L'Enquête 2012, réalisée par Matthieu Gafsou, présente l'Église catholique dans une démarche documentaire subjective et d'une grande rigueur formelle. Matthieu Gafsou a réalisé les images de cette enquête photographique fribourgeoise entre septembre 2011 et novembre 2012, uniquement sur le territoire cantonal. Fribourg est un canton suisse dont la place au sein de l'Eglise catholique romaine est centrale : formation des prêtres, conférence des évêques suisses, diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Pour son travail, Gafsou a usé de deux stratégies distinctes pour réaliser ses images. D'un côté, des images "planifiées" qu'il est allé glaner lors d'événements importants de la communauté catholique romaine (ordination épiscopale, période de Noël,...) ou dans des lieux qui lui semblaient importants (musée d'art et d'histoire, chapelle de la Madeleine...). Il a sciemment évité certaines évidences, dont l'iconographie est déjà abondante et qui lui semblaient moins intéressantes que des lieux peu connus. D'un autre côté, Gafsou a silloné le canton suisse en voiture, au hasard, de long en large, de village en village, d'église en église, véritablement à la façon d'un enquêteur mais qui n'aurait pas le souci de l'exhaustivité, encore moins celui de la vérité. Toutes les parties du canton sont représentées, certaines plus que d'autres mais sans aucun a priori. Il s'agissait pour le photographe de construire son histoire du catholicisme à Fribourg.
Gafsou Matthieu ; Ducrozet Pierre ; Mühlig Victori
Matthieu Gafsou s'intéresse à la place de l'homme dans le vivant, mais également à la dégradation du monde qui nous entoure. Milieu crépusculaire, monde contaminé, enfermement, révolte, colère, mort et amour sont les jalons thématiques qui construisent la dramaturgie de cette narration. A travers un travail de séquençage rigoureux, confrontant des typologies d'images a priori presque dissonantes, la trame narrative est laissée volontairement ouverte. L'immersion dans ce corpus visuel est par ailleurs favorisée grâce à la musique créée spécifiquement pour le livre par Ripperton (écoutable par l'intermédiaire d'un QRcode) : tous les sens du lecteur sont ainsi stimulés dans ce projet conçu comme un ensemble pluridisciplinaire. Composé de plus de 70 images, cet ouvrage, qui se présente dans un grand format, est enrichi par la présence de deux textes qui viennent prolonger le récit visuel. Le premier est un essai écrit par Victoria Mühlig, historienne de l'art, qui présente les différents thèmes et approches formelles du travail de Matthieu Gafsou, en apportant un éclairage à la fois critique, social et esthétique. Un second texte, du romancier Pierre Ducrozet, aborde sous un angle littéraire la série dans une fiction inédite de l'auteur. Conçu tel un compagnon de voyage, ce texte résonne avec le projet et l'enrichit d'une nouvelle voix, à l'instar de la musique de Ripperton.
H+ est le signe de ralliement des adeptes et thuriféraires du transhumanisme. Courant de pensée, école philosophique et mouvement international de grande audience, le transhumanisme, né dans la mouvance de la contre-culture américaine des années 1960 et théorisé de manière approfondie dans les universités californiennes à l'aube des années 1990, connaît aujourd'hui un engouement considérable. Matthieu Gafsou nous fait pénétrer au coeur des laboratoires où se développent exosquelette, neurostimulation, transfert de l'esprit humain sur ordinateur, cryogénie, transgenèse, cyborg, anthropotechnie, toutes disciplines ou réalisations qui déclinent à foison les promesses ou les peurs potentielles engendrées par le fameux sigle NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives).