Tu me disais?: C'est l'heure.Puis tu t'en allais et je me levais. Tes paroles, c'est aujourd'hui qu'elles me reviennent, alors que je suis allongé sur la plage, l'oreille gauche remplie des profonds soupirs des vagues qui s'affaissent et la droite percée par les stridulations éperdues des cigales. C'est peut-être ce vacarme qui leur permet de revenir. Paekakariki, en maori, évoque une perruche sur un perchoir ; il suffit de prononcer le mot pour entendre la perruche crier, nous appeler vers ce Pacifique Sud, et plus précisément, la Nouvelle-Zélande, où Pierre Furlan a situé ses trois nouvelles. Dans Ma vie de boxeur, des hommes se jaugent sur un ring. Après son propre combat, un étudiant français expatrié observe un Pakéha (Néo-Zélandais d'origine européenne) se battre contre un Maori. Et le ring prend peu à peu un nouvel éclairage, se transforme en scène qui se charge de la douloureuse histoire de la colonisation. Travail de nuit joue sur les fuseaux horaires. Le jour d'un côté de la Terre signifie la nuit de l'autre, à l'image d'un décalage qui reflète la vie et les travaux du traducteur qui anime ce récit. Pourtant, entre le monde apparemment hors du temps de l'île du Sud et la lointaine Europe, se tissent de nouveaux fils encore incertains qui arracheront le traducteur et le narrateur à leur solitude. Et puis Paekakariki, ville et plage de l'île du Nord. Sous un soleil éblouissant, les couleurs se glissent hors de leurs contours habituels, signe de l'absence à lui-même et aux autres que le narrateur doit vaincre pour construire sa vie. Poursuivant l'exploration des relations humaines dont il nous a déjà livré de forts témoignages dans ses ouvrages précédents, Pierre Furlan donne à sa recherche une dimension universelle grâce à la profonde empathie qu'il exprime pour ses personnages.
Date de parution
21/03/2011
Poids
115g
Largeur
112mm
Plus d'informations
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EAN
9782359840186
Titre
Paekakariki
Auteur
Furlan Pierre
Editeur
ESPERLUETE
Largeur
112
Poids
115
Date de parution
20110321
Nombre de pages
0,00 €
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Plus qu'à "l'injustice de l'histoire" évoquée par l'un d'entre eux, c'est peut-être à l'intrinsèque malice du langage que sont confrontés nombre des personnages de L'Atelier de Barbe-Bleue. Car, à y regarder de près, que se passe-t-il ? Un mot en trop, un mot en moins, une histoire racontée autrement, et voilà qu'un amour s'achève, qu'un rêve est détruit, qu'une situation se détériore et se fige, qu'un malentendu s'installe - qu'on l'appelle mensonge ou fiction. A fortiori quand il s'agit de la recette du parfait best-seller calqué sur un conte de Perrault... Incisives, lucides, pétries d'une subtile intelligence des comportements humains, ces dix nouvelles cherchent à percer le mur de l'indifférence quotidienne, à trouver dans un monde saturé de messages mystificateurs le chiffre qui correspond à chacun (et qui, incidemment, permet d'ouvrir un coffre-fort), à évacuer la foule des faux-semblants, avant d'inviter, suprême ironie, à retrouver intacte, infiltrée dans un mythique "chez-nous" en forme de havre de paix, la tragi-comédie qui bat son plein au-dehors.
Trois nouvelles composent ce recueil où réalité et fiction se mêlent à la vie des personnages. Dans Maison de bois rouge en Californie, Lupo est victime d'une hallucination alors qu'il joue aux cartes avec de vieux amis. Ont-ils voulu le troubler, lui faire perdre pied ou bien est-il vraiment victime de ses souvenirs ? L'avenir à belles dents est le manuscrit d'un certain Léonard Morel, auteur américain d'un polar qui raconte ses mésaventures dans une grosse affaire de drogue. Ma route coupait droit à travers le inonde interroge le pouvoir de la narration. A la recherche de l'histoire idéale, le narrateur explore les chemins de l'initiation, de la recherche et de l'insatisfaction... l'espoir résidant toujours dans l'histoire à venir. L'écriture de Pierre Furlan se nourrit d'images et de récits. Cadrages, points de vue, atmosphères... on pense au cinéma ou à la photographie. Ses personnages, hauts en couleurs, entretiennent les mêmes liens que lui avec une Amérique à la fois proche et lointaine, désenchantée et sans cesse renouvelée.
En 1923, l'aventurier anglais R J Fletcher quitte les Nouvelles-Hébrides (elles deviendront plus tard le Vanuatu), laissant là l'enfant qu'il a eu d'une Mélanésienne. Epuisé, sans le sou, il ne se doute pas que dans une autre vie et sous le pseudonyme d'Asterisk il sera un auteur célèbre pour avoir écrit des lettres scandaleuses dépeignant les Nouvelles-Hébrides comme des "îles d'illusion" plus infernales que paradisiaques. Presque un siècle plus tard, Pierre Furlan parcourt à son tour l'île d'Epi. Guidé par la petite-fille mélanésienne de Fletcher, il reconstitue l'histoire mouvementée du célèbre auteur sous un nouvel éclairage : celui de la génération qui a connu l'indépendance. Les événements relatés dans ce récit sont véridiques, comme le sont les lettres de R J Fletcher retrouvées et publiées ici pour la première fois.
Au tout début du XXe siècle, déboires et déchirements d'un artiste européen qui a épousé, à Colorado Springs, une Américaine issue d'un milieu encore proche des aventuriers de la conquête de l'Ouest et de la ruée vers l'or.
Lorsque Frédérique Dolphijn rencontre l'histoire des Catulas, ces in-surgés qui, dans la première moitié du XIXe siècle, se sont rebellés parce que leurs conditions de vie et leur travail ne leur permettaient plus de vivre, elle fait le lien avec ce que l'on appelle, de nos jours, les travail-leurs-pauvres. Ceux qui crient leur colère sur les ronds-points, ceux qui prennent leurs tracteurs pour manifester leur ras-le-bol d'être laissés-pour-compte, ceux qui souvent subissent l'indifférence des nantis et du plus grand nombre. En 1847, à Berzée en Belgique, des conditions climatiques désastreuses et de mauvaises récoltes engendrent un début de famine. Un groupe d'hommes et de femmes décident de changer la donne. D'abord en ten-tant d'acheter au prix juste le grain nécessaire à leur survie, puis, en der-nier recours, en se servant dans les greniers de ceux qui thésaurisent les récoltes et en déterminent le prix selon la loi de l'offre et de la demande. Les révoltés seront repoussés, arrêtés et pour certains incarcérés et jugés. Or, fait étonnant, la cour ne les condamnera pas... Frédérique Dolphijn brosse un récit tout en nuances. Les différents points de vue sont évoqués, les nantis ne sont pas que les "méchants" de l'histoire ; les insurgés ont aussi leurs failles. Si leurs vies se côtoient, le cycle des saisons et les circonstances de la vie les impactent différem-ment. C'est dans cette nuance que le récit se tisse, dans les jours qui précèdent l'insurrection elle-même, jusqu'à ses conséquences. En faisant sienne cette révolte, c'est toute une époque que l'écriture de Frédérique Dolphijn fait revivre, celle d'un siècle où chacun et chacune a sa place et est censé la tenir, jusqu'au jour où tout bascule...
Lorsque Violaine Lison reçoit en dépôt les carnets de Léonce Delaunoy, elle est frappée par la beauté et la force de l'écriture de ce jeune homme mobilisé comme brancardier lors de la Première Guerre mondiale. Malgré les horreurs de la guerre, Léonce reste proche de la nature ? décrivant comme personne les paysages, l'Yser, les oiseaux ? mais aussi de ses idéaux d'amitié. Le récit de la «guerre de Léonce» se déploie sous les yeux de Violaine. Pourtant, très vite elle sent que «quelque chose» ne va pas. Des manques apparaissent. Des incohérences. S'agit-il d'un faux, d'une retranscription ? Une forme d'enquête historique et littéraire commence? Lorsque l'autrice retrouve les carnets originaux, elle comprend que le journal de Léonce a été recopié par Paul, un ami très proche de Léonce. Mais la retranscription est lacunaire. Les parties censurées parlent de l'absurdité de la guerre, du désespoir, de l'envie de mourir, mais aussi d'une amitié amoureuse pour Herman, troisième personnage de cette histoire. Quel intérêt avait cette censure ? Faire de Léonce un héros ? Gommer l'amour porté à un autre homme ? Violaine ne tranche ni ne juge, elle tisse son récit entre les carnets, approche la vie de Léonce tout en racontant sa propre quête. Lequel de nous portera l'autre ? est un récit polyphonique, où les voix de Léonce et de Violaine s'entremêlent, se répondent et se questionnent. Cent ans les séparent, pourtant le texte de Léonce Delaunoy résonne avec une modernité frappante. Et c'est tout l'art de Violaine Lison que de nous ancrer dans le réel tout en laissant une place à l'inattendu des mots. Il en naît une rencontre rare et précieuse.
Faire ses blancs pains, au Pays des Collines, c'est pétrir le drap du lit comme pour préparer une offrande pour l'au-delà. Ce geste annonce alors que la mort est proche et que le mourant, doucement, se prépare. En trois textes qui s'enchaînent, Françoise Lison-Leroy interroge la place prise par chacun dans sa famille, les présents comme les absents, ceux à la longue vie ou les enfants partis trop tôt. Comme cette tante de deux ans, emportée par la fièvre dans un temps où la vie des enfants était plus fragile. Au cimetière du village, sa tombe côtoie celles d'autres enfants ; un respect sacré, partagé, inné, entoure ce petit coin du cimetière. Sa présence habite les pensées et les promenades de l'auteur. évocations légères, souvenirs, bribes glanées au fil des pérégrinations, mémoire de la famille... ce qui reste de vie pour ceux qui grandissent. Précédée par cet enfant, l'auteure se sent aussi portée par celle qui lui offre alors une bienveillante attention. Elle tisse un monde où les sentiments se transmettent par delà les mots. Diane Delafontaine accompagne ce texte d'images qui, elles aussi, s'ancrent au passé comme au présent. Une manière de faire le lien et de donner au texte une tonalité faite de photos anciennes et de retouches à l'encre.
Trois moments pour dérouler le temps et arpenter la mémoire : une femme nous emmène dans la maison d'une grand-mère, vers les sentiers au fond du jardin et là où tout se trouble. La marche et l'errance urbaine y réveillent le souvenir et dessinent un nouveau territoire à parcourir. Texte de passage, de prise de conscience, de renoncement à un temps idéal qui passe par le deuil ? pas seulement des proches, mais d'une idée du monde, d'une liberté de rêver. Une écriture puissante, à vif, qui nous entraîne là où le quotidien devient poésie, là où le souvenir tisse sa trame.