Les officiers de couleur dans les armées de la République et de l'Empire (1792-1815). De l'esclavage
Gainot Bernard
KARTHALA
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EAN :9782845868830
L'histoire militaire tient une grande place dans la Révolution française et pendant la période du Directoire, du Consulat et du 1er Empire. Les besoins en hommes ont conduit à une intégration plus importante des effectifs noirs et mulâtres des Antilles. Le choix de la condition militaire offrait alors un affranchissement pour service armé et participation au maintien de l'ordre esclavagiste. A la fin de l'Ancien Régime, on peut estimer à environ 50 000 hommes les éléments noirs des armées françaises qui vivaient ce lien entre port d'armes et liberté. Plus tard, la Première République a voulu opérer l'amalgame des troupes coloniales d'outre-mer et des troupes régulières, par dessus les origines ethniques. Bernard Gainot cherche à démêler les espérances, les contradictions et les désillusions suscitées par cette politique, à travers les destinées de trois unités emblématiques : la légion des Américains en 1792 et l'égalité des droits, les compagnies des hommes de couleur en 1797 avec les hésitations sur l'intégration, le bataillon des pionniers en 1802 ou le reniement des droits et de l'intégration. Certaines carrières d'officiers supérieurs sont particulièrement emblématiques de la période et ont été retracées à partir de leurs dossiers aux Archives de la Guerre. C'est le cas du général Thomas-Alexandre Dumas, l'homme de couleur le plus haut gradé de l'armée républicaine ; du commandant Joseph Domingue, dit " Hercule ", esclave originaire de Cuba, officier des troupes d'élite de la Garde consulaire, commandant du bataillon noir de Mantoue et qui suivit Napoléon Bonaparte dans la plupart des ses batailles ; du député noir Jean-Louis Annecy, esclave affranchi de Saint-Domingue, élu représentant du peuple sous le Directoire, déporté en Corse pour mourir au bagne sous le Consulat. Si le programme d'intégration militaire fut mitigé dans ses applications et se solda souvent par des échecs ou de tragiques malentendus (pensons au cas de Delgrès en Guadeloupe, en 1802), les questions de l'universalité des principes d'égalité, de patriotisme et des identités ethniques furent tout de même posées à cette époque, à travers le cas concret de l'institution militaire. Bon nombre d'entre elles restent d'actualité.
Nombre de pages
232
Date de parution
01/10/2007
Poids
420g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845868830
Auteur
Gainot Bernard
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20071001
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232,00 €
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Comment, sur près de trois siècles, l'empire colonial français a-t-il évolué ? Depuis la véritable prise en charge d'un projet colonial par Richelieu et les années 1810 qui marquent la suprématie incontestée de l'Angleterre dans le domaine maritime et sa prise de contrôle des derniers vestiges de possessions françaises, quelles ont été les politiques coloniales à l'oeuvre au sommet de l'Etat français, monarchique, républicain ou impérial ? L'ouvrage montre l'organisation, la montée en puissance de la France des années 1750, les soubresauts, puis la ruine de ce projet colonial, miné par des contradictions (esclavage, créolisation, données militaires et stratégiques) qui conduisent à l'échec. L'étude s'articule autour de trois pôles (Amérique du Nord, transatlantique, océan Indien) et offre un tableau précis de la politique coloniale de la France à travers le double prisme de la métropole et de la réalité autochtone. L'auteur, se plaçant au-delà de la simple perspective économiste comme de l'approche institutionnelle et militaire, restitue la multiplicité des points de vue des acteurs, négociants et habitants, nationaux et autochtones, et les ambiguïtés des marqueurs culturels entre "créolisation" et ostentation des signes d'intégration. Citations, portraits des grandes figures du monde colonial, cartographie originale font de ce livre un usuel indispensable pour connaître ce premier contact de la France avec la colonisation.
En 1799, la République constitutionnelle connaît une crise profonde, marquée par l'effondrement des " républiques s?urs " et l'échec du contrôle par le Directoire des élections du printemps. De cette crise du régime directorial, l'historiographie n'a retenu que l'issue : le coup d'Etat du 18 brumaire et l'avènement du régime personnel de Bonaparte, prélude à l'Empire. Or, au fil de ce dernier été de la décennie révolutionnaire, il y eu une tentative de " régénération " des institutions républicaines, qui constitue le c?ur de l'ouvrage de Bernard Gainot. Loin d'être un épiphénomène limité aux sphères dirigeantes parisiennes, cette " résistance républicaine " fut le résultat d'une mobilisation nationale de grande ampleur, présentée tantôt comme un sursaut patriotique, tantôt comme une résurgence nostalgique du jacobinisme de 1793. Or, ce " jacobinisme " de1799, égalitaire et libéral, chercha avant tout à sauver la République en se dégageant de l'expérience, encore proche, de la Terreur de 1793-1794. Outre un retour aux sources du mouvement démocratique, il y eut recomposition politique autour d'un programme de " démocratie représentative " souveraineté des assemblées primaires, liberté de la presse, droit d'association, confédération démocratique européenne, institutions fédératives. Malgré l'échec final, sanctionné par la mise en place d'un pouvoir personnel fort, cette ultime tentative démocratique de la Révolution française constitue le chaînon manquant entre le legs révolutionnaire et le renouveau du mouvement républicain démocrate dans les années 1830.
Au XVIIIe siècle, Saint-Domingue est le fleuron de l'empire colonial français. Dans cette véritable plaque tournante du commerce négrier, les inégalités sont criantes. A partir de 1763, les affrontements entre les Blancs, les hommes libres de couleur, les esclaves et le pouvoir métropolitain conduisent à une impasse. La situation dégénère et ouvre la voie à plus d'une décennie de violences. Viols, pillages, massacres, pratique de la terre brûlée, participent, de part et d'autre, d'une stratégie militaire mûrement réfléchie dont la finalité est l'anéantissement total du camp adverse. De cet affrontement sans merci naîtra l'indépendance d'Haïti en 1804. Ces conflits préfigurent une violence d'Etat et une décomposition de la société dont les séquelles sont encore visibles aujourd'hui.
Gainot Bernard ; Aberdam Serge ; Bianchi Serge ; D
Avec la Révolution française. le vote des citoyens s'impose avec une fréquence et une extension qu'il n'a peut-être plus retrouvées depuis partir de 1789. les élections s'étendent à presque toutes les fonctions publiques. Les pratiques du vote. profondément différentes des nôtres. fondent un espace démocratique original. Les études électorales sur la décennie révolutionnaire sont encore un champ largement ouvert aux chercheurs. La seconde édition de ce Guide pour Ici recherche, revue et augmentée. met à leur disposition l'essentiel des outils de travail nécessaires : état des questions, sources archivistiques, bibliographie, textes législatifs et réglementaires. documents directs sur les pratiques. instruments méthodiques. En découvrant les rituels et les procédures de l'époque, le lecteur est invité à revenir aux sources mêmes de nos conceptions de la démocratie.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.