné des livres embarqués de postfaces intitulées «?Mots pour...?», et réalisé une dizaine de films essais en vidéo.
Cet ouvrage, premier livre à paraître de son auteur, correspond à une récolte de poèmes écrits sur une période de trois ou quatre années, d'où les passages se laissent sentir. Il se compose ainsi de deux parties, éclats d'une traversée, poignées serties en un livre : Poèmes I & Poèmes II. Si nous devions tenter de qualifier une telle poésie, nous évoquerions une musicalité rare, voire exceptionnelle, ainsi que l'emploi de mots visant une rectitude dans le souci d'être au plus juste. Nous nous attacherions à son intensité comme à sa densité, sens aux aguets, notamment d'un regard tout aussi intérieur qu'extérieur, auquel les poèmes se mesurent. * « [...] ce qui, peut-être, vient, emporté, sans hiérarchie en ces poèmes, en même temps que l'inconnue de l'équation (à une ou plusieurs inconnues), se trouverait être, sous le pullulement d'événements libres, l'aveuglant noyau de l'inconnu en nous. » (extrait de la postface, « Mots pour Qui vive », O. G.)