Le poète et son ami Bernard Pingaud ont enregistré à France Culture, en mai 1977, une série d'entretiens. L'entente entre les deux hommes a permis que soient préservées la spontanéité, voire la violence concrète de la voix parlée qui s'attaque au plus mystérieux des processus, celui de la création. Cinq chapitres éclairent chacun un aspect de la conscience poétique globale de Frénaud. 1. Où est mon pays ? 2. L'ombre du père. 3. L'amour, la révolution, l'espérance. 4. L'irruption des mots. 5. L'idéale maison. Quand il s'est agi de remettre au propre ces entretiens, Frénaud a tellement réécrit, corrigé, augmenté que c'est devenu un véritable livre de lui qui propose un long itinéraire spirituel où il est question de philosophie, de politique, d'art ou de psychanalyse, avec tout ce qu'un tel itinéraire peut comporter d'intuitions fulgurantes, d'incertitudes, de désespoir, et d'une sorte de dignité fondée sur quelques partis pris reconnues irréductibles.
Nombre de pages
272
Date de parution
21/02/1979
Poids
268g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070286096
Titre
Notre inhabileté fatale
Auteur
Frénaud André
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
268
Date de parution
19790221
Nombre de pages
272,00 €
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Nouvelle édition du premier livre d'André Frénaud, publié en 1943, alors que l'auteur sortait d'un camp de prisonniers. Les Rois mages s'imposèrent aussitôt comme un des livres de poésie les plus remarquables écrits pendant la guerre. L'ouvrage se compose de quatre groupes de poèmes : Revenu du désert (1938-1939), Gare de l'Est (1939-1940), Poèmes de Brandebourg (1940-1942) et La Vie morte, la vie (1942-1943).
Haeres. Le poème, et le tableau aussi bien, l'oeuvre musicale, c'est même, pour l'auteur, le seul valable héritage. Et d'abord, transmissible de soi à soi. Un bien qu'il a su, une fois, constituer, qu'il peut feindre d'oublier ou qui peut lui devenir pour longtemps interdit, mais enfin qui est là, qu'il a la possibilité, un jour, de reprendre dans sa voix et au travers duquel il saura retrouver, il l'imagine, un écho de la patrie véritable. Et c'est le seul bien aussi qu'il voudrait pouvoir donner, quand il n'est pas paralysé par le sentiment du si peu, celui dont il aimerait faire de tous les hommes les héritiers. (Trop souvent il se trompe : ce bien précieux ne vaut rien du tout. Héritage tacitement, universellement révoqué.) Si le thème ici c'est la transmission de l'héritage des parents (les biens, les valeurs, les sentiments), et si le problème c'est leur révocation ou acceptation, la tension est d'autant plus forte dans le poème que le drame avoué est le substitut et la parodie, en un sens, du véritable sujet-objet d'intérêt qui s'y dissimule, comment dire ? Le poème lui-même a-t-il ou non une valeur qui soit transmissible ? Et encore, en remontant : le poème assure-t-il médiation efficace d'une certaine expérience qui fut, expérience d'ébranlement et de pressentiment du tout, de la Lumière ?" André Frénaud.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.