Mandaté par une amie éditrice, Alexandre Varlop se lance à la recherche d'un manuscrit volé par un groupe d'enfants en 1961, Le Soleil, sur l'île grecque de Mykonos. Depuis, une légende circule : Le Soleil serait un "absolu de la littérature". Cependant, personne ne sait où il se trouve, ce qu'il contient, ni qui en est l'auteur. Déboussolé par ces questions, Varlop s'égare. Son enquête, dont l'objet semble parfois se fondre dans une rêverie fantastique, le conduit finalement à Formentera, où il percera le secret du manuscrit.
Un 31 décembre, au terme d'une dérive de plusieurs jours sur la Costa del Sol, un homme franchit en voiture la vitrine d'un restaurant bondé de Malaga, à l'heure où l'on fête le Nouvel An. Le roman, qui débute aussitôt après cette scène, explore l'état dans lequel se trouve alors projeté l'accidenté. Un intermonde où toutes les frontières semblent avoir été déplacées. Ce monde est celui des contrebandiers. Les ?uvres d'imagination et la technologie ne se contentent plus d'affecter notre perception et d'influer sur le cours de nos existences, elles peuvent désormais créer de toutes pièces la réalité au sein de laquelle nous évoluons. Au moment où nous sommes supposés n'avoir jamais été aussi libres, disparaît le monde dans lequel cette liberté aurait pu s'exercer. Les hommes s'évadaient dans des fictions, ils doivent désormais s'évader de la fiction. Pour aller où ...
Maintenant c'est joué. L'hacienda, tu ne la verras pas. Elle n'existe pas. Il faut construire l'hacienda. " (Internationale Situationniste, n° 1, 1958) Cloîtré dans un bunker, à la limite du Texas et du Nouveau-Mexique, Benjy visionne sans interruption des émissions de télévision dans lesquelles il croit reconnaître les signes d'une apocalypse annoncée. Vol d'une arme dans un club de tir, déchéance d'une actrice de séries Z, théories sur la clochardisation de l'Occident, musée-clinique où on enferme des vedettes... tels sont quelques-uns des sujets qui défilent devant ses yeux et alimentent sa paranoïa. Un de ses programmes favoris est une série intitulée L'Hacienda. On y perçoit les échos dénaturés d'un demi-siècle d'histoire de la contre-culture, où le stade final de la libération de l'individu semble coïncider avec la mise en place d'un système de surveillance et de coercition inédit. L'Hacienda décrit un monde - le nôtre - où " les rêves sont devenus réalité, puis la réalité cauchemar ".
Louise à Paris n'a plus vingt ans depuis pas très longtemps. Une rupture l'a laissée trois mois sans sortir et à la fin de l'hiver 1984 elle s'aventure comme neuve dans le monde merveilleux des fêtes et des rencontres où le hasard fait loi. Dans quelques mois elle aura fini ses études et s'imagine un destin dans l'univers fabuleux de la musique. Les garçons se bousculent, elle hérite d'un appartement plein de miroirs. Puis les merveilles promises bientôt cèdent le pas à un manège incessant de coups de coeur et de coups du sort, de tentations et de sensations, de glissades et de plongeons, de cavalcades et de gueules de bois. Louise ne sait plus où donner de la tête et n'a plus la notion du temps, d'ailleurs elle a perdu sa montre. Que cherche-t-elle au bout de ce vertige ? Trois ans passent et la réponse n'est peut-être pas celle qu'elle attendait.
Le narrateur a dix ans, on l'accompagne pendant cinq saisons. L'auteur croque la brutalité des rapports sociaux, les mÅurs d'une époque (internet, jeux vidéos, relatif désÅuvrement des enfants livrés à eux-mêmesâ ; rupture entre les générations en filigrane) à travers le regard d'un enfant malheureux. Mais c'est surtout le monde de l'enfance rendu vivable par la poésie et la présence de la nature que raconte ce livre coup de poing qui nous renvoie à l'inégalité des chances et au mystère de la résilience.